La cour d’appel de Paris a rendu sa décision ce mardi 7 juillet concernant l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national, un procès très attendu pour l’avenir politique de Marine Le Pen. Selon Le Figaro, la présidente du RN a été condamnée à trois ans de prison, dont un an sous bracelet électronique, et à 45 mois d’inéligibilité, dont 15 mois ferme. Une peine qui lui permet, a priori, de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.

Ce qu'il faut retenir

  • Marine Le Pen a été condamnée à trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, et à 45 mois d’inéligibilité (15 mois ferme).
  • La cour d’appel a pris en compte « la liberté de choix de l’électeur » et « la liberté des candidatures » pour justifier une peine d’inéligibilité aménagée.
  • Cette décision rend Marine Le Pen éligible pour la présidentielle de 2027, mais sous réserve de l’exécution de sa peine.
  • La chef de file du RN pourrait demander un aménagement de sa peine dès l’automne, ce qui lui permettrait d’être libre de ses mouvements pendant la campagne.
  • Plusieurs personnalités politiques ont réagi à cette condamnation, certaines saluant une décision de justice, d’autres critiquant le RN et Marine Le Pen.
  • Le président Emmanuel Macron, en voyage en Syrie, a rappelé que « ce qui est sain pour la démocratie, c’est que le président ne commente pas les décisions de justice ».

Une condamnation historique pour le RN et son avenir politique

La cour d’appel de Paris a confirmé, ce mardi 7 juillet, la culpabilité de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national). Entre 2004 et 2016, elle est accusée d’avoir détourné des fonds européens en faisant embaucher des assistants parlementaires rémunérés par le Parlement européen, mais dont l’activité profitait en réalité au parti. En première instance, elle avait été condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, une peine qui aurait pu l’empêcher de se présenter à la présidentielle de 2027.

En appel, la cour a réduit cette inéligibilité à 45 mois, dont seulement 15 mois ferme, assortis d’un an de bracelet électronique. Cette décision ouvre la voie à une quatrième candidature de Marine Le Pen, malgré sa condamnation pénale. La cour a justifié sa décision en invoquant « la liberté de choix de l’électeur » et « la liberté des candidatures », des principes constitutionnels qui ont primé sur la sévérité de la peine initiale.

Un bracelet électronique qui limite, mais n’exclut pas, une campagne électorale

Le port du bracelet électronique pendant un an pourrait compliquer la campagne de Marine Le Pen, même si des aménagements sont possibles. Selon le chroniqueur judiciaire Stéphane Durand-Souffland, du Figaro, elle pourrait demander une levée partielle de sa peine dès l’automne 2026. « Dans six mois, Marine Le Pen peut demander un aménagement de peine pour les six mois qui restent », explique-t-il. Une telle mesure lui permettrait d’être libre de ses mouvements dès l’hiver, voire avant, et de participer activement à la campagne présidentielle.

Cette possibilité a été soulignée par les avocats de Marine Le Pen, qui ont noté « une inflexion considérable sur les peines », notamment sur l’inéligibilité. Me Rodolphe Bosselut a indiqué que la présidente de la cour avait évoqué « la liberté pour les électeurs d’avoir un candidat », un argument repris dans la motivation du jugement.

Réactions politiques : entre soutien et critiques acerbes

La décision a suscité de vives réactions dans le paysage politique français. À l’Assemblée nationale, le député socialiste Arthur Delaporte a salué une condamnation qui « acte qu’il y a un parti qui a organisé un système de détournement de fonds publics ». Il a également taclé Jordan Bardella, président du RN, qu’il qualifie de « président d’un parti corrompu ».

Du côté de la majorité présidentielle, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a déclaré qu’il débattrait avec Marine Le Pen si elle était candidate en 2027, tout en rappelant : « Quand on est coupable, on doit payer ». Il a également visé Jordan Bardella, qualifiant l’extrême droite de « bling bling » et affirmant que le RN « nous trouvera face à lui en 2027, quel que soit le visage de son candidat ».

Chez Les Républicains, Bruno Retailleau a appelé à la prudence, insistant sur le fait que « la justice ne doit avoir qu’une chose en tête : Marine Le Pen est-elle oui ou non coupable ? ». Il a ajouté que si la décision était rendue en fonction d’autres considérations que les faits, elle devrait être dénoncée. Laurent Wauquiez, président des députés LR, a quant à lui estimé qu’il « ne souhaite pas que les débats politiques soient tranchés dans les prétoires », comparant la situation à l’affaire Fillon en 2017.

Marine Le Pen et Jordan Bardella : un duo soudé face à la tempête

Quelques heures avant l’annonce de la décision, Jordan Bardella avait réaffirmé son soutien indéfectible à Marine Le Pen dans un message publié sur les réseaux sociaux. « Mon soutien est total, et ma fidélité ne dépendra jamais des circonstances », a-t-il écrit, rappelant leur engagement commun depuis plus de dix ans. Bardella, pressenti comme le futur candidat du RN en cas d’empêchement du Pen, a défendu l’idée que « rien ne peut justifier que Marine Le Pen soit écartée du choix des Français ».

Face à la presse après l’annonce de la condamnation, Marine Le Pen est sortie du palais de justice sans faire de déclaration. Son visage était fermé, mais ses proches l’entouraient, signe d’un soutien intact au sein du parti. La députée RN avait prévenu dès samedi qu’elle ne se découragerait pas : « Nous ne nous découragerons jamais, nous lutterons toujours, nous irons jusqu’au bout, jusqu’à la victoire ».

Et maintenant ?

Plusieurs questions restent en suspens après cette décision. Marine Le Pen doit désormais décider de sa stratégie pour la présidentielle de 2027, alors que sa candidature est techniquement possible, mais politiquement compliquée. Une demande d’aménagement de peine pourrait être déposée dès l’automne 2026, ce qui lui permettrait de faire campagne sans entrave. La prochaine étape judiciaire sera la réponse à cette demande, attendue d’ici quelques semaines.

Côté politique, les réactions des autres partis devraient se multiplier dans les prochains jours, notamment au sein de la majorité présidentielle et de la gauche, où certains appellent déjà à une mobilisation contre le RN. Enfin, les sondages pourraient être affectés par cette condamnation, même si Marine Le Pen reste en tête dans la plupart des intentions de vote pour 2027.

Reste à savoir si cette décision judiciaire, bien que moins sévère qu’en première instance, suffira à apaiser les tensions autour du RN. Une chose est sûre : la campagne présidentielle de 2027 s’annonce déjà sous haute tension.

Marine Le Pen a été condamnée à 45 mois d’inéligibilité, dont seulement 15 mois ferme. La cour d’appel a estimé que la liberté de choix de l’électeur et la liberté des candidatures prenaient le pas sur une inéligibilité totale. De plus, sa peine de prison ferme (un an sous bracelet électronique) ne l’empêche pas de se présenter, même si cela pourrait compliquer sa campagne.

Selon le chroniqueur judiciaire du Figaro, Stéphane Durand-Souffland, Marine Le Pen pourrait déposer une demande d’aménagement de peine dès l’automne 2026. Une telle demande pourrait aboutir à une levée partielle de son bracelet électronique, lui permettant d’être libre de ses mouvements dès l’hiver 2026-2027, voire avant.