Les usagers de la ligne TER entre Marseille et Nice pourraient subir des perturbations majeures entre le 21 et le 23 mai, alors que le Festival de Cannes ouvre ses portes ce mardi. Sud Rail, premier syndicat chez TRSI (filiale sud-est de Transdev), a déposé un préavis de grève pour ces trois jours. L’opérateur, qui exploite cette ligne depuis moins d’un an en remplacement de la SNCF, fait face à sa deuxième mobilisation sociale en quelques mois.
Selon BFM Business, cette grève intervient alors que les négociations entre la direction de TRSI et les syndicats patinent sur les questions de conditions de travail et de rémunérations. Les cheminots de la filiale reprochent à la direction un « dogmatisme » et un refus de garantir les acquis obtenus lors des précédentes mobilisations. Dans un tract, Sud Rail dénonce un « dumping social » et des conditions de travail dégradées, avec notamment près de dix jours supplémentaires travaillés par an par rapport aux standards du secteur.
Ce qu'il faut retenir
- Une grève est prévue du 21 au 23 mai sur la ligne TER Marseille-Nice, exploitée par TRSI, filiale de Transdev.
- Cela intervient pendant le Festival de Cannes, alors que la ligne est très fréquentée par les festivaliers et les navetteurs.
- Les syndicats dénoncent un « dogmatisme de la direction » et un refus de négocier sur les conditions de travail et les salaires.
- TRSI est critiqué pour des horaires allégés et une réduction des repos hebdomadaires et journaliers.
- La grève de 2025 avait permis certains acquis, mais la direction refuse de les pérenniser, selon Sud Rail.
Une ligne stratégique sous tension
La ligne TER Marseille-Nice, exploitée par TRSI depuis moins d’un an, est l’une des plus fréquentées de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Elle relie deux pôles économiques majeurs, où transitent chaque jour des milliers de navetteurs et de touristes. Le Festival de Cannes, qui débute ce mardi 12 mai, ajoute une pression supplémentaire sur les déplacements dans cette zone déjà saturée. La grève annoncée par Sud Rail, majoritaire chez TRSI, risque donc de paralyser une partie du trafic ferroviaire dans un contexte déjà tendu.
Ce n’est pas la première fois que les salariés de TRSI se mobilisent. En 2025, une grève avait déjà éclaté pour des motifs similaires. Pourtant, les négociations entre la direction et les syndicats ne semblent pas avoir abouti à des avancées durables. « Si nous avons abouti sur certains sujets, les discussions en cours sur l’organisation du travail sont actuellement bloquées par la direction de TRSI », peut-on lire dans un tract syndical.
Les griefs des cheminots : des conditions de travail revues à la baisse
Les syndicats dénoncent une dégradation systématique des conditions de travail depuis le transfert des salariés de la SNCF vers TRSI. Selon eux, la direction de Transdev applique une politique de « dumping social », avec des horaires allégés, une réduction des jours de repos et une augmentation du nombre de jours travaillés. « La direction passe au rabot tous les éléments de notre vie quotidienne », affirme Sud Rail, citant spécifiquement la baisse des repos journaliers et hebdomadaires, ainsi que la suppression de jours fériés.
Les négociations bloquées concernent notamment l’organisation du travail. Les syndicats rappellent que la loi impose aux cheminots de la SNCF transférés chez un nouvel opérateur de conserver leurs conditions sociales pendant quinze mois. Passé ce délai, les accords sont renégociables, souvent à la baisse, selon les syndicats. « La direction se refuse même de garantir ce qui avait été obtenu par la grève de 2025 », ajoute le syndicat.
Un contexte juridique et social complexe
Le transfert des salariés de la SNCF vers TRSI s’inscrit dans le cadre d’une libéralisation progressive du réseau ferroviaire. Depuis plusieurs années, la SNCF doit partager l’exploitation de certaines lignes avec des opérateurs privés, dans le cadre de délégations de service public. Or, ce processus s’accompagne souvent de tensions sociales, les syndicats craignant une course vers le moins-disant social.
Pour les cheminots, le cas de TRSI illustre une tendance préoccupante. « Tous les anciens accords SNCF sont à renégocier dans chaque nouvelle entreprise. Pour les syndicats, ces renégociations débouchent systématiquement sur des conditions revues à la baisse », explique Sud Rail. Cette situation crée un climat de méfiance durable entre les salariés et la direction, rendant toute négociation future plus difficile.
Reste à voir si cette mobilisation suffira à faire plier la direction sur les revendications sociales. Les salariés, eux, semblent déterminés à faire entendre leur voix, quitte à perturber un événement aussi médiatique que le Festival de Cannes. Pour l’instant, aucune médiation n’a été annoncée, et le calendrier des prochaines négociations reste flou.
La grève annoncée par Sud Rail concernera uniquement la ligne TER entre Marseille et Nice, exploitée par TRSI. Aucune autre ligne TER ou régionale en Provence-Alpes-Côte d’Azur ne devrait être impactée par ce mouvement.
Les usagers sont invités à consulter les sites de TRSI et de SNCF Connect pour connaître les éventuels trains annulés ou retardés. Des solutions alternatives, comme le covoiturage ou les transports en commun locaux, pourraient être recommandées en cas de perturbations majeures.