Depuis près de vingt ans, Iyad Ag Ghali incarne la menace djihadiste dans le Sahel. Le chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), classé comme organisation terroriste par plusieurs États, mène actuellement une offensive sans précédent contre les autorités maliennes en place à Bamako. Selon Le Monde, sa stratégie contribue à fragiliser davantage un pays déjà en proie à une instabilité chronique.

Ce qu’il faut retenir

  • Iyad Ag Ghali est recherché depuis des années par la France, le Mali et la Russie pour ses liens avec des groupes armés djihadistes.
  • Le GSIM, qu’il dirige, est considéré comme l’une des principales factions terroristes opérant au Sahel.
  • Ses actions récentes visent à déstabiliser la junte militaire au pouvoir à Bamako, exacerbant la crise sécuritaire dans le pays.
  • Les forces françaises et russes, engagées dans la lutte antiterroriste au Mali, ont multiplié les opérations pour tenter de le neutraliser.

Un parcours djihadiste de deux décennies

Originaire de la région de Kidal, dans le nord du Mali, Iyad Ag Ghali a émergé sur la scène politique et militaire au début des années 2000. D’abord connu pour son rôle dans les rébellions touarègues, il s’est progressivement rapproché de l’idéologie islamiste radicale. En 2012, il fonde le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), avant de rejoindre, en 2017, la coalition djihadiste Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affiliée à Al-Qaïda. Selon Le Monde, cette évolution marque un tournant dans sa stratégie, le propulsant comme une figure centrale du djihad sahélien.

Sa notoriété tient autant à son charisme qu’à sa capacité à fédérer des groupes armés disparates sous une bannière commune. Le GSIM, qui opère principalement dans le centre et le nord du Mali, est aujourd’hui considéré comme l’un des mouvements les plus dangereux de la région. D’après les services de renseignement occidentaux, Iyad Ag Ghali aurait entretenu des liens avec plusieurs autres factions djihadistes, notamment Ansar Dine et AQMI, renforçant ainsi son influence.

Une traque internationale aux multiples acteurs

La traque d’Iyad Ag Ghali s’inscrit dans un contexte géopolitique complexe. Dès 2013, la France déploie l’opération Barkhane pour lutter contre les groupes armés au Sahel, avec pour mission principale de neutraliser les chefs djihadistes. Malgré plusieurs frappes et raids, le leader du GSIM est parvenu à échapper aux offensives, s’appuyant sur un réseau de complicités locales et une connaissance approfondie du terrain. « Il a toujours su exploiter les failles sécuritaires et politiques pour consolider son emprise », explique un analyste spécialisé cité par Le Monde.

Depuis 2022, la junte malienne, arrivée au pouvoir par un coup d’État, a rompu avec la France et se tourne vers la Russie pour son soutien militaire. Moscou, via le groupe Wagner, a renforcé sa présence au Mali, multipliant les opérations ciblées contre les groupes djihadistes. Pourtant, Iyad Ag Ghali reste insaisissable. Les frappes russes, bien que plus discrètes que les interventions françaises, n’ont pas permis de le localiser. « La situation est d’autant plus délicate que les autorités maliennes, en quête de légitimité, peinent à contrôler l’ensemble du territoire », souligne un observateur basé à Bamako.

L’offensive du GSIM contre la junte de Bamako

Ces derniers mois, le GSIM a intensifié ses attaques contre les forces maliennes et leurs alliés, visant notamment les villes stratégiques du centre du pays. À plusieurs reprises, des rapports ont fait état de combats meurtriers dans les régions de Mopti et Ségou, où les djihadistes cherchent à étendre leur zone d’influence. Selon Le Monde, cette escalade coïncide avec une volonté du GSIM de profiter de l’affaiblissement de l’État malien pour imposer son propre ordre.

Les autorités de Bamako, déjà fragilisées par des tensions internes et une économie en berne, voient dans cette menace une urgence absolue. « Chaque jour, le GSIM gagne du terrain, et nos forces sont sous pression », a déclaré un porte-parole du gouvernement malien, sous couvert d’anonymat. Le groupe djihadiste, qui mise sur des alliances locales et une propagande efficace, mise sur l’épuisement des troupes régulières pour imposer sa domination.

Et maintenant ?

La situation pourrait encore se dégrader dans les prochains mois, alors que le GSIM consolide ses positions dans le centre du Mali. Les autorités de Bamako, soutenues par la Russie, devraient renforcer leurs opérations militaires, mais leur capacité à endiguer la progression djihadiste reste incertaine. Une conférence internationale sur la sécurité au Sahel est prévue en juin 2026 à Niamey, où la lutte contre le terrorisme devrait figurer en tête de l’ordre du jour. Reste à voir si les pays de la région parviendront à coordonner leurs efforts pour contrer cette menace.

Iyad Ag Ghali, lui, continue de défier les puissances étrangères et locales. Tant que son réseau restera intact et que les failles sécuritaires persisteront, sa capacité à déstabiliser le Mali et la région dans son ensemble demeurera intacte.

Le GSIM, dirigé par Iyad Ag Ghali, est classé comme organisation terroriste par l’ONU et plusieurs pays, dont la France et la Russie. Ses liens avec Al-Qaïda et sa capacité à mener des attaques coordonnées en font une cible majeure. De plus, son influence croissante au Sahel menace les intérêts stratégiques de ces deux pays, notamment dans le cadre de la lutte antiterroriste.