Plusieurs dirigeants et hauts responsables étrangers ont participé aux hommages rendus à l’ancien guide suprême iranien Ali Khamenei, décédé en mars dernier. Selon Le Figaro, des funérailles nationales se tiennent depuis vendredi 7 juillet 2026 à Téhéran, après une journée de recueillement en présence de personnalités internationales.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 15 millions de personnes attendues à Téhéran pour les funérailles, selon les autorités iraniennes.
  • Présence remarquée de l’émissaire russe Dmitri Medvedev, reflétant les liens étroits entre Moscou et Téhéran.
  • Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et le chef du gouvernement pakistanais Shehbaz Sharif ont également fait le déplacement.
  • Représentation chinoise via He Wei, haut responsable politique, ainsi que des délégations du Hezbollah libanais, du Hamas palestinien et des talibans afghans.
  • Les hommages se poursuivent jusqu’à lundi 9 juillet, avec une exposition de la dépouille avant l’inhumation.

Avant le début des cérémonies officielles, des responsables iraniens et des invités étrangers se sont recueillis vendredi devant le cercueil d’Ali Khamenei. Selon Le Figaro, la dépouille du défunt guide suprême a été exposée dans l’enceinte de la Grande Mosalla, à Téhéran, en prévision des trois jours d’hommages nationaux. Les autorités locales estiment que entre 15 et 20 millions de personnes pourraient se rassembler dans la capitale iranienne pour rendre un dernier hommage.

Une délégation russe en première ligne

Parmi les personnalités étrangères présentes, l’ancien président russe Dmitri Medvedev a marqué les esprits. Présenté par les médias iraniens comme l’émissaire personnel du président russe Vladimir Poutine, il a été accueilli par le président iranien Massoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Cette présence souligne l’importance des relations stratégiques entre Téhéran et Moscou, dans un contexte géopolitique marqué par les tensions avec l’Occident.

L’Iran et la Russie entretiennent une alliance militaire et économique de longue date, renforcée depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Leur coopération s’étend désormais à des domaines comme l’énergie, la défense et les échanges commerciaux, malgré les sanctions internationales. La présence de Medvedev à Téhéran s’inscrit dans cette dynamique, alors que les deux pays cherchent à consolider leur position face aux pressions occidentales.

L’Arménie et le Pakistan, entre équilibres et médiations

Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a également fait le déplacement, une présence qui a retenu l’attention. L’Arménie, traditionnellement proche de la France et de l’Union européenne, entretient en effet des relations complexes avec son voisin iranien. Ces dernières années, Erevan a tenté de diversifier ses partenariats, tout en maintenant un dialogue avec Téhéran, notamment sur les questions énergétiques et sécuritaires.

Côté pakistanais, le Premier ministre Shehbaz Sharif a participé aux cérémonies, accompagnant une délégation officielle. Sa venue intervient dans un contexte où Islamabad joue un rôle de médiateur entre l’Iran et les États-Unis. Les relations entre Téhéran et Washington restent tendues, notamment en raison du programme nucléaire iranien et des sanctions économiques américaines. Le Pakistan, situé à la croisée des influences régionales, tente de maintenir un équilibre entre ses alliances traditionnelles et ses intérêts stratégiques.

D’autres acteurs régionaux et internationaux présents

La Chine était représentée par He Wei, un haut responsable politique, lors des funérailles. Pékin entretient des liens économiques et diplomatiques étroits avec l’Iran, notamment dans le cadre de l’initiative chinoise « Nouvelle Route de la soie ». Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint des niveaux records ces dernières années, malgré les pressions américaines.

D’autres délégations étrangères ont également assisté aux hommages, reflétant l’influence régionale d’Ali Khamenei. Le ministre taliban des Affaires étrangères a représenté l’Afghanistan, tandis que des représentants du Hezbollah libanais et du Hamas palestinien ont également fait le déplacement. Ces présences illustrent l’étendue du réseau d’influence de l’Iran au Moyen-Orient, où Téhéran soutient des mouvements alliés dans plusieurs pays.

Les funérailles d’Ali Khamenei s’inscrivent dans un contexte de transition politique en Iran. Depuis son décès en mars 2026, le pays est dirigé par le président Massoud Pezeshkian, élu en juin 2026. Ce dernier a hérité d’un pays marqué par des tensions internes, une économie sous pression et une diplomatie active sur la scène internationale.

Et maintenant ?

Les prochains jours pourraient révéler des évolutions dans la politique intérieure iranienne, alors que les hommages à Ali Khamenei devraient rassembler des millions de personnes. La présence de dirigeants étrangers souligne l’importance géopolitique de l’Iran, dont l’influence régionale pourrait se renforcer dans les mois à venir. La succession de Khamenei, déjà en cours, pourrait également donner lieu à des ajustements dans les alliances stratégiques de Téhéran.

Les observateurs s’attendent à ce que les cérémonies funéraires servent de tribune pour l’Iran, afin de réaffirmer son rôle central au Moyen-Orient. La question reste de savoir si cette mobilisation populaire et diplomatique se traduira par des changements concrets dans la politique iranienne, ou si elle restera avant tout symbolique.

La présence de l’ancien président russe Dmitri Medvedev, présenté comme l’émissaire de Vladimir Poutine, souligne l’importance des relations entre Moscou et Téhéran. Les deux pays entretiennent une alliance stratégique, notamment dans les domaines militaire et énergétique, et cette visite renforce leur coopération face aux tensions avec l’Occident.

Le Pakistan joue un rôle de médiateur entre l’Iran et les États-Unis, dans un contexte où les relations entre Téhéran et Washington restent tendues. Islamabad cherche à maintenir un équilibre entre ses alliances traditionnelles et ses intérêts régionaux, alors que les tensions au Moyen-Orient persistent.