À l’heure où les Français s’interrogent sur la qualité de leur hydratation, le médecin et chroniqueur Dr Jimmy Mohamed a livré son analyse tranchée lors du journal télévisé de 20 heures sur France 2, selon Top Santé. Son message, sans ambiguïté, pourrait bien remettre en cause certaines habitudes bien ancrées chez les consommateurs.
Ce qu'il faut retenir
- Le Dr Jimmy Mohamed recommande préférentiellement l’eau du robinet, à condition que sa qualité soit contrôlée.
- Il met en garde contre les risques liés à une consommation exclusive d’eau en bouteille, notamment sur le plan écologique et économique.
- Le médecin souligne que la qualité de l’eau du robinet varie selon les régions, mais qu’elle reste généralement sûre en France.
- Il rappelle que les bouteilles en plastique peuvent libérer des microplastiques, surtout lorsqu’elles sont exposées à la chaleur.
Un choix de santé publique souvent mal informé
Sur le plateau de France 2, le Dr Jimmy Mohamed a expliqué que son positionnement en faveur de l’eau du robinet s’appuie sur plusieurs arguments de santé publique. D’après lui, 80 % des Français boivent régulièrement de l’eau en bouteille, souvent par habitude ou par méfiance envers les réseaux d’eau potable, indique-t-il. Pourtant, la qualité de l’eau du robinet en France est l’une des mieux contrôlées au monde, avec plus de 500 000 analyses réalisées chaque année par les agences régionales de santé (ARS), rapporte Top Santé.
Le médecin a également souligné que les bouteilles en plastique, même recyclables, posent un problème environnemental majeur. Seulement 58 % des bouteilles en plastique sont recyclées en France, selon les chiffres de l’Agence de la transition écologique (ADEME). Une fois abandonnées dans la nature, elles mettent entre 100 et 1 000 ans à se dégrader, générant une pollution durable des sols et des océans.
Des risques sanitaires sous-estimés ?
Parmi les principaux arguments avancés par le Dr Jimmy Mohamed contre une consommation exclusive d’eau en bouteille, figure la question des microplastiques. Une étude publiée en 2024 dans la revue Environmental Science & Technology avait révélé la présence de microplastiques dans 93 % des bouteilles en plastique analysées, rappelle Top Santé. Ces particules, ingérées à long terme, pourraient avoir des effets encore mal connus sur la santé, bien que les recherches soient en cours.
Le médecin a aussi pointé du doigt les perturbateurs endocriniens, présents dans certains plastiques, qui pourraient migrer dans l’eau, surtout si la bouteille est exposée à la chaleur – par exemple laissée dans une voiture en été. Une exposition prolongée à ces substances est suspectée d’avoir des effets néfastes sur le système hormonal, précise-t-il. À l’inverse, l’eau du robinet, lorsqu’elle est bien filtrée, ne présente pas ces risques, selon les autorités sanitaires.
Une question d’économie et de praticité
Outre les aspects sanitaires et environnementaux, le Dr Jimmy Mohamed a insisté sur l’aspect économique. Une bouteille d’eau de 1,5 litre coûte en moyenne 0,20 € en supermarché, soit près de 130 fois plus cher que l’eau du robinet, qui revient à environ 0,0015 € le litre. Pour une famille de quatre personnes consommant en moyenne 2 litres d’eau par jour, cela représente un surcoût annuel de plus de 200 €, calcule-t-il. Un argument qui pèse d’autant plus dans un contexte inflationniste.
Le médecin a également souligné la praticité de l’eau du robinet, toujours disponible à domicile, sans besoin de stockage ni de transport. Un point particulièrement pertinent pour les personnes âgées ou à mobilité réduite, qui peuvent avoir des difficultés à manipuler des bouteilles lourdes.
« L’eau du robinet est sûre dans la quasi-totalité des cas en France. Le vrai danger, c’est de boire n’importe quoi, surtout des boissons sucrées ou des sodas, qui sont bien plus nocifs pour la santé. »
— Dr Jimmy Mohamed, lors de son intervention sur France 2
Reste à voir si les recommandations du Dr Jimmy Mohamed seront suivies d’effets concrets dans les mois à venir. En attendant, les Français devront continuer à composer avec les spécificités locales de leur eau du robinet, et adapter leurs pratiques en conséquence.
Chaque consommateur peut consulter le rapport annuel de son agence régionale de santé (ARS) ou de sa mairie, qui détaille les résultats des analyses de l’eau distribuée. Ces rapports sont généralement disponibles en ligne ou sur simple demande. En cas de doute, des kits de test à domicile peuvent être achetés en pharmacie ou en ligne pour mesurer le pH, la présence de calcaire ou de nitrates.