Le milliardaire Vincent Bolloré a déposé plainte pour « association de malfaiteurs » et « entrave à l’exercice de la justice » contre des magistrats, selon Le Monde. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de sa stratégie judiciaire pour contester le renvoi de son procès pour corruption, prévu du 7 au 17 décembre 2026 au tribunal judiciaire de Paris.

Ce qu'il faut retenir

  • Vincent Bolloré a déposé plainte en mai 2026 pour « association de malfaiteurs » et « entrave à l’exercice de la justice » contre des magistrats.
  • Le procès pour corruption au Togo est prévu du 7 au 17 décembre 2026 à Paris.
  • Cette plainte vise à contester le renvoi de l’affaire devant le tribunal judiciaire de Paris.

Une plainte pour entrave à la justice dans l’affaire togolaise

Vincent Bolloré, figure emblématique du groupe Bolloré, tente par tous les moyens de reporter ou d’annuler le procès qui l’attend pour corruption dans l’affaire du Togo. Selon nos confrères du Monde, il a déposé plainte en mai 2026 contre des magistrats, les accusant d’avoir « entravé l’exercice de la justice ». L’objectif est clair : obtenir l’annulation ou au moins le report de son renvoi devant le tribunal, programmé pour décembre 2026. Cette affaire, qui remonte à plusieurs années, concerne des soupçons de corruption liés à des contrats portuaires au Togo.

La plainte déposée par Bolloré s’ajoute à une série de recours juridiques engagés depuis des mois. Le milliardaire, qui conteste farouchement les accusations portées contre lui, mise sur cette nouvelle stratégie pour ébranler la procédure en cours. Les faits reprochés concernent des soupçons de versement de pots-de-vin en 2010 en échange de marchés publics au Togo, alors que l’entreprise Bolloré était en négociation pour la gestion du port de Lomé.

Un calendrier judiciaire sous haute tension

Le procès, initialement prévu en 2024, avait déjà été plusieurs fois reporté. Aujourd’hui, il est fixé au 7 décembre 2026 au tribunal judiciaire de Paris, une échéance que Bolloré cherche à faire décaler ou annuler. Les charges retenues contre lui portent sur « corruption active », « complicité de détournement de fonds publics » et « association de malfaiteurs ». Ces accusations, si elles étaient retenues, pourraient lui valoir une peine pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende de 1 million d’euros.

L’enjeu est de taille pour Bolloré, dont l’empire médiatique et industriel reste un pilier de l’économie française. Son avocat, Me Olivier Baratelli, a indiqué à Le Monde que cette plainte s’inscrivait dans une « démarche légitime » pour défendre les droits de son client face à une procédure qu’il juge « viciée ». La défense de Bolloré s’appuie notamment sur des arguments procéduraux, invoquant des irrégularités dans la collecte des preuves ou le respect de ses droits.

Et maintenant ?

La plainte déposée par Vincent Bolloré va désormais être instruite par les autorités judiciaires compétentes. Si cette procédure aboutit à l’ouverture d’une enquête, elle pourrait retarder davantage le procès prévu en décembre 2026. En attendant, les magistrats mis en cause par Bolloré devront répondre à ses accusations, ce qui pourrait alimenter une bataille judiciaire prolongée. Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits ou si, au contraire, elle accélérera le déroulement de l’affaire initiale.

Les prochaines étapes dépendront de la recevabilité de la plainte et de l’avancée des investigations. Une audience pourrait être organisée d’ici quelques mois pour trancher sur la suite à donner à cette nouvelle procédure. Quant au procès pour corruption, il devrait rester une priorité pour la justice française, malgré les manoeuvres de la défense de Bolloré.

Cette affaire illustre une fois de plus les tensions croissantes entre les milieux économiques et la justice, où les stratégies dilatoires peuvent parfois retarder l’échéance des procès. Pour l’heure, le calendrier judiciaire reste en suspens, et les observateurs s’interrogent sur la capacité de Bolloré à faire obstacle à la procédure en cours.

Vincent Bolloré est poursuivi pour « corruption active », « complicité de détournement de fonds publics » et « association de malfaiteurs ». Ces faits sont liés à des soupçons de versements de pots-de-vin en 2010 en échange de marchés publics au Togo.