Une attaque menée à l’aide de drones a frappé dans la nuit un bâtiment abritant un dortoir pour adolescents dans la ville de Starobelsk, en région de Lougansk, territoire sous contrôle russe depuis 2014. Selon les autorités russes, cette frappe, qualifiée d’« intentionnelle » par Vladimir Poutine, a causé la mort d’au moins six personnes et fait quarante blessés, tandis que quinze autres sont toujours portés disparus.
Comme le rapporte BMF - International, l’attaque a visé l’université pédagogique d’État de Lougansk, où 86 jeunes âgés de 14 à 18 ans se trouvaient au moment des faits. Le dortoir, entièrement détruit par l’effondrement du bâtiment, a été touché par seize drones ukrainiens en trois vagues successives, a détaillé le président russe lors d’une intervention télévisée ce vendredi 22 mai 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Six morts et 40 blessés, dont 15 personnes portées disparues, selon les autorités russes.
- 86 adolescents se trouvaient dans le dortoir au moment de l’attaque, qui a provoqué l’effondrement du bâtiment.
- L’attaque a été menée par 16 drones ukrainiens en trois vagues distinctes, selon Vladimir Poutine.
- Le Kremlin dénonce une « attaque ciblée contre la population civile » et promet une réponse militaire.
- La Russie a convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour ce vendredi 22 mai à 22 heures, heure française.
Une frappe qualifiée de « non accidentelle » par Moscou
Vladimir Poutine a affirmé que l’attaque « n’était pas accidentelle », précisant qu’elle avait été menée en pleine nuit à l’aide de quatre drones ukrainiens selon les premières évaluations russes. Le président a souligné que les frappes s’étaient déroulées en trois vagues successives, visant délibérément le même objectif. « Aucun des occupants du bâtiment ne participait aux combats, et aucune installation militaire n’était située à proximité », a-t-il rappelé lors de son allocution.
Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué une « attaque barbare » et un « crime monstrueux », attribuant la responsabilité au « régime de Kiev ». Les autorités russes ont également accusé les pays occidentaux de fournir des renseignements aux forces ukrainiennes pour faciliter le ciblage des frappes.
Des images de dévastation publiées par les autorités locales
Le gouverneur de la région de Lougansk, Leonid Passetchnik, installé par Moscou, a partagé sur les réseaux sociaux des clichés montrant l’ampleur des dégâts. L’un des bâtiments, en feu et partiellement effondré, ainsi qu’un second dont les murs étaient calcinés et les fenêtres brisées, illustrent la violence de l’impact. « C’est un crime monstrueux du régime de Kiev », a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, lors d’un point-presse organisé en présence de l’AFP.
Les opérations de secours se poursuivent sur place, bien que les autorités russes n’aient pas communiqué d’informations supplémentaires concernant l’identité des victimes ou les éventuels rescapés parmi les disparus. Le bilan humain pourrait s’alourdir dans les prochaines heures, alors que les secours peinent à accéder aux décombres en raison de l’instabilité structurelle du bâtiment.
L’Ukraine reste silencieuse, tandis que Moscou réclame justice
Côté ukrainien, aucune réaction officielle n’a été enregistrée à ce stade, alors que Kiev mène régulièrement des frappes en territoire russe ou occupé en représailles aux bombardements subis depuis le début de l’offensive russe en février 2022. Les autorités russes, elles, ont immédiatement convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, prévue pour ce vendredi 22 mai à 22 heures, heure française. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie de communication visant à internationaliser le conflit et à obtenir un soutien diplomatique.
Dmitri Peskov a martelé que « ceux qui en sont responsables doivent être punis », insistant sur la nécessité d’une « réponse appropriée » de l’armée russe. Moscou a par ailleurs dénoncé l’implication des Occidentaux, accusés de « fournir des renseignements » aux forces ukrainiennes pour faciliter le ciblage des frappes.
Pour l’heure, l’Ukraine n’a pas réagi publiquement à cette attaque, comme c’est souvent le cas après des frappes en territoire occupé. Les prochaines 48 heures seront déterminantes pour savoir si cette escalade verbale entre Moscou et Kiev se transforme en une nouvelle phase de confrontation militaire.
Moscou qualifie systématiquement de « terroristes » ou de « criminels » les attaques ukrainiennes en territoire occupé ou sur le sol russe. Cette rhétorique permet à la Russie de justifier ses représailles militaires et de mobiliser l’opinion publique interne, tout en présentant Kiev comme un acteur irresponsable et dangereux. L’accusation immédiate sert également à discréditer toute tentative de médiation internationale, en désignant un coupable clair avant même le début des investigations.