Selon Franceinfo – Faits divers, la situation autour de l’hantavirus prend une tournure préoccupante en France. Vingt-sept Français, dont une femme dont le pronostic vital est engagé, font actuellement l’objet d’une surveillance médicale renforcée après avoir été exposés à ce virus. Parmi eux, vingt-six personnes, considérées comme des « cas contacts », ont été placées en quarantaine hospitalière, tandis qu’un autre cas confirmé, une Française, reste hospitalisée dans un état critique à Paris.
Ce qu'il faut retenir
- 27 personnes sont sous haute surveillance médicale en France après une exposition à l’hantavirus, dont 26 cas contacts placés en quarantaine.
- Une patiente, la seule personne contaminée sur le territoire, est intubée et sous respiration artificielle dans un état jugé préoccupant.
- Parmi les cas contacts, huit ont voyagé entre Saint-Hélène et Johannesburg avec une patiente infectée, et quatorze autres entre Johannesburg et Amsterdam, avant son débarquement.
- Trois adolescents issus d’une même fratrie figurent parmi les cas contacts hospitalisés, répartis dans cinq établissements en France.
- Les personnes en quarantaine resteront hospitalisées entre 14 et 42 jours, le temps de s’assurer qu’aucun symptôme n’apparaît.
Une patiente dans un état grave, intubée et sous assistance respiratoire
La situation médicale de la patiente contaminée en France reste alarmante. Hospitalisée au CHU Bichat à Paris, elle est actuellement sous respiration artificielle, intubée et ventilée par une machine. « Son oxygénation est prise en charge par un dispositif médical, ce qui indique un état très préoccupant », précise le Dr Xavier Lescure, infectiologue contacté par Franceinfo. Aucun détail supplémentaire sur son identité ou son parcours n’a été communiqué pour l’heure.
Cette patiente est la seule personne officiellement déclarée comme contaminée par l’hantavirus en France à ce jour. Les autorités sanitaires surveillent de près son évolution, alors que les 26 autres personnes exposées sont suivies dans le cadre d’un protocole strict de quarantaine.
Vingt-six cas contacts placés en quarantaine hospitalière
Parmi les 26 personnes considérées comme « cas contacts », huit ont voyagé à bord d’un vol entre Saint-Hélène et Johannesburg, où une patiente infectée par l’hantavirus était présente. Les quatorze autres ont pris un vol entre Johannesburg et Amsterdam, mais la patiente infectée a été débarquée avant le décollage. « Les huit premiers du premier vol sont tous hospitalisés, et parmi les quatorze autres, certains sont en cours d’hospitalisation, et quelques-uns sont déjà hospitalisés », a détaillé la ministre de la Santé Stéphanie Rist.
Parmi ces cas contacts, trois adolescents d’une même fratrie figurent parmi les patients hospitalisés. Leur état de santé n’a pas été précisé, mais ils font partie des personnes maintenues en observation dans les services spécialisés. Les cas contacts sont répartis dans cinq établissements en France : la Pitié-Salpêtrière et Bichat à Paris, Rennes, Marseille et un centre en Corse, d’où une personne devrait être rapatriée vers la métropole pour y être prise en charge.
Des mesures d’isolement strictes, mais sans mesures extrêmes
Les patients en quarantaine sont isolés dans des chambres individuelles, avec des protocoles de protection renforcés. « On n’a pas besoin de mettre des scaphandres ou trois masques, des choses comme ça. Ça va être essentiellement le lavage des mains, les masques respiratoires et puis maintenir les gens en chambre seuls », explique le Pr Pierre Tattevin, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Rennes, où l’un des patients est hospitalisé. « Un des principes de cette décision de les isoler à l’hôpital, c’est d’être sûr qu’ils soient le plus isolés possible et en même temps, on va tenter de garder ça humain quand même. »
Des tests réguliers sont réalisés pour vérifier l’absence de contamination. La durée de l’hospitalisation varie entre 14 et 42 jours, selon les cas et l’évolution de leur état. Aucun cas de transmission secondaire n’a été signalé à ce stade, ce qui permet aux autorités de considérer que la situation reste sous contrôle.
Des craintes et des interrogations chez les riverains
L’annonce de ces cas a suscité des réactions dans les zones concernées, notamment à Juan-les-Pins, d’où est originaire la patiente contaminée. Plusieurs habitants expriment leur inquiétude et leur volonté de mieux comprendre les risques encourus. « Ça m’intéresserait quand même de connaître cette personne pour pouvoir éventuellement me protéger », déclare l’un d’eux. « Oui, ça peut se propager très vite, il faut faire très attention », ajoute un autre.
Face à cette situation, le gouvernement tient à rassurer : il n’existe pas, à ce jour, de risque d’épidémie en France. Les mesures mises en place visent à contenir tout éventuel foyer de contamination, en ciblant spécifiquement les personnes ayant été en contact avec un cas confirmé.
Pour l’heure, la priorité reste la prise en charge médicale des personnes concernées et le suivi strict des protocoles sanitaires. Aucune nouvelle contamination n’a été signalée depuis l’identification des premiers cas, ce qui permet d’envisager une stabilisation de la situation dans les prochains jours.
Non, selon les connaissances actuelles, l’hantavirus ne se transmet pas par contact entre humains. La contamination se fait principalement par inhalation de particules infectieuses présentes dans les déjections ou la salive de rongeurs, ou, dans ce cas précis, par un contact prolongé avec une personne infectée.
Les symptômes de l’hantavirus, aussi appelé « syndrome pulmonaire à hantavirus », incluent fièvre, douleurs musculaires, frissons, puis, dans les cas graves, une détresse respiratoire aiguë pouvant mener à une insuffisance pulmonaire. La prise en charge médicale doit être rapide pour éviter une évolution défavorable.