Selon Franceinfo – Faits divers, six personnes seront jugées en correctionnelle pour n’avoir pas alerté les autorités alors qu’elles savaient que Lisa, 3 ans, subissait des violences. La fillette est décédée en septembre 2023 des suites d’un traumatisme cranio-encéphalique, après avoir présenté des dizaines d’ecchymoses sur l’ensemble du corps.

Ce qu'il faut retenir

  • Six personnes, dont trois professionnels de l’Éducation nationale, seront jugées pour non-assistance à personne en danger.
  • Lisa est morte dans la nuit du 23 au 24 septembre 2023 à Conches-en-Ouche (Eure), des suites de violences répétées.
  • Sa mère et son beau-père, renvoyés devant la cour d’assises, sont accusés du meurtre de l’enfant.
  • Parmi les prévenus figurent deux directeurs d’école et une psychologue scolaire, poursuivis pour non-dénonciation de mauvais traitements.

Une enquête sur fond de violences familiales

Lisa, 3 ans, a été retrouvée inanimée et couverte de bleus dans la nuit du 23 au 24 septembre 2023, à Conches-en-Ouche, dans l’Eure. Le décès de la fillette, constaté quelques heures plus tard, a révélé un réseau de violences dont elle et son frère de 7 ans étaient victimes depuis des mois. Selon les conclusions du médecin légiste, Lisa est morte d’un traumatisme cranio-encéphalique gravissime, tandis que son corps portait plusieurs dizaines d’ecchymoses.

L’enquête a établi que les violences provenaient du couple formé par la mère de Lisa et son beau-père. Ces derniers sont désormais renvoyés devant la cour d’assises de l’Eure, conformément aux réquisitions du parquet d’Évreux du 15 juin 2026. Leur procès pour meurtre s’ajoutera à celui des six autres prévenus, qui comparaîtront en correctionnelle pour avoir omis de signaler les maltraitances.

Six prévenus pour non-assistance et non-dénonciation

Les six personnes renvoyées en correctionnelle sont les parents de la mère de Lisa, la mère du beau-père, deux directeurs d’école et une psychologue scolaire. Tous sont accusés d’avoir manqué à leur obligation d’alerte alors qu’ils avaient connaissance des violences subies par l’enfant et son frère. Deux des prévenus, en tant que responsables d’établissements scolaires, sont également poursuivis pour non-dénonciation de mauvais traitements, une infraction prévue par l’article 434-3 du Code pénal.

Parmi eux, la psychologue scolaire, qui avait été saisie pour évaluer la situation des deux enfants, est pointée du doigt pour ne pas avoir alerté les services sociaux ou judiciaires. De même, les deux directeurs d’école, qui avaient été informés de signes de maltraitance, sont mis en cause pour leur inaction. Leurs noms n’ont pas été divulgués par les autorités.

Un contexte de violences répétées et de signalements ignorés

Plusieurs habitants de Conches-en-Ouche avaient signalé avoir entendu des scènes de violence à répétition dans le foyer où vivait Lisa. Des voisins auraient notamment rapporté des cris et des pleurs nocturnes, sans pour autant alerter les services compétents. Trois ans après les faits, la question du signalement reste au cœur de l’affaire : pourquoi des adultes, informés des risques encourus par l’enfant, n’ont-ils pas agi ?

L’ordonnance de mise en accusation de la juge d’instruction d’Évreux, datée du 3 juillet 2026, ordonne le renvoi des six personnes en correctionnelle. Cette décision intervient après des années d’enquête, durant lesquelles les services sociaux et les forces de l’ordre ont été interrogés sur d’éventuelles défaillances dans la prise en charge des signalements.

Et maintenant ?

Les six prévenus devraient comparaître devant le tribunal correctionnel de l’Eure d’ici la fin de l’année 2026, selon les estimations du parquet. Leur procès pourrait durer plusieurs jours, avec des auditions de témoins, d’experts et des débats sur les responsabilités de chacun. Quant à la mère de Lisa et son beau-père, leur procès en cour d’assises est attendu pour 2027, après une instruction approfondie sur les circonstances du meurtre.

Cette affaire soulève à nouveau la question des défauts de coordination entre les services sociaux, l’Éducation nationale et la justice. Les prochaines audiences pourraient permettre d’éclaircir les éventuelles lacunes dans le suivi des signalements, notamment dans les cas de maltraitance infantile.

Quels enseignements pour la protection de l’enfance ?

Cette tragédie met en lumière les failles du système de protection de l’enfance, où des signaux d’alerte répétés n’ont pas suffi à éviter le drame. Les associations spécialisées appellent à renforcer la formation des professionnels – enseignants, médecins, psychologues – sur les procédures de signalement. En France, plus de 100 000 enfants sont victimes de maltraitance chaque année, selon les dernières statistiques de l’ONPE (Observatoire national de la protection de l’enfance).

Des experts soulignent que les délais entre un signalement et une intervention restent souvent trop longs, en raison d’un manque de moyens humains et matériels. « Les procédures existent, mais leur application concrète est trop souvent défaillante », a rappelé un magistrat sous couvert d’anonymat. Les prochains mois pourraient voir émerger des propositions législatives pour améliorer la réactivité des services sociaux.

Bref, cette affaire rappelle que la protection de l’enfance ne repose pas uniquement sur les familles, mais aussi sur la vigilance de tous ceux qui croisent le chemin d’un enfant en danger.

Les six personnes sont poursuivies pour non-assistance à personne en danger et, pour deux d’entre elles, pour non-dénonciation de mauvais traitements. Ces infractions sont définies par les articles 223-6 et 434-3 du Code pénal français.

Les six prévenus en correctionnelle devraient être jugés d’ici la fin de l’année 2026. Le procès de la mère de Lisa et de son beau-père, renvoyés devant la cour d’assises, est quant à lui prévu pour 2027.