Le centre de réflexion de l’état-major espagnol a recommandé, dans un rapport rendu public ce 18 mai 2026, la mise en place d’un plan de défense spécifique pour les enclaves de Ceuta et de Melilla, face à ce qu’il qualifie de « montée en puissance marocaine ». Selon Le Monde, cette alerte intervient après une série d’incidents diplomatiques et militaires récents entre Madrid et Rabat, soulignant une tension croissante autour de ces deux territoires frontaliers.

Le rapport, établi par le Centro Superior de Estudios de la Defensa Nacional (CESDEN), met en garde contre une stratégie marocaine perçue comme de plus en plus assertive. « Les manœuvres militaires et les déclarations récentes de Rabat indiquent une volonté de renforcer la pression sur les deux enclaves », a précisé un haut responsable militaire espagnol sous couvert d’anonymat. L’état-major craint que cette situation ne menace la stabilité des deux villes, dont la souveraineté est contestée par le Maroc depuis des décennies.

Ce qu'il faut retenir

  • Un plan de défense spécifique est proposé par l’état-major espagnol pour Ceuta et Melilla, selon un rapport du CESDEN publié le 18 mai 2026.
  • Le Maroc est accusé d’une stratégie de pression accrue, incluant des manœuvres militaires et des déclarations diplomatiques jugées provocatrices.
  • Les deux enclaves, sous souveraineté espagnole depuis le XVIe siècle, sont revendiquées par Rabat, qui les considère comme des territoires occupés.
  • Les tensions ont connu une escalade ces derniers mois, avec des incidents frontaliers et des échanges tendus entre les deux pays.

Une souveraineté contestée depuis des décennies

Ceuta et Melilla, deux villes situées sur la côte nord de l’Afrique, sont des territoires espagnols depuis plus de cinq siècles. Leur statut juridique reste cependant un sujet de discorde entre l’Espagne et le Maroc. Rabat considère ces enclaves comme des « territoires occupés » et a multiplié les revendications au fil des années, tant sur le plan diplomatique que militaire.

Selon Le Monde, la pression marocaine s’est intensifiée ces derniers mois, avec des incursions répétées dans les zones frontalières et des exercices militaires à proximité des deux villes. « Les autorités marocaines cherchent à tester les réactions espagnoles et européennes », a indiqué une source diplomatique proche du dossier. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte plus large de tensions régionales, notamment autour de la question du Sahara occidental.

Un rapport qui préconise des mesures concrètes

Le document du CESDEN, intitulé « Sécurité et souveraineté : enjeux pour Ceuta et Melilla », recommande plusieurs mesures pour renforcer la protection des deux enclaves. Parmi celles-ci figurent le déploiement de systèmes de défense antiaériens et antinavires, ainsi que l’amélioration des infrastructures portuaires pour faciliter les opérations militaires. « Il ne s’agit pas seulement de protéger les frontières, mais aussi de dissuader toute tentative de déstabilisation », a souligné un officier supérieur espagnol.

Le rapport évoque également la nécessité d’une coordination renforcée avec les partenaires européens, notamment l’OTAN et l’Union européenne, pour faire face à cette menace. « Une réponse isolée de l’Espagne ne suffirait pas à garantir la sécurité de ces territoires », a-t-il ajouté. Ces propositions devraient être examinées par le gouvernement espagnol dans les prochaines semaines.

Et maintenant ?

Les autorités espagnoles pourraient annoncer, d’ici la fin du mois de mai 2026, les premières mesures concrètes issues du rapport du CESDEN. Une réunion d’urgence des ministres de la Défense et des Affaires étrangères est prévue à Madrid le 25 mai pour évaluer les options disponibles. Parallèlement, les tensions diplomatiques entre l’Espagne et le Maroc devraient s’intensifier, avec un risque d’escalade militaire si aucune solution négociée n’est trouvée. La communauté internationale, notamment l’UE, pourrait jouer un rôle clé dans la recherche d’une issue pacifique.

Cette affaire survient alors que l’Espagne tente de renforcer sa présence militaire en Méditerranée, dans un contexte de montée des tensions avec plusieurs pays riverains. Pour les habitants de Ceuta et Melilla, la situation reste particulièrement anxiogène, alors que les deux villes abritent une population mixte, composée de communautés espagnoles, marocaines et issues d’autres horizons. Leur avenir dépendra en grande partie de la capacité des deux pays à trouver un terrain d’entente, sans quoi le risque d’un conflit ouvert ne peut être totalement écarté.

Le Maroc considère ces deux enclaves comme des territoires occupés, hérités de la colonisation espagnole. Rabat s’appuie sur des revendications historiques et géographiques, bien que l’Espagne rejette toute idée de cession. La question s’inscrit dans un contentieux plus large, incluant le Sahara occidental, où Madrid soutient le plan d’autonomie marocain.