À Kinshasa, en République démocratique du Congo, la situation s’est tendue ce vendredi 12 juin 2026 au matin lorsque la coalition de l’opposition C64 a tenté d’organiser un sit-in devant le siège du Parlement. L’objectif était de protester contre le projet de révision de la Constitution porté par le président Félix Tshisekedi. Selon RFI, les autorités ont interdit cette manifestation à l’endroit choisi, jugé « inviolable », avant de la délocaliser. Pourtant, l’opposition a maintenu son rassemblement, entraînant l’intervention des forces de l’ordre.
Ce qu'il faut retenir
- Une coalition d’opposition, la C64, a tenté d’organiser un sit-in ce 12 juin 2026 devant le Parlement à Kinshasa pour protester contre la révision constitutionnelle.
- Les autorités congolaises ont interdit la manifestation à l’emplacement initialement prévu, le qualifiant de zone « inviolable ».
- Malgré cette interdiction, la coalition a maintenu son action, provoquant une intervention des forces de l’ordre.
- L’opposition accuse le président Félix Tshisekedi de vouloir prolonger son mandat au-delà de 2028 en modifiant la Constitution.
Un projet de révision constitutionnelle au cœur des tensions politiques
La tension politique en République démocratique du Congo s’est cristallisée autour d’un projet de révision de la Constitution porté par la majorité présidentielle. Ce texte, selon l’opposition, permettrait au président Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de son deuxième mandat, dont l’échéance est fixée à 2028. La coalition C64, regroupant plusieurs partis et figures de l’opposition, a donc choisi de manifester son opposition par un sit-in devant le Parlement, symbole institutionnel du pouvoir.
D’après les informations rapportées par RFI, ce projet de révision constitutionnelle est perçu comme une manœuvre pour contourner la limite des deux mandats présidentiels. Une telle perspective alimente les craintes d’un « glissement » vers une présidence prolongée, un scénario qui avait déjà provoqué des crises politiques dans d’autres pays africains ces dernières années.
Un sit-in interdit et une opposition déterminée
Dès le matin du 12 juin, les autorités congolaises ont pris la décision d’interdire le sit-in dans l’enceinte initialement prévue, la qualifiant de zone « inviolable ». Une interdiction qui s’inscrit dans une logique de contrôle strict des espaces symboliques du pouvoir. Pourtant, malgré cette décision, la coalition C64 a maintenu son intention de manifester, refusant de céder aux pressions administratives.
Face à cette détermination, les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser le rassemblement. Les images diffusées par les médias locaux montrent des échanges tendus entre les manifestants et les agents de sécurité. Aucune information n’a encore été communiquée concernant d’éventuels blessés ou arrestations, mais la situation reste sous haute surveillance.
Contexte politique : Félix Tshisekedi sous pression
Le président Félix Tshisekedi, en fonction depuis 2019, est au cœur d’une polémique récurrente sur la durée de son mandat. Élu pour un premier mandat de cinq ans, il a été réélu en 2023 pour un second mandat qui doit s’achever en 2028. Or, son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), pousse pour une révision de la Constitution qui, selon l’opposition, permettrait de prolonger son règne.
Cette dynamique n’est pas sans rappeler d’autres situations en Afrique, où des dirigeants ont tenté de modifier les règles constitutionnelles pour rester au pouvoir. En RDC, où la stabilité politique reste fragile, un tel scénario risque d’aggraver les divisions et d’alimenter les tensions sociales. Les observateurs soulignent que la crise actuelle s’inscrit dans un contexte de mécontentement croissant face à la gouvernance et aux difficultés économiques persistantes.
Ce mouvement de protestation s’inscrit dans une séquence plus large de contestation contre les velléités de modification constitutionnelle en Afrique centrale. À Kinshasa, comme ailleurs sur le continent, le débat sur la limitation des mandats reste un sujet sensible, susceptible de relancer des crises politiques majeures.