Ce mardi 9 juin, l’émission BFM Bourse, présentée par Guillaume Sommerer, a consacré une partie de son programme à l’annonce d’un protocole d’accord entre le groupe Valeo et la start-up française Calyos. Ce partenariat, détaillé par Kathleen Gailliot, responsable de la recherche européenne Small et midcaps chez Kepler Cheuvreux, vise à développer des solutions de refroidissement pour les puces électroniques haute performance, un enjeu stratégique pour les industries technologiques et automobiles. Selon BFM Business, cette collaboration s’inscrit dans un contexte où la gestion thermique des composants électroniques devient un défi croissant, notamment avec l’essor des véhicules électriques et des data centers.
Ce qu'il faut retenir
- Un protocole d’accord a été signé entre Valeo et Calyos pour développer des systèmes de refroidissement dédiés aux puces haute performance.
- Cette collaboration répond à un besoin critique dans les secteurs de l’électronique avancée et de l’automobile, où la dissipation thermique est un facteur limitant.
- Kathleen Gailliot, de Kepler Cheuvreux, a détaillé les enjeux de ce partenariat lors de l’émission BFM Bourse du 9 juin 2026.
- Les puces haute performance sont au cœur des innovations dans les véhicules électriques, les smartphones et les infrastructures cloud.
Un partenariat stratégique pour l’industrie électronique
Valeo, acteur majeur de l’équipement automobile, et Calyos, spécialiste des solutions de refroidissement innovantes, ont scellé un accord visant à optimiser la dissipation thermique des puces électroniques. D’après les informations rapportées par BFM Business, ce protocole doit permettre de concevoir des systèmes adaptés aux exigences des composants haute performance, utilisés notamment dans les calculateurs embarqués des véhicules autonomes et des véhicules électriques. Autant dire que la performance et la durabilité de ces puces dépendent en grande partie de leur capacité à évacuer la chaleur générée lors de leur fonctionnement.
Les deux entreprises n’ont pas encore communiqué de détails techniques précis sur les technologies qui seront déployées. Cependant, l’annonce intervient à un moment où les acteurs du secteur font face à des défis croissants en matière de miniaturisation et de puissance. Les puces actuelles, capables d’effectuer des milliards d’opérations par seconde, produisent une quantité de chaleur qui, si elle n’est pas maîtrisée, peut compromettre leur fiabilité. C’est dans ce cadre que Valeo et Calyos pourraient apporter une réponse concrète, en combinant leur expertise respective en ingénierie automobile et en solutions thermiques.
Un enjeu technologique et économique majeur
Le refroidissement des puces haute performance n’est pas qu’une question technique : c’est aussi un enjeu économique et industriel. Selon Kathleen Gailliot, interrogée lors de l’émission, « les besoins en refroidissement des composants électroniques explosent avec l’essor des véhicules électriques et des infrastructures numériques ». Les data centers, par exemple, consomment aujourd’hui près de 1 % de l’électricité mondiale, une part qui pourrait atteindre 3 % d’ici 2030 selon certaines projections. Dans ce contexte, des solutions comme celles développées par Calyos pourraient permettre de réduire significativement la consommation énergétique liée au refroidissement.
Côté automobile, la transition vers l’électrique et l’autonomie nécessite des puces toujours plus puissantes pour traiter les données en temps réel. Or, la chaleur générée par ces composants est un frein à leur intégration dans des systèmes embarqués. Valeo, qui fournit déjà des systèmes de refroidissement pour les batteries de véhicules électriques, pourrait étendre son offre en collaborant avec Calyos, dont les solutions reposent sur des technologies microfluidiques brevetées. Ces systèmes permettent de dissiper la chaleur de manière plus efficace que les solutions traditionnelles, comme les dissipateurs thermiques ou les ventilateurs.
Les autres sujets abordés lors de l’émission BFM Bourse
L’émission du 9 juin 2026 a également été l’occasion d’évoquer plusieurs autres thèmes marquants pour les marchés financiers. Parmi eux, la chute de l’action Trigano, qui a conduit Oddo BHF à retirer l’action de sa liste de valeurs préférées. Les participants à l’émission ont également discuté des opportunités d’investissement dans le secteur de la chimie, considéré comme un pari porteur sur les marchés boursiers. Deux valeurs du secteur de la consommation, Asmodee et ID Logistics, ont également été présentées comme des segments prometteurs.
Autre point abordé : les investissements records enregistrés en France grâce au dispositif Choose France, qui vise à attirer des capitaux étrangers. Marie Lasségnore, directrice de la recherche Investissement durable chez Crédit Mutuel AM, a souligné l’attractivité du pays dans le domaine des énergies renouvelables, notamment après les tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz. Enfin, Florian Ielpo, de Lombard Odier IM, a analysé la baisse du déficit commercial des États-Unis en avril, ainsi que la progression inattendue des exportations allemandes sur la même période. La Banque centrale européenne (BCE), quant à elle, se dirige vers une première hausse des taux depuis 2023, une décision qui pourrait impacter les marchés dans les mois à venir.
« Les besoins en refroidissement des composants électroniques explosent avec l’essor des véhicules électriques et des infrastructures numériques. » — Kathleen Gailliot, responsable de la recherche européenne Small et midcaps chez Kepler Cheuvreux, lors de l’émission BFM Bourse du 9 juin 2026.
Alors que les puces haute performance deviennent le nerf de la guerre dans de nombreux secteurs, l’accord Valeo-Calyos pourrait bien marquer un tournant dans la course à l’efficacité thermique. Reste à savoir si ces technologies parviendront à suivre le rythme effréné de l’innovation électronique.
Calyos mise sur des solutions microfluidiques brevetées, qui permettent une dissipation thermique plus efficace que les méthodes traditionnelles comme les dissipateurs thermiques ou les ventilateurs. Ces technologies reposent sur la circulation de fluides caloporteurs dans des microcanaux, optimisant ainsi l’évacuation de la chaleur.
Les véhicules électriques et autonomes nécessitent des puces toujours plus puissantes pour traiter les données en temps réel, notamment pour les systèmes d’aide à la conduite (ADAS) et les calculateurs embarqués. Ces composants génèrent une chaleur importante, qui, si elle n’est pas maîtrisée, peut réduire leur durée de vie ou entraîner des pannes. Une gestion thermique efficace est donc cruciale pour garantir la fiabilité et la sécurité des véhicules.