Le rapport « banking on climate chaos », publié par un collectif d’ONG, révèle que les banques mondiales ont encore renforcé leurs investissements dans les hydrocarbures en 2025. Une tendance qui contraste avec les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, alors que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime nécessaire une baisse de 60 % des financements annuels des énergies fossiles d’ici à 2030 pour atteindre les objectifs climatiques.
Ce qu'il faut retenir
- En 2025, les banques mondiales ont augmenté leurs investissements dans les hydrocarbures, malgré les engagements en faveur de la transition énergétique.
- Le rapport « banking on climate chaos » souligne un écart entre les engagements climatiques et les actions concrètes des établissements financiers.
- Les banques françaises font figure d’exception en réduisant leurs financements dans ce secteur, à l’inverse de la tendance générale.
- L’AIE estime que une réduction de 60 % des financements des énergies fossiles par an est indispensable d’ici 2030 pour respecter l’Accord de Paris.
Selon France 24, les investissements des banques dans les énergies fossiles ont progressé en 2025, malgré les appels répétés des scientifiques et des ONG à accélérer la transition vers les énergies renouvelables. Ce rapport, élaboré par un groupe d’organisations non gouvernementales, met en lumière un paradoxe : alors que les États et les entreprises s’engagent à réduire leurs émissions de CO₂, les flux financiers vers les hydrocarbures restent massifs. Une contradiction qui interroge sur la sincérité des engagements climatiques.
Parmi les établissements pointés du doigt, plusieurs banques américaines et asiatiques figurent en tête de classement pour leurs financements des projets liés au pétrole, au gaz et au charbon. Ces investissements, souvent justifiés par la demande énergétique mondiale, s’inscrivent dans un contexte où les prix de l’énergie restent volatils. Cependant, cette stratégie financière pourrait retarder les efforts de décarbonation, alors que les rapports du GIEC soulignent l’urgence d’agir pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.
Les banques françaises se distinguent par leur réduction des financements
À l’échelle mondiale, la tendance est donc à l’augmentation des financements des hydrocarbures. Pourtant, certaines banques françaises font exception. Selon le rapport « banking on climate chaos », ces établissements ont réduit leurs investissements dans le secteur en 2025, une décision saluée par les ONG. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la loi française sur le devoir de vigilance et des engagements pris par plusieurs grands groupes bancaires nationaux.
Cette différence de comportement entre les banques françaises et leurs homologues internationaux s’explique en partie par la pression exercée par les régulateurs et les associations. En 2024, la Banque de France avait déjà pointé du doigt les risques climatiques liés aux financements des énergies fossiles. Ces alertes semblent avoir influencé certaines décisions stratégiques des établissements tricolores. Pourtant, malgré ces avancées, des critiques persistent quant à la transparence des portefeuilles de ces banques et à l’alignement de leurs politiques avec les objectifs de l’Accord de Paris.
L’AIE alerte sur l’urgence d’une réduction drastique des financements fossiles
Pour atteindre les objectifs climatiques fixés par l’Accord de Paris, l’AIE insiste sur la nécessité de réduire de 60 % les financements annuels des énergies fossiles d’ici à 2030. Cette estimation s’appuie sur des scénarios de modélisation qui montrent qu’au-delà de cette date, les chances de limiter le réchauffement à 1,5 °C deviennent quasi nulles. Pourtant, malgré ces mises en garde, les flux financiers vers les hydrocarbures continuent de croître.
Le rapport de l’AIE souligne également que les investissements dans les énergies renouvelables doivent être multipliés par trois d’ici 2030 pour compenser la baisse des financements fossiles. Cette transition nécessitera des politiques publiques volontaristes et une coordination internationale renforcée. Pour l’instant, les signaux envoyés par les marchés financiers restent insuffisants, selon plusieurs économistes interrogés par France 24.
Face à l’urgence climatique, les acteurs financiers sont donc attendus sur leurs engagements. Les prochains rapports du GIEC et de l’AIE, prévus pour 2026 et 2027, pourraient apporter de nouvelles preuves sur l’impact des financements fossiles. En attendant, la société civile et les régulateurs maintiennent la pression pour que les banques passent des paroles aux actes.