Le roi Harald V de Norvège est décédé vendredi matin à l’âge de 89 ans, a annoncé la monarchie norvégienne selon nos confères du Monde. Figure respectée et appréciée pour sa simplicité et sa proximité avec les citoyens, il restera dans l’histoire comme le premier monarque norvégien de naissance depuis près de six siècles. Son règne, débuté en 1991, s’achève ainsi après plus de trente ans à la tête du royaume scandinave.
Ce qu'il faut retenir
- Harald V est mort à l’âge de 89 ans vendredi matin, selon la monarchie norvégienne d’après Le Monde.
- Il était le premier roi de Norvège né dans le pays depuis près de six siècles.
- Son règne a duré plus de trente ans, débutant en 1991.
- Surnommé le « roi du peuple », il incarnait la modernité et la proximité avec les Norvégiens.
- Sa disparition marque un tournant historique pour la monarchie norvégienne.
Un règne marqué par la simplicité et la légitimité historique
Harald V a marqué l’histoire de la Norvège par sa longévité et sa légitimité. Né le 21 février 1937 à Oslo, il était le fils unique du roi Olav V et de la princesse Märtha de Suède. Son accession au trône en 1991, après la mort de son père, avait symbolisé un tournant : il devenait le premier souverain norvégien de naissance depuis le règne d’Haakon VII, couronné en 1905. Un détail qui n’est pas anodin dans un pays où la monarchie, bien que symbolique, reste profondément ancrée dans l’identité nationale.
« Harald V a incarné une monarchie moderne, ouverte et proche des citoyens », a souligné un analyste politique norvégien interrogé par le Monde. Son style vestimentaire décontracté, ses apparitions publiques fréquentes et son engagement en faveur des causes humanitaires avaient forgé une image de sobriété, loin des fastes traditionnels des cours européennes.
Une figure respectée, mais dont l’héritage reste à préciser
Si son règne a été globalement marqué par une stabilité politique et une popularité constante, Harald V n’a pas échappé à quelques controverses mineures. En 2020, son refus de réduire les impôts sur les yachts de luxe avait suscité des débats, certains y voyant une contradiction avec son image d’homme proche du peuple. Pourtant, ces incidents n’ont pas entamé sa popularité, qui frôlait les 90 % d’opinions favorables selon les sondages réalisés ces dernières années.
Son rôle durant la crise sanitaire de la Covid-19 avait, en revanche, été salué. En mars 2020, il avait adressé un discours télévisé à la nation — une première pour un souverain norvégien — appelant à la solidarité et au respect des mesures sanitaires. « Nous sommes dans la même tempête, mais dans des bateaux différents », avait-il déclaré, une phrase devenue emblématique de sa gestion de la crise.
Les suites de son règne : une transition à organiser
La disparition d’Harald V ouvre une période de transition pour la monarchie norvégienne. Son fils aîné, le prince héritier Haakon Magnus, devrait lui succéder selon les règles de primogéniture en vigueur. Âgé de 52 ans, ce dernier est déjà largement préparé à ses futures fonctions : il assure régulièrement des missions officielles et représente souvent son père lors d’événements internationaux.
La question de l’avenir de la monarchie, bien que rarement remise en cause en Norvège, pourrait resurgir avec cette succession. Les débats sur son utilité ou son coût pour l’État, bien que marginaux, persistent dans certains cercles politiques. « Le peuple norvégien reste très attaché à son roi, mais la question de la pertinence d’une monarchie à l’ère moderne pourrait refaire surface », analyse une politologue citée par le Monde.
Cette disparition laisse également en suspens une question symbolique : comment la Norvège, pays souvent cité pour son modèle social et démocratique, va-t-elle honorer la mémoire d’un souverain qui a incarné, pendant trois décennies, l’unité et la modernité ? Une réponse qui pourrait se dessiner lors des cérémonies à venir.
C’est son fils aîné, le prince Haakon Magnus, âgé de 52 ans, qui devrait lui succéder selon les règles de primogéniture en vigueur en Norvège. Il est déjà préparé à ses futures fonctions et assure régulièrement des missions officielles en représentation de la monarchie.