Le nombre d’installations de médecins généralistes libéraux en France a progressé de 32 % en 2025 par rapport à l’année précédente, selon BFM Business. Cette hausse, qui intervient après des années de tensions sur l’accès aux soins, marque un tournant dans la répartition des professionnels de santé sur le territoire.

Ce qu'il faut retenir

  • 32 % d’augmentation du nombre d’installations de médecins généralistes libéraux entre 2024 et 2025
  • Une mesure qui intervient dans un contexte de crise de démographie médicale persistante
  • Cette progression reflète-t-elle un changement durable des pratiques d’installation ou un effet ponctuel ?

Une dynamique qui contraste avec les années précédentes

Après des décennies de désertification médicale dans certaines régions, l’année 2025 enregistre une hausse significative des installations de généralistes en libéral. Selon les données compilées par BFM Business, ce bond de 32 % représente le plus fort taux de progression observé depuis le début des années 2000. Les causes de ce phénomène restent à analyser : incitations financières, réformes territoriales ou encore prise de conscience collective sur la nécessité de renforcer l’offre de soins en zone rurale et périurbaine.

Les pouvoirs publics ont multiplié les dispositifs pour encourager les installations, notamment via les contrats d’engagement de service public (CESP) ou les aides à l’installation en zone sous-dotée. Pourtant, malgré cette embellie statistique, le nombre total de médecins généralistes en activité reste en dessous des seuils recommandés par les autorités sanitaires.

Un phénomène qui interroge sur son caractère durable

Si la progression de 32 % est un signal positif, elle ne suffit pas à combler le retard accumulé. BFM Business souligne que cette augmentation pourrait s’expliquer par un rattrapage après des années de stagnation, voire de déclin. Les jeunes médecins, de plus en plus sensibles aux questions de qualité de vie, privilégient désormais des modes d’exercice plus flexibles, comme le salariat ou les maisons de santé pluridisciplinaires, plutôt que l’installation en solo en libéral.

Certains observateurs s’interrogent : s’agit-il d’une tendance de fond ou d’un effet conjoncturel, lié à des mesures exceptionnelles mises en place en 2024 ? Les prochains mois diront si cette dynamique se confirme ou si elle s’essouffle dès 2026. Pour l’heure, les syndicats de médecins appellent à une stabilisation des dispositifs d’aide pour éviter un retour à la case départ.

Et maintenant ?

Les prochains indicateurs, attendus pour la fin de l’année 2026, permettront d’évaluer si cette hausse se maintient ou si elle n’était qu’un phénomène temporaire. Les autorités sanitaires devraient publier d’ici septembre un bilan complet des installations réalisées, tandis que les négociations sur les conventions médicales pourraient être relancées pour pérenniser les mesures incitatives.

Reste à savoir si cette progression suffira à inverser la tendance de long terme, alors que les départs à la retraite des générations du baby-boom devraient s’accélérer dans les cinq prochaines années. Autant dire que la partie n’est pas encore gagnée.

BFM Business n’a pas détaillé les régions ayant connu les plus fortes progressions. Toutefois, on sait que les zones rurales et les petites villes, historiquement les plus touchées par la désertification médicale, restent prioritaires dans les dispositifs d’aide. Une analyse plus fine des données serait nécessaire pour identifier les territoires ayant bénéficié de cette dynamique.