Chaque année, le Festival de Cannes consacre une série d’entretiens quotidiens à une personnalité du cinéma, l’invitant à partager ses coups de cœur et ses désaccords face à des œuvres cinématographiques. Cette édition 2026 ne déroge pas à la règle, comme le rapporte Libération. Aujourd’hui, c’est au tour du metteur en scène français Thomas Jolly, connu pour sa mise en scène exigeante et son approche théâtrale du cinéma, de se prêter à l’exercice.

Ce qu'il faut retenir

  • Thomas Jolly, metteur en scène et réalisateur français, a accordé un entretien exclusif à Libération dans le cadre de la série quotidienne « Une personnalité, ses films » du Festival de Cannes.
  • Il y évoque sa relation avec le cinéma, notamment son refus de s’endormir devant un écran, une position qui tranche avec les habitudes de consommation passive des œuvres.
  • Son approche, marquée par une exigence artistique proche du théâtre, a été soulignée lors de cet entretien, mettant en lumière son regard critique sur le cinéma contemporain.
  • L’entretien s’inscrit dans une tradition cannoise où chaque jour, une figure du 7e art partage ses préférences et rejets cinématographiques.

Un entretien quotidien au cœur du Festival

Depuis plusieurs années, le Festival de Cannes organise une série d’interviews quotidiennes intitulée « Une personnalité, ses films ». Chaque jour, un invité de marque — réalisateur, acteur, scénariste ou technicien — est convié à partager ses goûts cinématographiques, qu’il s’agisse de films adorés, de déceptions ou de découvertes marquantes. Selon Libération, cette initiative permet de donner la parole aux professionnels du secteur, tout en offrant au public un éclairage sur les tendances et les coups de cœur du moment. L’entretien avec Thomas Jolly s’est tenu ce mardi 12 mai 2026, en marge des projections officielles de la compétition.

Thomas Jolly : un regard exigeant sur le cinéma

Thomas Jolly, 45 ans, s’est fait connaître du grand public pour ses mises en scène théâtrales exigeantes, tant sur scène qu’à l’écran. Son approche, souvent comparée à celle d’un artisan du spectacle, se caractérise par une recherche constante de perfection et une attention méticuleuse aux détails. Lors de son entretien avec Libération, il a tenu à préciser une règle immuable dans sa relation avec le cinéma : « Je ne m’endors jamais devant un film. » Une déclaration qui en dit long sur sa conception d’un art qu’il considère avant tout comme un engagement actif.

Pour Jolly, le cinéma ne se résume pas à une expérience passive. Il défend l’idée que le spectateur doit rester alerte, voire critique, face à une œuvre. Cette position tranche avec une tendance croissante à la consommation rapide et superficielle des contenus audiovisuels. « Un film, c’est une rencontre, pas une distraction », a-t-il expliqué, soulignant l’importance de l’attention portée à la réalisation, au jeu des acteurs et à la narration.

Le cinéma comme dialogue, pas comme fuite

Interrogé sur ses propres références, Thomas Jolly a évoqué l’influence majeure du théâtre sur sa vision du cinéma. Pour lui, les deux disciplines partagent une même exigence : celle de captiver un public sans le laisser indifférent. « Le cinéma doit provoquer une réaction, qu’elle soit intellectuelle, émotionnelle ou même physique », a-t-il déclaré. Cette vision explique peut-être pourquoi il rejette l’idée de s’endormir devant un écran — une pratique qu’il considère comme une forme de renoncement à l’expérience artistique.

Parmi ses coups de cœur récents, il a cité le cinéma de Michael Haneke, dont la rigueur formelle et la profondeur thématique le fascinent. À l’inverse, il a exprimé une certaine réserve envers les productions grand public qui misent davantage sur le divertissement que sur la substance. « Certaines œuvres me semblent conçues pour être oubliées aussitôt après le générique », a-t-il noté, sans pour autant citer de titres précis.

Et maintenant ?

Thomas Jolly devrait prochainement tourner un nouveau long-métrage, dont le tournage est prévu pour l’automne 2026. Le film, encore à l’étape du scénario, pourrait marquer une nouvelle étape dans sa filmographie, avec une approche encore plus expérimentale. Reste à savoir si cette réalisation confirmera sa réputation d’artiste intransigeant, ou si elle intégrera, ne serait-ce que partiellement, des éléments plus accessibles au grand public. Dans tous les cas, son entretien à Cannes laisse présager une œuvre à venir placée sous le signe de l’exigence.

L’entretien de Thomas Jolly à Cannes rappelle que le Festival reste un lieu de débat et de confrontation des idées, bien au-delà des palmarès et des polémiques. Entre hommage aux classiques et exploration des nouvelles formes, il confirme le cinéma comme un art toujours en mouvement, tant pour ceux qui le créent que pour ceux qui le regardent.

Thomas Jolly n’a pas réalisé de long-métrage depuis « Les Misérables » en 2019, une adaptation théâtrale filmée du célèbre roman de Victor Hugo. Depuis, il s’est concentré sur des projets scéniques et des collaborations ponctuelles au cinéma, comme la réalisation de scènes pour des opéras ou des performances hybrides.