Le MV Hondius, un navire de croisière parti d’Ushuaïa en Argentine le 1ᵉʳ avril, est en route pour les Pays-Bas où il doit accoster dimanche 12 mai au soir. À son bord, le corps d’une passagère allemande décédée des suites d’une contamination à l’hantavirus y est toujours présent, selon Le Figaro. Sur les trois victimes recensées à ce jour, seule celle de cette femme de 70 ans n’a pas encore quitté le bateau, bien que son décès remonte au 2 mai.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois passagers sont décédés après avoir contracté l’hantavirus à bord du MV Hondius, dont le corps de l’Allemande reste à bord.
  • 122 passagers et membres d’équipage ont été évacués lors d’une opération sanitaire aux Canaries, puis rapatriés vers leurs pays d’origine, dont 55 Néerlandais et 5 Français.
  • L’équipage actuel, composé de 27 personnes, est chargé de convoyer le navire jusqu’à Rotterdam, où il est enregistré.
  • Le « patient zéro », un Néerlandais de 70 ans, est décédé le 11 avril après s’être rendu dans une décharge près d’Ushuaïa.
  • Les autorités néerlandaises ont renforcé les mesures sanitaires dans un décret publié le 11 mai, alors que cinq Français rapatriés sont placés en isolement.

Un foyer d’hantavirus à bord du MV Hondius

Le MV Hondius, un navire exploité par Oceanwide Expeditions, a quitté Ushuaïa pour un périple de cinq mois en Amérique du Sud. Le 28 avril, une passagère allemande de 70 ans a présenté les premiers symptômes d’une infection à l’hantavirus. Après une aggravation de son état, elle a développé une pneumonie avant de décéder le 2 mai à bord, précise Le Figaro. Un prélèvement post mortem a confirmé la contamination, mais les conditions de conservation de son corps pendant ce trajet n’ont pas été détaillées par l’organisateur de la croisière.

Avant elle, deux autres victimes avaient succombé à la maladie. Le premier cas, Leo Schilperoord, un Néerlandais de 70 ans passionné d’ornithologie, est décédé le 11 avril après avoir contracté le virus. Selon les informations du quotidien, il aurait contracté l’infection dans une décharge près d’Ushuaïa, où il s’était rendu pour photographier une espèce rare, le Caracara à gorge blanche. Son corps a été débarqué lors d’une escale à Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud, entre le 22 et le 24 avril.

Une épidémie aux conséquences multiples

Mirjam Schilperoord, l’épouse de Leo, a également été contaminée. Après avoir quitté le navire à Sainte-Hélène, elle a vu son état se dégrader lors d’un vol vers Johannesburg. Elle est décédée le 26 avril à l’hôpital, avant d’avoir pu embarquer sur un vol KLM à destination des Pays-Bas. Le couple effectuait un voyage de cinq mois à travers l’Amérique du Sud, entre l’Argentine, le Chili et l’Uruguay. La contamination de Mirjam a été confirmée le 4 mai, soit plusieurs jours après son décès.

Ces trois décès ont déclenché une opération sanitaire d’ampleur. Entre le 6 et le 8 mai, 122 passagers et membres d’équipage ont été évacués aux Canaries, où ils ont été rapatriés vers leurs pays respectifs. Parmi eux, 55 Néerlandais, 22 Britanniques, 17 Américains et 5 Français ont été transférés vers leurs destinations finales. Les deux derniers vols, transportant 28 personnes, ont atterri dans la nuit du 10 au 11 mai à l’aéroport d’Eindhoven, aux Pays-Bas.

Un équipage réduit et une arrivée prévue dimanche

Le MV Hondius compte désormais 27 personnes à son bord, dont 25 membres d’équipage et deux professionnels de santé néerlandais chargés d’assurer une surveillance médicale continue. L’équipage est composé de 17 marins philippins, 4 Ukrainiens, 1 Russe, 1 Polonais et 2 Néerlandais. Le navire, enregistré aux Pays-Bas, est actuellement au large du Maroc et devrait accoster à Rotterdam dimanche soir.

Oceanwide Expeditions n’a pas communiqué sur les conditions de conservation du corps de la passagère allemande à bord. Le navire avait auparavant fait escale à Sainte-Hélène, où les deux premières victimes avaient été débarquées, puis avait poursuivi sa route avant l’évacuation sanitaire organisée aux Canaries. Le trajet actuel, sous haute surveillance médicale, vise à éviter toute propagation supplémentaire du virus.

Renforcement des mesures sanitaires en France et aux Pays-Bas

En France, les autorités ont publié un décret le 11 mai pour durcir les règles d’isolement liées à l’hantavirus. Cinq passagers français rapatriés ont été placés en isolement à l’hôpital Bichat à Paris. Selon Le Figaro, l’état de santé d’une femme s’est « malheureusement dégradé cette nuit », et ses tests sont revenus positifs. Ces mesures s’inscrivent dans un contexte de vigilance accrue face à ce virus, souvent transmis par les rongeurs et dont les symptômes peuvent évoluer vers des complications pulmonaires.

Aux Pays-Bas, où le navire doit accoster, les autorités sanitaires ont également renforcé les protocoles de surveillance. Le ministère de la Santé néerlandais a rappelé l’importance de signaler tout cas suspect et de maintenir des mesures barrières, même si le risque de contamination interhumaine reste faible selon les experts. Les autorités locales ont indiqué qu’aucune nouvelle contamination n’avait été signalée parmi les passagers évacués.

Et maintenant ?

L’arrivée du MV Hondius à Rotterdam dimanche marquera la fin de cette crise sanitaire à bord. Les autorités néerlandaises devraient procéder à une inspection complète du navire et à une désinfection avant de statuer sur son retour en service. En France, la situation des cinq passagers rapatriés sera suivie de près, notamment celle de la patiente dont l’état s’est aggravé. Les prochains jours seront également déterminants pour évaluer d’éventuelles nouvelles mesures de prévention, alors que l’hantavirus reste une pathologie rare mais potentiellement grave.

Reste à savoir si d’autres cas de contamination seront détectés parmi les passagers évacués ou les membres d’équipage restés à bord. Les enquêtes épidémiologiques menées aux Pays-Bas et en France devraient apporter des réponses dans les prochaines semaines. Pour l’heure, le ministère de la Santé néerlandais a appelé à la prudence, tout en soulignant que la situation était sous contrôle.

L’hantavirus est une maladie rare transmise principalement par les rongeurs, notamment par leurs excréments ou leur salive. La contamination humaine survient généralement par inhalation de particules infectieuses en suspension dans l’air, par exemple dans des lieux infestés comme des granges ou des décharges. Les symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires et, dans les cas graves, une pneumonie sévère. Il n’existe pas de traitement spécifique, mais une prise en charge précoce améliore le pronostic.

Oceanwide Expeditions n’a pas précisé les raisons de cette situation dans ses communiqués. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce délai : des contraintes logistiques liées au rapatriement des corps, des protocoles sanitaires spécifiques à respecter, ou encore des difficultés à organiser un retour immédiat vers l’Allemagne en raison des mesures sanitaires en vigueur. Le navire doit accoster à Rotterdam dimanche, où les autorités locales devraient gérer la suite des opérations.