La mairie de Bordeaux a annoncé, lundi 6 juillet 2026, l’abandon du programme des « cours buissonnières », un dispositif lancé par la précédente mandature écologiste pour végétaliser et désimperméabiliser les espaces extérieurs des écoles et crèches de la ville. Cette décision, confirmée lors du conseil municipal par Anne Fahmy, adjointe en charge de l’éducation, intervient alors que la Gironde traverse son troisième épisode de canicule en trois mois.
Ce qu'il faut retenir
- Arrêt du programme « cours buissonnières » lancé sous la mandature précédente, visant à végétaliser et désimperméabiliser les cours d’écoles et crèches de Bordeaux.
- Décision annoncée par Anne Fahmy, adjointe à l’éducation, lors du conseil municipal du 6 juillet 2026.
- Contexte caniculaire : Bordeaux et sa région subissent un troisième épisode de canicule en trois mois.
- La mairie justifie cette suspension par la priorité donnée aux mesures de lutte contre la chaleur, sans préciser si le programme sera relancé ultérieurement.
Un dispositif conçu pour atténuer les îlots de chaleur
Le programme « cours buissonnières » avait été mis en place sous la précédente équipe municipale, dirigée par l’écologiste Pierre Hurmic, dans le cadre d’une stratégie globale pour réduire les îlots de chaleur urbains. L’objectif était double : améliorer le confort thermique des enfants en période estivale tout en augmentant la biodiversité dans les espaces scolaires. Selon les promoteurs du projet, la végétalisation des cours devait permettre une baisse des températures de plusieurs degrés par rapport aux surfaces bitumées traditionnelles.
Parmi les réalisations phares figuraient la transformation de la cour de l’école maternelle du quartier de la Bastide, où des arbres et des plantes aromatiques avaient été plantés, ainsi que l’installation de systèmes de récupération d’eau de pluie pour l’arrosage. Le coût total du programme s’élevait à environ 2,5 millions d’euros sur trois ans, financés en partie par des subventions de l’État et de la région Nouvelle-Aquitaine.
Une décision prise dans un contexte climatique extrême
La suspension du programme intervient alors que les températures à Bordeaux ont dépassé les 40 °C à plusieurs reprises depuis le début de l’été. Météo-France a placé le département de la Gironde en alerte rouge canicule, avec des prévisions de températures nocturnes restant élevées, limitant les possibilités de rafraîchissement naturel.
Interrogée sur les raisons de cet abandon, Anne Fahmy a indiqué que « les travaux de végétalisation, bien que bénéfiques à long terme, ne permettaient pas de répondre à l’urgence immédiate de protéger les enfants et les personnels éducatifs face aux risques sanitaires liés aux vagues de chaleur ». Elle a précisé que la mairie priorisait désormais les solutions « rapides et efficaces » comme l’installation de brumisateurs ou la mise en place de salles climatisées en cas de besoin.
« Dans l’immédiat, notre priorité est la sécurité des enfants. Les cours buissonnières, bien que vertueuses, ne peuvent pas être déployées en urgence sur l’ensemble des établissements », a souligné l’adjointe.
Des associations et élus écologistes dénoncent un recul environnemental
Cette décision a suscité une vive réaction chez les associations de défense de l’environnement et certains élus de l’opposition. France Nature Environnement Nouvelle-Aquitaine a qualifié l’abandon du programme de « contre-productif » au regard des engagements climatiques de la ville. « Bordeaux avait fait figure de précurseur avec ce projet. Revenir en arrière envoie un mauvais signal alors que les canicules deviennent de plus en plus fréquentes », a réagi Sophie Barre, porte-parole de l’association.
À gauche, le groupe écologiste au conseil municipal a dénoncé un « choix de court terme » qui ignore les enjeux de long terme. « Plutôt que de supprimer un dispositif utile, il aurait fallu accélérer son déploiement pour en faire profiter tous les établissements avant l’été prochain », a déclaré Élodie Gonthier, conseillère municipale EELV.
Reste à voir si Bordeaux parviendra à concilier urgence climatique immédiate et transition écologique de ses infrastructures éducatives.
Le programme avait permis la végétalisation de plusieurs cours d’écoles, comme celle de la maternelle de la Bastide, avec l’ajout d’arbres, de plantes aromatiques et de systèmes de récupération d’eau de pluie. Au total, une dizaine d’établissements avaient été concernés, pour un budget de 2,5 millions d’euros.