Emmanuel Macron a livré une interview à France 24, RFI et TV5Monde à l’issue du sommet « Africa Forward », organisé à Nairobi les 12 et 13 mai 2026 par la France et le Kenya. Ce déplacement s’est déroulé alors que son second quinquennat approche de son terme, dans un an, et a permis au président français de revenir sur cinq années de relations africaines marquées par des défis majeurs, notamment au Sahel et en République démocratique du Congo.
Ce qu’il faut retenir
- Le sommet « Africa Forward » a réuni à Nairobi les 12 et 13 mai 2026 la France et le Kenya pour évoquer l’avenir des partenariats africains.
- Emmanuel Macron a accordé une interview conjointe à France 24, RFI et TV5Monde pour dresser un bilan de sa politique africaine.
- Le chef de l’État a évoqué les crises persistantes au Sahel et en RD Congo, deux zones prioritaires de son action.
- Ce déplacement intervient à un an de la fin de son second mandat, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues.
- Macron a réaffirmé l’engagement de la France en faveur d’une coopération « gagnant-gagnant » avec le continent africain.
Un sommet axé sur l’avenir des relations franco-africaines
Organisé en collaboration avec le Kenya, le sommet « Africa Forward » visait à réaffirmer les liens entre l’Europe et l’Afrique, dans un contexte où les puissances étrangères multiplient les initiatives sur le continent. Selon France 24, les discussions ont porté sur des thématiques économiques, sécuritaires et climatiques, avec une attention particulière portée aux jeunes populations africaines. Emmanuel Macron a défendu une approche basée sur l’investissement et le développement, plutôt que sur l’assistanat.
Parmi les participants figuraient des dirigeants africains, des représentants d’organisations internationales et des acteurs du secteur privé. Le président français a souligné, lors de son interview, que « l’Afrique n’est pas un terrain d’affrontement entre grandes puissances, mais un partenaire stratégique ». Il a également rappelé l’importance de la souveraineté africaine dans la gestion des crises, notamment sécuritaires.
Le Sahel et la RD Congo, deux dossiers épineux du bilan Macron
Emmanuel Macron a longuement évoqué la situation au Sahel, où la France a réduit sa présence militaire ces dernières années, tout en maintenant un soutien logistique et financier aux forces locales. « Nous avons accompagné les transitions en Afrique, mais la sécurité reste une priorité », a-t-il déclaré. Selon France 24, il a rappelé que la France avait formé plus de 20 000 soldats sahéliens depuis 2020, tout en insistant sur la nécessité de trouver des solutions politiques durables.
Côté République démocratique du Congo, Macron a reconnu les défis persistants dans l’est du pays, où les groupes armés et les tensions régionales alimentent une crise humanitaire. Il a réaffirmé le soutien de la France à la MONUSCO et aux efforts diplomatiques en cours, tout en appelant à une « coordination renforcée » entre les pays de la région. « La stabilité en RD Congo est essentielle pour l’ensemble du continent », a-t-il souligné.
Un héritage africain marqué par des choix controversés
Le mandat d’Emmanuel Macron en Afrique a été rythmé par des décisions qui ont suscité des débats, comme le retrait des troupes françaises du Mali en 2022 ou la suspension de la coopération militaire avec le Burkina Faso. Ces mouvements ont parfois été perçus comme des signes de repli, mais le président a toujours défendu une stratégie « adaptative », privilégiant les partenariats bilatéraux et les initiatives régionales.
Lors de son interview, Macron a insisté sur les avancées réalisées, citant notamment la création de fonds d’investissement communs et le renforcement des échanges universitaires. « Notre relation avec l’Afrique a changé de paradigme : elle n’est plus unilatérale, mais fondée sur le respect mutuel », a-t-il affirmé. Reste à voir si ces transformations suffiront à apaiser les critiques sur le rôle de la France en Afrique.
À l’approche de la fin de son mandat, Emmanuel Macron a donc choisi de mettre en avant une vision positive de son action africaine, malgré les défis persistants. Reste à savoir si cette approche suffira à convaincre ses détracteurs, tant en Afrique qu’en Europe.
D’après France 24, le sommet a permis d’annoncer la création de deux nouveaux fonds d’investissement franco-africains, dédiés respectivement aux énergies renouvelables et à la formation professionnelle. Par ailleurs, une déclaration conjointe a été signée avec le Kenya pour renforcer la coopération sécuritaire dans la région de l’océan Indien.