Selon Euronews FR, le département américain du Trésor a ordonné aux banques de renforcer leur vigilance à l’encontre des réseaux iraniens impliqués dans le blanchiment de capitaux liés au pétrole sous sanctions. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large, baptisée « Economic Fury », lancée en avril 2026 pour exercer une « pression économique maximale » sur le régime iranien et isoler financièrement le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).
Ce qu'il faut retenir
- Le Trésor américain demande aux banques de surveiller les réseaux de blanchiment liés au pétrole iranien sous sanctions.
- Les institutions financières doivent notamment cibler le pétrole étiqueté « Malaysian blend », souvent utilisé pour masquer son origine iranienne.
- Douze personnes et entités ont été désignées comme facilitatrices du transport et de la vente de pétrole iranien par le CGRI.
- Des entreprises maritimes basées en Irak, aux Émirats arabes unis et à Hong Kong ont été identifiées comme participant à des transactions d’environ 4 milliards de dollars liées à des compagnies pétrolières iraniennes.
- Au moins 707 millions de dollars ont transité par des comptes américains en 2024 dans le cadre de ces opérations.
- Washington menace d’imposer des sanctions secondaires aux entités jugées complices des activités économiques de l’Iran.
Une campagne coordonnée pour étouffer les revenus du régime iranien
L’initiative « Economic Fury », officiellement lancée en avril 2026, vise à démanteler les systèmes financiers sophistiqués utilisés par l’Iran pour contourner les restrictions commerciales internationales. Selon les autorités américaines, ces réseaux clandestins transitent des capitaux via des sociétés écrans et des actifs numériques afin de dissimuler les revenus tirés de la vente de pétrole sous sanctions. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a réaffirmé lundi l’engagement de l’administration Trump en faveur de cette stratégie, tout en annonçant la désignation de douze personnes et entités facilitatrices de ces activités.
Parmi les cibles prioritaires figurent les banques américaines, invitées à surveiller des signaux d’alerte spécifiques. Outre le pétrole étiqueté « Malaysian blend » — souvent utilisé pour masquer son origine iranienne —, les prêteurs privés doivent prêter attention aux « documents d’expédition manquants ou manifestement falsifiés », ainsi qu’aux transferts de cargaison de navire à navire en haute mer, une pratique destinée à brouiller l’origine réelle des chargements.
Des hubs maritimes internationaux sous haute surveillance
Le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN), un bureau du Trésor américain, a identifié des dizaines d’entreprises maritimes basées en Irak, aux Émirats arabes unis et à Hong Kong comme participantes au transport de pétrole iranien sous sanctions. Dans un rapport publié lundi, les autorités américaines indiquent que ces sociétés ont effectué des transactions d’environ 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros) liées à des compagnies pétrolières iraniennes. Au moins 707 millions de dollars (602 millions d’euros) ont transité par des comptes aux États-Unis en 2024, selon les données compilées par le FinCEN.
Dès avril 2026, le département du Trésor avait adressé des courriers officiels à des institutions financières en Chine, à Hong Kong, aux Émirats arabes unis et à Oman, les mettant en garde contre le risque de sanctions secondaires américaines. Ces lettres accusaient ces juridictions de « laisser passer, avec un contrôle limité, des transactions illicites via leurs systèmes bancaires nationaux ». L’objectif affiché est clair : couper le régime iranien de ses principales sources de revenus et exercer une pression maximale pour le pousser à négocier.
Un outil de pression économique déjà en action
La menace d’être exclu de l’accès au dollar américain reste un levier puissant pour Washington. Depuis le lancement de « Economic Fury », les autorités américaines ont multiplié les actions ciblées contre les réseaux de financement du CGRI. En plus des sanctions contre les entreprises maritimes, le Trésor a désigné des entités facilitant la vente et le transport de pétrole iranien, directement liées au corps d’élite iranien. Ces mesures s’ajoutent à une série de pressions diplomatiques et économiques visant à isoler Téhéran sur la scène internationale.
« Nous restons déterminés à utiliser tous les outils à notre disposition pour couper le régime iranien de ses financements illicites et le pousser à la table des négociations », a déclaré Scott Bessent, secrétaire au Trésor, lors d’une conférence de presse lundi.
Pour les analystes, cette stratégie s’inscrit dans un contexte de pourparlers diplomatiques de plus en plus précaires. Le cessez-le-feu en vigueur depuis plusieurs mois reste fragile, et les discussions entre Washington et Téhéran n’ont jusqu’à présent abouti à aucun accord significatif. Dans ce contexte, l’administration Trump mise sur la pression économique pour faire plier le régime iranien, sans exclure le recours à des mesures plus coercitives si nécessaire.
Cette offensive américaine contre le blanchiment d’argent iranien s’inscrit dans une dynamique plus large de confrontation économique entre Washington et Téhéran. Avec des élections présidentielles américaines prévues en novembre 2026, la question iranienne pourrait devenir un enjeu central de la campagne, influençant les décisions prises dans les mois à venir.
Selon les autorités américaines, ce type d’étiquetage est fréquemment utilisé pour masquer l’origine iranienne du pétrole. En le présentant comme un mélange malaisien, les réseaux de contrebande cherchent à contourner les sanctions internationales et à vendre ce pétrole sur le marché mondial sans éveiller les soupçons des régulateurs.
Les sanctions secondaires américaines peuvent priver les entités et pays concernés d’accès au système financier international dominé par le dollar. Cela peut entraîner l’isolement des banques et entreprises ciblées, des restrictions commerciales accrues et des difficultés à effectuer des transactions internationales, ce qui pourrait peser sur leur économie.