La psychanalyste et écrivaine Catherine Millot s’est éteinte à l’âge de 81 ans, comme l’a rapporté Le Monde ce 1er septembre 2026. Figure majeure du paysage intellectuel français, elle laisse derrière elle une œuvre marquée par sa fascination pour les mystiques rhénans et une carrière intimement liée à l’histoire de la psychanalyse.

Dernière compagne du célèbre psychanalyste Jacques Lacan, elle a également entretenu une relation proche avec l’écrivain Philippe Sollers, dont elle a publié plusieurs ouvrages aux éditions Gallimard. Sa disparition marque la fin d’une époque pour la psychanalyse française et le monde littéraire.

Ce qu'il faut retenir

  • Catherine Millot s’est éteinte à l’âge de 81 ans, selon Le Monde.
  • Elle fut la dernière compagne du psychanalyste Jacques Lacan.
  • Passionnée par les mystiques rhénans, elle a consacré une partie de son œuvre à leur étude.
  • Elle a publié plusieurs ouvrages de Philippe Sollers aux éditions Gallimard.
  • Son parcours croise à la fois la psychanalyse et la littérature française.

Une figure intellectuelle entre psychanalyse et littérature

Catherine Millot a marqué son époque par son engagement dans deux domaines souvent perçus comme distincts : la psychanalyse et la littérature. Spécialiste des mystiques rhénans, elle a exploré les liens entre spiritualité et inconscient, une approche qui a nourri ses travaux théoriques et ses écrits. Son œuvre, publiée en majeure partie chez Gallimard, reflète cette double influence, mêlant rigueur intellectuelle et sensibilité artistique.

Son parcours personnel a également croisé celui de figures emblématiques de la pensée française. Proche de Jacques Lacan, dont elle fut la dernière compagne, elle a évolué dans un milieu où les débats intellectuels et les ruptures théoriques étaient monnaie courante. Cette proximité avec Lacan, dont l’influence sur la psychanalyse reste immense, a sans doute façonné sa propre réflexion.

Un lien indéfectible avec Philippe Sollers

Au-delà de son engagement psychanalytique, Catherine Millot a entretenu une relation durable avec l’écrivain Philippe Sollers. Selon Le Monde, elle a publié plusieurs de ses ouvrages chez Gallimard, un éditeur avec lequel Sollers a entretenu une collaboration de longue date. Ce lien éditorial et intellectuel témoigne de l’importance de Millot dans le paysage littéraire français des dernières décennies.

Sollers, lui-même figure controversée et prolifique, a souvent évoqué l’influence de Millot sur son travail. Leur collaboration a donné lieu à des publications majeures, contribuant à forger la réputation de Sollers comme penseur et écrivain. La disparition de Millot laisse donc un vide à la fois dans le champ psychanalytique et dans celui de l’édition littéraire.

Un héritage entre deux mondes

Avec le décès de Catherine Millot, c’est une voix originale qui s’éteint, celle d’une femme ayant navigué entre deux univers : la psychanalyse, avec ses exigences théoriques et ses débats internes, et la littérature, où l’écriture devient à la fois outil et objet de réflexion. Ses travaux sur les mystiques rhénans, comme Maître Eckhart ou Jean de la Croix, ont ouvert des pistes de recherche encore explorées aujourd’hui.

Son rôle auprès de Lacan, dont elle a partagé les dernières années, ajoute une dimension humaine à son héritage. Elle incarne ainsi une génération de penseurs ayant tenté de concilier rigueur intellectuelle et engagement personnel, souvent au prix de tensions et de remises en question.

Et maintenant ?

La disparition de Catherine Millot devrait relancer l’intérêt pour ses travaux, notamment ceux consacrés aux mystiques rhénans et à leur réinterprétation par la psychanalyse. Ses publications, déjà étudiées dans les cercles intellectuels, pourraient connaître une nouvelle visibilité. Quant à son rôle auprès de Jacques Lacan, il reste à préciser dans les archives et les témoignages à venir.

Côté littéraire, la question se pose de l’impact de sa disparition sur l’œuvre future de Philippe Sollers, dont elle a été une proche collaboratrice pendant des années. Pour l’instant, aucun hommage ou publication posthume n’a été annoncé.

Son décès soulève également une question plus large : qui, dans la génération actuelle, pourrait reprendre le flambeau d’une approche aussi transdisciplinaire que la sienne ? La psychanalyse française, en pleine mutation, attend peut-être une relève capable de concilier héritage lacanien et ouverture vers de nouveaux champs de recherche.