Le prix des carburants en France ne devrait pas connaître de baisse significative dans l’immédiat, selon Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U, qui s’exprimait ce 12 mai 2026 sur BFM Business. Alors que les tensions géopolitiques et les coûts de production maintiennent les prix à un niveau élevé, l’industriel a clairement indiqué que toute réduction serait « impossible pour l’instant ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le prix des carburants reste sous pression en raison des tensions géopolitiques et des coûts de production élevés.
  • Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, exclut toute baisse des prix « pour l’instant ».
  • La consommation de carburants en France connaît une baisse des recettes et une chute de la consommation, selon BFM Business.
  • Les aides publiques pour les carburants pourraient être remises en question en raison de cette situation.

Un marché sous tension : coûts et géopolitique

Les prix des carburants en France restent volatils en ce mois de mai 2026, sous l’effet combiné des tensions géopolitiques et des fluctuations des cours du pétrole. Le blocage du détroit d’Ormuz, corridor stratégique pour le transport maritime de pétrole, a contribué à une remontée des prix du baril de Brent, comme l’a souligné BFM Business dans ses dernières analyses. Cette situation, couplée à une demande toujours soutenue malgré la baisse de la consommation, maintient la pression sur les distributeurs.

La position des distributeurs : pas de geste commercial immédiat

Interrogé sur la possibilité d’une baisse des prix à la pompe, Dominique Schelcher a été catégorique : « Faire un geste, c’est impossible pour l’instant », a-t-il déclaré. Pour le PDG de Coopérative U, les marges des distributeurs sont déjà fortement réduites par la hausse des coûts d’approvisionnement et les contraintes réglementaires. « On ne peut pas absorber davantage sans mettre en péril la pérennité de nos stations », a-t-il précisé. Cette position reflète celle d’autres acteurs du secteur, confrontés à une équation économique de plus en plus difficile.

« Faire un geste, c’est impossible pour l’instant. »
— Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U

Consommation en baisse, recettes en chute libre

Le marché des carburants en France traverse une période de ralentissement, avec une baisse des recettes et une chute de la consommation, selon les données relayées par BFM Business. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : la hausse des prix, l’évolution des modes de transport (notamment l’essor des véhicules électriques) et une sensibilité accrue des ménages à l’inflation. Ces éléments pourraient, à terme, remettre en cause le financement des aides publiques destinées à atténuer le coût de l’énergie pour les automobilistes.

Les professionnels du secteur s’interrogent désormais sur la pérennité des dispositifs d’aide, alors que l’État cherche à réduire son déficit. « Si la consommation continue de baisser, les recettes fiscales liées aux carburants pourraient s’effriter, ce qui compliquerait le maintien des aides », a indiqué un analyste interrogé par BFM Business.

Et maintenant ?

La situation des prix des carburants en France devrait rester tendue dans les semaines à venir, avec deux scénarios possibles : soit une stabilisation des cours du pétrole, soit une nouvelle hausse en cas d’escalade géopolitique. Les prochaines annonces des pouvoirs publics sur les aides aux carburants seront déterminantes, tout comme l’évolution des ventes de véhicules électriques, qui pourraient peser sur la demande en essence et en diesel. Une chose est sûre : les distributeurs ne semblent pas en mesure d’absorber davantage de pression sans risquer des tensions sociales ou des fermetures de stations.

Reste à voir si l’État interviendra pour soutenir le pouvoir d’achat des automobilistes, ou si le marché devra composer avec des prix élevés pendant encore plusieurs mois. La question des recettes fiscales, elle, ne manquera pas de se poser lors des prochains arbitrages budgétaires.

La baisse de la consommation en France s’accompagne d’une hausse des coûts d’approvisionnement, liée aux tensions géopolitiques et au blocage de routes maritimes clés comme le détroit d’Ormuz. Les distributeurs, comme Coopérative U, ne peuvent donc pas réduire leurs prix sans mettre en danger leur rentabilité, comme l’a expliqué Dominique Schelcher à BFM Business. En outre, les marges des stations-service sont déjà fortement compressées par les taxes et les coûts logistiques.