Selon Reporterre, le Kazakhstan s’apprête à construire l’un des plus grands parcs de data centers au monde, alimenté par des centrales à charbon. Ce projet, mené en partenariat avec des entreprises américaines, contredit pourtant les engagements climatiques du pays.
La ville d’Ekibastouz, située dans le nord du Kazakhstan et abritant quelque 100 000 habitants, pourrait bientôt voir son ciel s’assombrir davantage. D’ici quelques années, les cheminées des mines de charbon de cette région de Pavlodar continueront de cracher des nuages de suie en hiver, et la neige y sera toujours recouverte de particules noires. Autant dire que les conditions environnementales locales devraient encore se dégrader.
Ce qu'il faut retenir
- Ekibastouz, ville kazakhe de 100 000 habitants, abritera le futur parc de data centers.
- Le projet sera alimenté par des centrales à charbon, malgré les objectifs climatiques du Kazakhstan.
- Le Kazakhstan collabore avec des entreprises étasuniennes pour développer cette infrastructure.
- La région de Pavlodar, où se trouve Ekibastouz, est un bassin minier historique.
- Les rejets de suie et de particules noires devraient augmenter avec l’extension des activités minières et industrielles.
Un projet industriel démesuré dans une région déjà très polluée
Ekibastouz n’est pas une ville inconnue pour les observateurs de l’environnement. Son bassin minier, l’un des plus importants au monde, est depuis des décennies un symbole de l’exploitation intensive du charbon. Reporterre souligne que la pollution y est déjà chronique : en hiver, l’air y est irrespirable et la neige, recouverte de suie, porte les traces visibles des rejets industriels. Avec ce nouveau projet, la situation pourrait encore empirer.
Le Kazakhstan, signataire de l’Accord de Paris sur le climat, s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, en développant ce parc de data centers alimenté au charbon, le pays semble prendre une direction opposée à ses engagements internationaux. Une contradiction que les observateurs environnementaux ne manquent pas de souligner.
Des data centers énergivores dans un pays dépendant du charbon
Les data centers, ces immenses infrastructures dédiées au stockage et au traitement des données, sont réputés pour leur consommation électrique colossale. Selon Reporterre, le parc prévu au Kazakhstan serait l’un des plus grands jamais construits, avec une capacité énergétique équivalente à plusieurs centrales à charbon. Or, le Kazakhstan figure parmi les plus grands producteurs mondiaux de charbon, une ressource qu’il continue d’exploiter massivement malgré la transition énergétique en cours.
Le recours au charbon pour alimenter ces data centers pose un paradoxe flagrant. D’un côté, le pays mise sur le numérique pour moderniser son économie ; de l’autre, il s’appuie sur une énergie fossile parmi les plus polluantes. «
Ce projet illustre l’incohérence entre les discours sur la transition énergétique et les réalités industrielles au Kazakhstan.» a commenté un expert du secteur, cité par Reporterre.
Un partenariat transatlantique au cœur du projet
Le développement de ce parc de data centers ne se fait pas sans alliés étrangers. Selon nos confrères de Reporterre, des entreprises américaines participent activement à la conception et à la réalisation de ce projet. Leur implication soulève des questions sur les responsabilités partagées en matière d’émissions de CO₂ et de pollution atmosphérique.
Les détails des accords conclus entre le Kazakhstan et ses partenaires étasuniens n’ont pas été rendus publics. Toutefois, Reporterre indique que ces collaborations s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à faire du Kazakhstan un hub numérique pour l’Asie centrale. Une ambition qui, pour l’instant, semble se heurter aux impératifs environnementaux.
En attendant, la population locale devra composer avec une pollution atmosphérique qui ne cesse de s’aggraver, tandis que le gouvernement kazakh tente de concilier croissance économique et transition énergétique.