Selon Franceinfo – Politique, Jérôme Guedj, député socialiste de l’Essonne et candidat à la primaire du pôle socialiste pour la présidentielle de 2027, a qualifié de « piège mortifère » et d’« impasse totale » l’hypothèse d’un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon. Invité ce 31 août dans La Matinale, il a réaffirmé son opposition à toute alliance avec La France insoumise et mis en garde contre une « prophétie autoréalisatrice » qui conduirait, selon lui, à la victoire du Rassemblement national.

Ce qu’il faut retenir

  • Jérôme Guedj rejette catégoriquement l’idée d’un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, la qualifiant de « duel mortifère ».
  • Il assume avoir refusé un accord avec La France insoumise lors des législatives de 2024, estimant que certains sujets comme la laïcité rendent toute collaboration impossible.
  • Le candidat défend une « gauche républicaine » et dénonce ceux qui, selon lui, s’accommodent de positions qu’il juge incompatibles avec ses valeurs.
  • Il présente sa candidature comme un moyen d’éviter cette impasse et de proposer une alternative au « macronisme déliquescent ».
  • Guedj met en avant les questions de santé et de vulnérabilité sociale, promettant d’en faire des priorités de son programme.
  • Il refuse de critiquer ses concurrents directs, mais insiste sur la nécessité d’une primaire ouverte à tous ceux qui partagent ses valeurs.

Une primaire pour éviter l’impasse électorale

Pour Jérôme Guedj, la primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique vise avant tout à éviter une situation qu’il juge perdante d’avance : un second tour opposant l’extrême droite à Jean-Luc Mélenchon. « Si on se retrouve dans cette situation, c’est déjà perdu », a-t-il martelé lors de son passage à la radio publique. Selon lui, une telle configuration serait « une impasse totale » et « un piège mortifère » pour la gauche dans son ensemble. « Je ne veux pas une prophétie autoréalisatrice », a-t-il ajouté, soulignant que l’enjeu premier était d’incarner une alternative crédible au pouvoir en place.

Le député de l’Essonne, qui préside le département depuis 2015, se présente comme un représentant de la « gauche républicaine », un courant qu’il oppose explicitement à La France insoumise. Dans son dernier ouvrage, La République, c’est nous (éditions de l’Observatoire), il critique sévèrement ceux qui, selon lui, « se sont accommodés » de positions qu’il juge contraires aux valeurs de laïcité et d’universalisme républicain. « Je me suis senti seul quand il a fallu prendre cette décision courageuse », a-t-il confié, sans nommer directement Olivier Faure ou d’autres figures du PS qui, par le passé, ont pu dialoguer avec Mélenchon.

Refus des alliances avec La France insoumise et divergence stratégique

La question des rapports avec La France insoumise cristallise les tensions au sein de la gauche. Guedj, qui a refusé tout accord avec LFI lors des élections législatives de 2024, réitère aujourd’hui sa position. « J’ai refusé l’accord avec La France insoumise au moment des législatives de 2024 », a-t-il rappelé, insistant sur le fait que les électeurs devraient juger sur pièces plutôt que sur des déclarations de principe. Il critique notamment ce qu’il considère comme des « jeux de mots douteux » ou des attaques contre la laïcité, sans pour autant citer d’exemples précis.

Sur le fond, Guedj et Raphaël Glucksmann, autre candidat à la primaire, partagent des points de convergence, notamment sur les questions européennes et la défense des valeurs républicaines. Cependant, le premier insiste sur la nécessité de marquer une distance claire avec LFI, là où certains de ses concurrents, comme Philippe Brun, n’hésitent pas à envisager un vote en faveur de Mélenchon en cas de duel avec Le Pen. « Il est exclu qu’on s’enferme dans ce piège-là », a tranché Guedj, qui refuse de spéculer sur les choix des autres candidats ou des électeurs socialistes.

