Près de deux mois après le début de la vague de chaleur qui a frappé la France en juin, la situation des nappes phréatiques reste préoccupante. Selon Ouest France, 54 % des points d’observation des réserves souterraines affichent un niveau inférieur aux normales mensuelles au 1er juillet 2026. Ce bilan, publié ce mardi par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), révèle une disparité géographique marquée dans l’évolution des nappes, certaines régions étant plus touchées que d’autres.

Ce qu'il faut retenir

  • 54 % des points de mesure des nappes phréatiques présentent un niveau sous les normales au 1er juillet 2026
  • La situation varie selon les régions, avec des nappes déjà fortement impactées dans certaines zones
  • Le BRGM publie ce bilan dans un contexte de canicule précoce ayant accéléré l’évaporation des eaux souterraines

Ce chiffre, qui concerne plus de la moitié des points de mesure en France, illustre l’ampleur du phénomène. Le BRGM précise que toutes les nappes du territoire ne sont pas concernées de la même manière. Certaines régions, comme le sud-ouest ou le centre du pays, affichent des niveaux particulièrement bas, tandis que d’autres, notamment dans le nord, résistent mieux à la sécheresse. « Les précipitations de juin n’ont pas suffi à compenser les déficits accumulés depuis plusieurs mois », a indiqué un hydrogéologue du BRGM, cité par Ouest France.

Les nappes phréatiques, qui constituent une réserve stratégique pour l’agriculture et l’alimentation en eau potable, subissent de plein fouet les conséquences des épisodes caniculaires répétés. Le mois de juin 2026 a été marqué par des températures exceptionnellement élevées, avec des pics à plus de 40 °C dans plusieurs régions. Ces conditions ont accéléré l’évaporation des eaux de surface et limité la recharge des nappes par les pluies, pourtant parfois intenses localement.

Selon les experts, la situation pourrait s’aggraver dans les prochaines semaines si les températures restent élevées et si les pluies restent insuffisantes. « Les nappes les plus vulnérables sont celles qui dépendent principalement des pluies hivernales et printanières », explique un spécialiste interrogé par Ouest France. Les régions du Grand Est, de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie figurent parmi les plus exposées, avec des niveaux déjà proches des seuils d’alerte.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’évolution de la situation. Le BRGM prévoit de publier un nouveau bilan à la mi-juillet, qui pourrait confirmer une dégradation si les conditions météorologiques ne s’améliorent pas. Les pouvoirs publics pourraient être amenés à renforcer les restrictions d’usage de l’eau, notamment dans les zones les plus touchées. Une réunion interministérielle est d’ailleurs prévue en début de semaine prochaine pour discuter des mesures à mettre en place.

En attendant, les agriculteurs et les collectivités locales appellent à une gestion concertée de la ressource. « Nous devons anticiper les risques de pénurie, surtout dans les territoires où les nappes sont déjà fragilisées », a déclaré un représentant de la Chambre d’agriculture interviewed par Ouest France. La vigilance reste de mise, alors que l’été 2026 s’annonce déjà comme l’un des plus secs depuis plusieurs décennies.

D'après le bilan du BRGM, les régions du Grand Est, de Nouvelle-Aquitaine et d'Occitanie sont particulièrement concernées, avec des niveaux déjà proches des seuils d'alerte. Le sud-ouest et le centre du pays affichent également des niveaux inférieurs aux normales.

Les agriculteurs pourraient subir des restrictions d'irrigation, surtout dans les zones où les nappes sont déjà fragilisées. Une baisse des rendements est à craindre, notamment pour les cultures dépendantes de l'irrigation, comme le maïs ou les fruits.