Moscou et Kiev ont repris leurs attaques dès mardi 12 mai à minuit, après l’expiration d’une trêve de trois jours négociée sous l’égide du président américain Donald Trump. Selon Le Figaro, les deux belligérants se sont mutuellement accusés d’avoir violé cet cessez-le-feu, alors que le Kremlin estime encore prématuré de détailler les modalités d’une résolution du conflit.

Ce qu’il faut retenir

  • Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a jugé « prématuré » d’évoquer des « détails concrets » sur la fin de la guerre en Ukraine, malgré les propos tenus par Vladimir Poutine samedi 9 mai.
  • Une trêve de trois jours, annoncée par Donald Trump, a pris fin à minuit (23 heures à Paris) le 11 mai, avant que Moscou et Kiev ne reprennent leurs frappes.
  • La Russie a lancé **216 drones** contre l’Ukraine dans la nuit, dont **192 neutralisés** selon Kiev, tandis que l’armée russe affirme avoir abattu **27 drones ukrainiens** après la trêve.
  • Un immeuble de **16 étages** a été endommagé à Kiev après une alerte aérienne, sans faire de victimes selon les autorités locales.
  • Les négociations entre Moscou et Kiev, suspendues depuis fin février en raison de la guerre au Moyen-Orient, restent en pause malgré les appels russes à un dialogue trilatéral.

Un cessez-le-feu rompu et des accusations mutuelles

La trêve de trois jours, annoncée par Donald Trump et censée expirer à minuit heure locale le 11 mai (23 heures à Paris), n’aura finalement duré que quelques heures. Dès mardi matin, les deux camps se sont accusés d’avoir violé l’accord. « Les acquis en termes de processus de paix permettent de dire que la fin approche véritablement, mais il n’est pas possible, dans ce contexte, d’entrer dans les détails concrets », a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, lors de son briefing quotidien.

Ces propos font suite aux déclarations de Vladimir Poutine samedi 9 mai, lors du défilé commémorant la victoire de 1945. Le président russe avait affirmé que le conflit « touchait à sa fin », sans préciser les conditions d’un éventuel accord. Dans son discours, il avait également critiqué le soutien occidental à Kiev, qualifiant l’Ukraine de « forces agressives » soutenues par l’Otan.

Des négociations au point mort depuis février

Les pourparlers entre Moscou et Kiev, menés sous médiation américaine, sont gelés depuis l’éclatement de la guerre au Moyen-Orient fin février. Pourtant, Poutine a réitéré mardi que la Russie restait « ouverte au contact » et que des échanges trilatéraux avaient déjà eu lieu. « Il accueillera favorablement les efforts qui suivront de la part des États-Unis », a précisé Peskov. Pour autant, aucune reprise concrète des négociations n’est envisagée à court terme.

Le Kremlin maintient ses exigences : Kiev doit « assumer ses responsabilités » et accepter des concessions territoriales, notamment un retrait complet des forces ukrainiennes du Donbass, une région partiellement contrôlée par la Russie. Une position que l’Ukraine rejette catégoriquement, y voyant une capitulation déguisée. « L’offensive russe peut s’arrêter à tout moment si le régime de Kiev prend la décision nécessaire », a rappelé Peskov, sans préciser quelles seraient ces décisions.

Des frappes nocturnes et des dégâts civils

Les hostilités ont repris dans la nuit du 11 au 12 mai. Selon l’état-major ukrainien, **216 drones d’attaque et leurres** ont été lancés par la Russie, dont **192 neutralisés**. Volodymyr Zelensky a dénoncé une escalade, affirmant que Kiev « riposterait à toutes les mesures prises par Moscou ». « La Russie a choisi de mettre fin au silence partiel », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

Dans la région de Dnipropetrovsk, à l’est, une personne a été tuée et quatre blessées lors d’attaques russes répétées. Selon le gouverneur Oleksandr Ganja, cinq districts ont été visés à plus de vingt reprises avec des drones, de l’artillerie et des bombes aériennes. Des logements, un immeuble de neuf étages et des véhicules ont été endommagés. De son côté, le ministère russe de la Défense a annoncé avoir abattu **27 drones ukrainiens** après la fin de la trêve.

À Kiev, une alerte aérienne a retenti pour la première fois depuis le 8 mai, en raison de menaces de drones. Des explosions et des tirs de la défense antiaérienne ont été entendus, et des débris sont tombés sur un immeuble de 16 étages, provoquant un incendie. Le maire Vitali Klitschko a confirmé qu’aucune victime n’était à déplorer, mais a dénoncé des attaques contre des « immeubles résidentiels et des bâtiments scolaires ».

Un appel à l’évacuation des diplomates étrangers

Dans un communiqué publié mardi, le ministère russe des Affaires étrangères a appelé les pays étrangers à « garantir l’évacuation en temps voulu du personnel des missions diplomatiques, ainsi que des citoyens, de la ville de Kiev » en cas de nouvelles attaques ukrainiennes. Une mesure qui souligne l’escalade des tensions et l’incertitude quant à l’évolution du conflit.

Parallèlement, la Russie continue de mettre en avant sa position militaire. Lors de son discours du 9 mai, Poutine avait évoqué une armée russe confrontée à des « forces agressives », tout en réduisant l’ampleur des célébrations traditionnelles sur la place Rouge. Pour la première fois depuis près de vingt ans, le défilé s’est tenu sans équipements militaires, dans un contexte de sécurité renforcée.

Et maintenant ?

Alors que les négociations restent au point mort et que les frappes reprennent, la situation sur le front ukrainien pourrait se tendre davantage dans les prochains jours. Les prochaines échéances diplomatiques, notamment les contacts trilatéraux évoqués par le Kremlin, restent floues. La communauté internationale, divisée, tente de trouver un équilibre entre soutien à Kiev et recherche d’une issue négociée — un exercice rendu encore plus complexe par la multiplication des fronts de conflit.

Dans l’immédiat, les deux camps semblent déterminés à poursuivre leurs opérations militaires, malgré les appels à la retenue. La trêve de trois jours, aussi brève soit-elle, n’aura donc pas suffi à inverser la dynamique d’un conflit qui s’enlise depuis plus de deux ans.

Les deux camps, Moscou et Kiev, se sont mutuellement accusés d’avoir violé la trêve dès son expiration à minuit le 11 mai. Selon Le Figaro, la Russie a lancé des frappes nocturnes avec plus de 200 drones, tandis que l’Ukraine a riposté en accusant la Russie de rompre le cessez-le-feu. Aucune des deux parties n’a confirmé officiellement le respect des engagements.