Une mobilisation s’organise dans le nord de Mayotte contre le projet d’implantation d’un nouvel aéroport international sur des parcelles agricoles. Selon Reporterre, les agriculteurs locaux, dont les terres pourraient être expropriées, ont décidé de se rassembler pour défendre leur activité. Une réunion de coordination est prévue ce mardi 8 juin à M’Tsangamouji, dans l’ombre de l’ancienne usine sucrière de Soulou, sous un soleil écrasant.
Ce qu'il faut retenir
- Un projet d’aéroport menace 20 agriculteurs dans le nord de Mayotte, où leurs parcelles seraient réquisitionnées
- Une réunion de coordination est organisée mardi 8 juin 2026 à M’Tsangamouji, près de l’ancienne usine sucrière de Soulou
- Les terres convoitées sont situées dans une zone agricole déjà soumise à des pressions foncières importantes
- Le projet s’inscrit dans une logique d’expansion des infrastructures aériennes à Mayotte, malgré les enjeux de souveraineté alimentaire
Des terres agricoles sacrifiées pour un projet d’infrastructure
À Mayotte, où l’autosuffisance alimentaire reste un défi majeur, la perspective de perdre des terres arables au profit d’un aéroport suscite une vive opposition. Les agriculteurs du nord de l’île, installés près de l’ancienne usine sucrière de Soulou à M’Tsangamouji, voient leurs parcelles menacées par le projet. Une vingtaine d’entre eux se sont réunis ce mardi 8 juin sous un kiosque, dans des conditions climatiques éprouvantes, pour coordonner leur résistance. « On a besoin de manger avant de voyager », a souligné l’un des participants, résumant ainsi l’absurdité perçue du projet selon eux.
Un projet qui s’inscrit dans une dynamique d’expansion aéroportuaire
Ce nouvel aéroport s’ajouterait aux infrastructures existantes, comme l’aéroport de Dzaoudzi-Pamandzi, déjà saturé. Les partisans du projet mettent en avant la nécessité de désengorger le trafic aérien et de soutenir le développement économique de l’île. Pourtant, les agriculteurs rappellent que Mayotte, département français d’outre-mer, souffre d’un taux d’autosuffisance alimentaire parmi les plus bas de France. « Chaque hectare de terre compte », a rappelé un maraîcher présent à la réunion, cité par Reporterre. Pour ces producteurs, la priorité devrait être donnée à l’agriculture, plutôt qu’à des infrastructures dont les retombées économiques locales restent incertaines.
Une mobilisation qui s’organise face à l’urgence
La réunion de ce mardi 8 juin marque une étape dans l’organisation de la résistance. Les agriculteurs comptent s’appuyer sur des réseaux locaux et nationaux pour faire entendre leur voix. « On ne peut pas se contenter de subir », a déclaré l’un des organisateurs, évoquant la nécessité de fédérer les forces vives de l’île. — Une pancarte orange, visible depuis la route, annonce d’ailleurs l’événement, comme pour alerter les passants sur l’urgence de la situation.
Côté autorités, aucune réaction officielle n’a encore été communiquée quant à un éventuel report ou révision du projet. Pourtant, la mobilisation pourrait s’intensifier dans les prochaines semaines, notamment si les pouvoirs publics maintiennent leur calendrier sans concertation approfondie avec les acteurs locaux.
Ce projet d’aéroport illustre les tensions croissantes entre développement économique et préservation des ressources locales à Mayotte. Alors que l’île fait face à des défis démographiques et environnementaux majeurs, la question de l’allocation des terres arables restera au cœur des débats dans les mois à venir.
Les agriculteurs n’ont pas encore détaillé de contre-propositions précises, mais ils insistent sur la nécessité de repenser l’aménagement du territoire en priorisant l’agriculture et la souveraineté alimentaire. Certains évoquent la possibilité d’optimiser les infrastructures existantes plutôt que d’en construire de nouvelles sur des terres arables.