À 81 ans, Yoweri Museveni a officiellement entamé ce mardi 12 mai 2026 un septième mandat à la présidence de l’Ouganda, prolongeant ainsi un règne débuté il y a quarante ans. La cérémonie d’investiture, organisée à Kampala en présence de plusieurs chefs d’État africains, a pris la forme d’un sommet régional, selon RFI.
Ce nouvel investiture intervient dans un contexte où le président sortant, réélu en janvier 2026 lors d’un scrutin contesté par l’opposition, a une nouvelle fois mis en avant son bilan politique et sécuritaire. « Notre héritage est celui d’une stabilité retrouvée et d’une prospérité partagée », a-t-il déclaré devant les dirigeants invités, comme le rapporte la radio publique française.
Ce qu'il faut retenir
- Yoweri Museveni, 81 ans, entame un septième mandat à la tête de l’Ouganda, après quarante ans au pouvoir.
- La cérémonie d’investiture s’est tenue à Kampala le 12 mai 2026, en présence de plusieurs chefs d’État africains.
- Le président sortant a réaffirmé son bilan en matière de sécurité et de développement lors de son discours.
- Son élection en janvier 2026 a été marquée par des contestations de l’opposition.
- L’événement a revêtu l’allure d’un sommet régional, soulignant l’influence diplomatique de l’Ouganda.
Un règne de quatre décennies
Arrivé au pouvoir en 1986 après une longue guerre civile, Yoweri Museveni a progressivement consolidé son emprise sur le pays, modifiant la Constitution pour supprimer les limites de mandat. À 81 ans, il incarne une figure politique incontournable en Afrique de l’Est, malgré les critiques récurrentes sur le respect des droits de l’homme et la restriction des libertés démocratiques. Son maintien à la tête de l’État, malgré son âge avancé, interroge sur la pérennité de son modèle politique.
La cérémonie d’investiture, retransmise en direct, a été marquée par la présence de dirigeants africains, dont certains alliés historiques de Museveni. Parmi eux figuraient notamment des présidents de pays voisins, reflétant l’ancrage régional du régime ougandais.
Un discours axé sur la stabilité et la souveraineté
Lors de son allocution, le président ougandais a souligné les avancées réalisées sous son mandat, évoquant « une Ouganda stable, prospère et respectée sur la scène internationale ». Il a également réaffirmé son attachement à la souveraineté nationale, un thème récurrent dans ses prises de parole, notamment face aux pressions extérieures. « Nous ne céderons pas aux ingérences étrangères », a-t-il lancé, selon les retransmissions officielles.
Cette rhétorique s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques accrues en Afrique de l’Est, où l’Ouganda joue un rôle clé dans les mécanismes de sécurité régionaux, notamment au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).
Une élection controversée en janvier 2026
Le scrutin de janvier dernier, qui a reconduit Museveni pour cinq années supplémentaires, a été marqué par des accusations de fraude et de répression envers l’opposition. Plusieurs observateurs internationaux, dont des ONG locales, ont dénoncé des irrégularités dans l’organisation du vote. L’un des principaux rivaux du président, Bobi Wine, a dénoncé une « mascarade électorale », avant d’être placé en résidence surveillée.
Malgré ces critiques, la Commission électorale ougandaise a validé les résultats, confirmant la victoire de Museveni avec plus de 60 % des suffrages. Les observateurs de l’Union africaine, présents sur place, ont salué « la tenue pacifique du scrutin », sans pour autant remettre en cause son caractère équitable.
Cette investiture, bien que symbolique, marque une nouvelle étape dans l’histoire politique ougandaise, où la longévité au pouvoir contraste avec les dynamiques démocratiques en Afrique. Pour ses soutiens, Museveni reste un rempart contre l’instabilité. Pour ses détracteurs, son règne incarne au contraire les limites de l’alternance politique sur le continent.
Yoweri Museveni a 81 ans lors de son septième mandat, entamé officiellement le 12 mai 2026.
Les principaux défis incluent la restriction des libertés démocratiques, les critiques sur les droits de l’homme, la gestion des tensions régionales et la question de la succession politique à long terme.