Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés ce mardi 12 mai 2026 devant la préfecture du Val-de-Marne, à Créteil, pour dénoncer les délais excessifs dans le traitement des démarches administratives des étrangers en France. Selon Libération, cette mobilisation, portée par une trentaine d’organisations et d’associations, met en lumière l’ampleur d’un problème qui touche des centaines de milliers de personnes.

Les organisateurs dénoncent un système perçu comme déshumanisant, certains participants allant jusqu’à comparer leur situation à celle du bétail. « On est traités comme du bétail », a ainsi lancé un manifestant, dont les propos ont été rapportés par l’un des organisateurs. La colère porte notamment sur les retards accumulés dans le renouvellement des titres de séjour et des autres documents administratifs, une situation qui plonge des milliers de personnes dans une précarité juridique prolongée.

Ce qu'il faut retenir

  • Une manifestation a eu lieu ce mardi 12 mai 2026 devant la préfecture de Créteil, organisée par une trentaine d’associations.
  • Les manifestants dénoncent les délais anormalement longs dans le traitement des dossiers administratifs des étrangers.
  • Près de 930 000 dossiers de renouvellement sont en souffrance en France, selon le ministère de l’Intérieur.
  • Certains participants comparent leur situation à celle du bétail, dénonçant un système perçu comme déshumanisant.

La mobilisation s’inscrit dans un contexte où les associations de défense des droits des étrangers alertent depuis des mois sur l’engorgement des services préfectoraux. D’après les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur, 930 000 dossiers de renouvellement restent en attente de traitement en France. Un chiffre qui illustre l’ampleur des retards, bien au-delà des seules préfectures d’Île-de-France. « Les délais sont incompatibles avec une vie normale », a précisé un représentant d’une association membre du collectif organisateur. Les démarches, qui devraient théoriquement être traitées en quelques semaines, peuvent désormais s’étendre sur plusieurs mois, voire plus d’un an dans les cas les plus extrêmes.

Parmi les associations présentes à Créteil figuraient des organisations reconnues comme la Cimade, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ou encore le Gisti. Ces structures rappellent que les retards prolongés exposent les étrangers à des risques accrus d’irrégularité administrative, les rendant vulnérables sur le plan professionnel, social et même sanitaire. « Les gens vivent dans l’incertitude permanente, certains ne peuvent plus travailler légalement ou accéder aux soins », a expliqué un bénévole de la Cimade, présent lors de la manifestation.

« On est traités comme du bétail. Comment voulez-vous que l’on se projette dans l’avenir quand on ne sait même pas si notre titre de séjour sera renouvelé à temps ? »
— Un manifestant, cité par les organisateurs

La préfecture du Val-de-Marne, comme d’autres services en région parisienne, est régulièrement pointée du doigt pour ses files d’attente interminables et son manque de moyens. Selon Libération, les associations dénoncent un « système à deux vitesses », où les étrangers, souvent issus de milieux modestes, se heurtent à des barrières administratives infranchissables. Les demandes de rendez-vous pour déposer un dossier peuvent attendre des mois, et les délais de traitement une fois le dossier déposé s’allongent d’autant.

Cette mobilisation intervient alors que le gouvernement a récemment annoncé des mesures pour fluidifier les démarches, sans pour autant lever toutes les critiques. Des associations comme la LDH appellent à une réforme structurelle, incluant notamment l’embauche de personnel supplémentaire dans les préfectures et la simplification des procédures. « Les annonces gouvernementales ne suffisent pas. Il faut des actes concrets », a souligné une militante présente sur place.

Et maintenant ?

La mobilisation pourrait s’amplifier dans les prochaines semaines, avec des appels à de nouvelles actions organisées par les collectifs locaux. Du côté des autorités, le ministère de l’Intérieur a indiqué qu’il suivait « de près » l’évolution de la situation, sans pour autant annoncer de mesures immédiates. La question reste entière : les retards seront-ils résorbés d’ici la fin de l’année, comme l’espère le gouvernement, ou les étrangers continueront-ils à subir les conséquences d’un système en crise ?

Cette manifestation rappelle également que le débat sur l’immigration et l’intégration reste un sujet sensible, souvent instrumentalisé en période électorale. Entre les promesses de simplification administrative et les réalités vécues par les étrangers, l’écart semble aujourd’hui plus large que jamais.