Guerres en cours, crise climatique persistante et tensions économiques : l’environnement médiatique actuel pèse lourdement sur le moral, y compris celui des professionnels de la santé mentale. Mais comment les psychologues parviennent-ils, malgré tout, à préserver leur équilibre ? Top Santé révèle les quatre techniques qu’ils s’imposent pour ne pas succomber à l’anxiété ambiante.

Ce qu'il faut retenir

  • Les psychologues utilisent des techniques d’ancrage émotionnel pour limiter l’impact de l’actualité anxiogène.
  • Ils instaurent des rituels de déconnexion pour éviter la saturation médiatique.
  • La limitation des sources d’information est un pilier de leur stratégie de préservation.
  • Ils pratiquent une auto-observation régulière pour identifier les signaux de stress.

Des méthodes éprouvées pour résister à la pression médiatique

Selon Top Santé, les psychologues confrontés à l’actualité anxiogène adoptent une approche méthodique. Leur première ligne de défense ? Une sélection rigoureuse des informations qu’ils consomment. Plutôt que de s’exposer à un flux continu de mauvaises nouvelles, ils ciblent des sources fiables et évitent les réseaux sociaux, souvent vecteurs de dramatisation excessive. « On ne peut pas traiter la souffrance des autres si on n’est pas soi-même en mesure de la contenir », explique le Dr. Marie Lavigne, psychologue clinicienne à Paris. Ce tri permet de réduire l’exposition aux stimuli anxiogènes.

Autre levier essentiel : l’instauration de plages horaires dédiées à l’information. Les professionnels de la santé mentale fixent des créneaux précis pour consulter l’actualité, évitant ainsi une immersion permanente. « Cela permet de garder une distance psychologique, précise le Dr. Lavigne. On reste informé sans être submergé. » Cette discipline vise à préserver un équilibre entre la nécessité de suivre l’actualité et le besoin de protéger son bien-être mental.

L’ancrage et l’auto-observation, piliers de la résilience

Pour éviter de basculer dans l’anxiété, les psychologues s’appuient sur des techniques d’ancrage émotionnel. Parmi elles, la respiration contrôlée ou la méditation de pleine conscience figurent en bonne place. « Ces exercices aident à recentrer l’attention sur le présent, plutôt que de se projeter dans un futur incertain », détaille le Dr. Lavigne. Une pratique quotidienne, même brève, permet de mieux gérer les pics de stress liés à l’actualité. Les professionnels utilisent également des outils comme le carnet de bord émotionnel pour identifier les moments de vulnérabilité.

L’auto-observation joue un rôle clé dans cette stratégie. En notant régulièrement leurs émotions, les psychologues peuvent anticiper les périodes de tension et ajuster leur comportement en conséquence. « C’est une façon de prendre soin de soi avant de prendre soin des autres », souligne le Dr. Lavigne. Cette approche proactive limite les risques d’épuisement professionnel, un phénomène en hausse chez les soignants.

Un équilibre entre devoir d’information et préservation de soi

Le paradoxe pour les psychologues réside dans leur double casquette : ils doivent rester informés pour accompagner leurs patients, tout en protégeant leur propre santé mentale. Pour concilier ces deux impératifs, beaucoup optent pour une consommation médiatique segmentée. Ils privilégient les articles de fond aux brèves anxiogènes et évitent les débats polémiques en ligne. « On apprend à distinguer l’utile de l’inutile, indique le Dr. Lavigne. Parfois, moins d’infos vaut mieux que des infos mal digérées. »

Certains professionnels vont jusqu’à instaurer des « jours sans nouvelles », où ils coupent toute exposition aux médias. Une méthode radicale, mais efficace pour recharger les batteries psychologiques. « Ces pauses sont indispensables, affirme le Dr. Lavigne. Elles permettent de retrouver une forme de sérénité, essentielle pour exercer son métier avec justesse. »

Et maintenant ?

Alors que les crises géopolitiques et environnementales persistent, la question de la résilience des psychologues pourrait devenir un enjeu de société. Des formations spécifiques sur la gestion du stress médiatique pourraient voir le jour dans les années à venir. Pour l’heure, les professionnels interrogés par Top Santé insistent sur l’importance de transmettre ces techniques aux patients, afin que chacun puisse trouver son propre équilibre face à l’actualité.

Si ces méthodes gagnent en visibilité, elles soulèvent aussi des interrogations sur leur accessibilité. Reste à savoir si elles pourront être démocratisées à grande échelle, ou si elles resteront l’apanage d’une minorité de praticiens aguerris.

Non. Bien que conçues pour répondre aux besoins spécifiques des professionnels de la santé mentale, ces méthodes – comme la limitation des sources d’information ou la respiration contrôlée – peuvent être adaptées par toute personne cherchant à mieux gérer son exposition aux actualités anxiogènes.