Selon Top Santé, notre équilibre psychologique repose moins sur des besoins physiologiques comme l’alimentation ou le sommeil que sur un impératif social souvent sous-estimé : celui de se sentir essentiel pour autrui. Une thèse développée par l’auteure à succès Jennifer Wallace, qui attribue en partie ce phénomène à la période du Covid-19.

Ce qu'il faut retenir

  • Le besoin humain le plus critique, selon Jennifer Wallace, est celui de « compter vraiment pour quelqu’un ».
  • La pandémie de Covid-19 a exacerbé cette nécessité, révélant son importance pour la santé mentale.
  • Jennifer Wallace est une auteure reconnue, dont les travaux s’appuient sur des observations sociétales récentes.
  • Ce besoin dépasse les nécessités physiologiques classiques, comme manger ou dormir.

Une révélation née de la crise sanitaire

L’hypothèse de Jennifer Wallace ne surgit pas d’une analyse théorique abstraite. Top Santé précise qu’elle s’appuie sur des retours concrets issus de la pandémie. Pendant les confinements, des millions de personnes ont vu leurs interactions sociales réduites à leur strict minimum, voire supprimées pour certains. Ce contexte a mis en lumière un vide bien plus profond que la simple absence de contacts : celui de ne plus jouer aucun rôle visible dans la vie des autres.

Wallace, auteure du livre à succès « Never Enough » (2023), y explore la manière dont l’isolement a révélé l’importance vitale de l’ancrage social. Selon elle, « se sentir indispensable n’est pas un luxe, mais une condition sine qua non de notre santé mentale ». Une affirmation qui s’appuie sur des études récentes en psychologie sociale, citées dans son ouvrage.

Un besoin ancré dans la biologie humaine

Contrairement à une idée reçue, notre organisme ne régule pas uniquement nos besoins primaires. Jennifer Wallace cite des recherches en neurosciences pour expliquer que le cerveau humain est programmé pour rechercher une forme de reconnaissance sociale. Top Santé rappelle que des expériences en imagerie cérébrale ont montré que les zones du cerveau associées à la récompense s’activent lorsque nous nous sentons utiles.

Ce mécanisme n’est pas anodin : il explique pourquoi des périodes prolongées d’inutilité peuvent mener à des troubles comme la dépression ou l’anxiété. « On parle souvent de la pyramide de Maslow, mais on oublie que le besoin d’appartenance et d’utilité est à la base de tout équilibre », explique Wallace. Une théorie qui rejoint les travaux du psychologue américain Abraham Maslow, bien que ce dernier n’ait pas spécifiquement abordé ce point sous cet angle.

Comment cultiver ce sentiment au quotidien ?

Wallace ne se contente pas de souligner un problème : elle propose des pistes concrètes pour répondre à ce besoin. Dans ses interventions, elle insiste sur l’importance des petits gestes du quotidien. Top Santé relève trois axes principaux qu’elle défend :

  • S’engager dans des activités bénévoles ou communautaires, même modestes.
  • Entretenir des relations où l’on se sent écouté et valorisé, sans forcément chercher à être au centre de l’attention.
  • Éviter l’écueil de la surcharge, qui peut mener à l’épuisement plutôt qu’à un sentiment de plénitude.

L’auteure cite l’exemple des personnes âgées qui, en participant à des ateliers intergénérationnels, retrouvent un rôle actif dans la société. « Il ne s’agit pas de devenir indispensable à tout prix, mais de trouver sa place dans un écosystème où l’on compte pour les autres », précise-t-elle.

Et maintenant ?

Jennifer Wallace devrait publier un nouvel ouvrage en septembre 2026, intitulé « The Worry Epidemic », où elle approfondira ces réflexions. D’ici là, ses interventions et ses ateliers en ligne continueront de sensibiliser le public à ce besoin souvent négligé. Les professionnels de santé mentale, eux, pourraient intégrer cette dimension dans leurs prises en charge, notamment pour les patients souffrant de troubles liés à l’isolement.

Reste à voir si les politiques publiques ou les entreprises s’empareront de cette question, en proposant des solutions structurelles pour répondre à ce défi sociétal grandissant.

Selon Jennifer Wallace, la différence réside dans l’équilibre : un sentiment d’utilité sain est ancré dans des actions concrètes et désintéressées, tandis qu’une quête d’attention malsaine repose sur une recherche constante de validation extérieure, souvent teintée d’anxiété ou de frustration.