Une campagne axée sur les vulnérabilités sociales et la santé

Pour se différencier, Jérôme Guedj mise sur des thèmes précis, notamment la santé et l’accompagnement des personnes vulnérables. Il dénonce les inégalités d’accès aux soins, les dépassements d’honoraires et le manque de reconnaissance des métiers du lien et du soin, évoquant les « 11 millions d’aidants » en France. « Je veux être le candidat de la santé, des vulnérabilités et de ces métiers qui ont besoin de mieux-vivre », a-t-il déclaré. Son approche se veut pragmatique, avec des propositions concrètes comme une « sécurité sociale intégrale » pour garantir un accès égal aux soins.

Cette thématique s’inscrit dans une stratégie plus large visant à incarner une gauche « radicale dans la transformation sociale » mais aussi « intransigeante sur les questions républicaines ». Guedj se présente comme un élu « les mains dans le cambouis », mettant en avant son expérience locale – il a présidé le conseil départemental de l’Essonne – pour justifier sa légitimité. « Les questions des services publics, des déserts médicaux, de la transition écologique, j’ai vécu ça », a-t-il argumenté, cherchant à s’adresser à un électorat déçu par le macronisme.

Une primaire ouverte, mais des lignes rouges

Contrairement à une primaire fermée, Jérôme Guedj défend une compétition ouverte à tous ceux qui partagent ses valeurs, y compris des électeurs non encartés. « Tout le monde peut venir y participer pour trancher des débats qui traversent la gauche dans les propositions et la stratégie », a-t-il expliqué. Cependant, il trace des lignes rouges, notamment sur la laïcité et le refus de toute alliance avec LFI. « Une primaire, c’est le choix d’un style, d’un tempérament, d’une expérience, mais aussi de clarté dans la stratégie », a-t-il résumé.

Cette position le place en opposition frontale avec une partie de la direction du PS, notamment Olivier Faure, qui a annoncé sa candidature à la primaire le 30 août. Faure a critiqué « cette gauche qui parle exclusivement d’un combat avec la gauche », une formule que certains, dont Guedj, interprètent comme une allusion à ceux qui refusent de dialoguer avec LFI. Interrogé sur ce point, Guedj a botté en touche : « Je n’ai pas bien compris ce qu’il voulait dire. Dès l’instant où une primaire est organisée, je m’en félicite. »

Et maintenant ?

La primaire socialiste s’annonce donc comme un test pour la gauche, avec en toile de fond l’échéance présidentielle de 2027. Les prochaines semaines seront déterminantes pour voir si les candidats parviennent à proposer un projet fédérateur ou si les divisions l’emporteront. Une chose est sûre : l’hypothèse d’un second tour Le Pen-Mélenchon, bien que régulièrement évoquée dans les sondages, reste un scénario que la majorité des acteurs politiques refusent catégoriquement d’envisager. Les débats des prochains mois pourraient bien se cristalliser autour de cette question.

Que retenir des déclarations de Guedj ?

Pour résumer les prises de position de Jérôme Guedj, trois éléments clés se dégagent :

  • Il rejette toute idée d’alliance avec La France insoumise, qu’il juge incompatible avec ses valeurs républicaines.
  • Il présente sa candidature comme un rempart contre une « impasse électorale » qu’il qualifie de « duel mortifère » entre l’extrême droite et Mélenchon.
  • Il axe son discours sur des propositions concrètes, notamment en matière de santé et d’accompagnement des personnes vulnérables, pour se différencier de ses concurrents.

Reste à savoir si ces positions parviendront à séduire un électorat de gauche divisé entre ceux qui prônent le rassemblement et ceux, comme Guedj, qui refusent toute compromission avec LFI. La primaire, prévue dans les prochains mois, devrait apporter des éléments de réponse.

Jérôme Guedj justifie son refus par des divergences profondes sur des sujets comme la laïcité et l’universalisme républicain. Il estime que certains positionnements de La France insoumise, notamment ses « jeux de mots douteux » et ses attaques contre la laïcité, rendent toute collaboration impossible. « Je ne dirai pas de mal de mes compétiteurs, mais il faut que les gens jugent sur pièces », a-t-il déclaré.