Dix-neuf ambassades occidentales, dont celles de l’Union européenne, des États-Unis et du Royaume-Uni, ont publié mercredi 20 mai un communiqué conjoint mettant en garde le gouvernement de Salva Kiir contre toute modification « unilatérale » de l’accord de paix signé en 2018. Cet accord, conclu avec le vice-président Riek Machar, visait à mettre fin à cinq années de guerre civile débutée en 2013.
Selon RFI, les amendements proposés par le camp du président Salva Kiir concernant l’accord de 2018 suscitent une vive polémique au sein de la communauté internationale. Les diplomaties occidentales craignent que ces changements, s’ils sont menés sans concertation, ne fragilisent davantage un processus de paix déjà fragile.
Ce qu’il faut retenir
- Dix-neuf ambassades occidentales, dont l’UE, les États-Unis et le Royaume-Uni, ont publié un communiqué commun le 20 mai 2026.
- Elles mettent en garde contre toute modification « unilatérale » de l’accord de paix de 2018.
- Cet accord avait été signé par Salva Kiir (président) et Riek Machar (vice-président) pour mettre fin à la guerre civile (2013-2018).
- Les amendements proposés par le camp de Salva Kiir sont à l’origine des tensions.
- Les signataires du communiqué incluent l’Union européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni, ainsi que seize autres pays occidentaux.
Un accord de paix signé après cinq ans de conflit
L’accord de paix de 2018 avait été conclu entre Salva Kiir, président du Soudan du Sud depuis son indépendance en 2011, et Riek Machar, leader de l’opposition et ancien vice-président. Ce texte mettait fin à un conflit qui avait éclaté en décembre 2013, opposant principalement les forces loyales au président Kiir, issues de l’ethnie Dinka, à celles de Machar, issues de l’ethnie Nuer.
Le bilan humain de cette guerre civile est estimé à près de 400 000 morts et plus de quatre millions de déplacés. L’accord de 2018 prévoyait notamment un partage du pouvoir entre les parties, la création d’un gouvernement d’union nationale et des réformes institutionnelles.
Des amendements controversés portés par le camp présidentiel
Les propositions de modification avancées par le camp de Salva Kiir concernent plusieurs aspects de l’accord, notamment les modalités de partage du pouvoir et la structure des forces armées. Parmi les points les plus contestés figure la question de la démilitarisation des zones urbaines, un engagement clé de l’accord de 2018.
— Ces amendements risquent de saper la confiance entre les parties et de relancer les tensions — a déclaré un diplomate occidental sous couvert d’anonymat. Selon lui, toute modification unilatérale de l’accord pourrait « compromettre la stabilité à long terme » du pays.
Une réponse internationale unie mais prudente
Le communiqué publié le 20 mai 2026 reflète une volonté des puissances occidentales de peser sur les décisions du gouvernement sud-soudanais. Les signataires rappellent que l’accord de 2018 reste « la seule base viable » pour une paix durable au Soudan du Sud. Ils appellent toutes les parties à respecter les engagements pris et à privilégier le dialogue.
Parmi les pays signataires figurent également la France, l’Allemagne, le Canada, l’Australie et la Suède. Aucun détail n’a été communiqué sur d’éventuelles sanctions en cas de non-respect de leurs recommandations.
Les observateurs restent prudents quant aux suites à donner. « Le risque est réel, mais tout dépendra de la capacité des deux camps à trouver un compromis », a indiqué un analyste spécialiste de la région.