Un non-lieu a été prononcé fin juillet dans l’enquête sur la mort de Stéphane Kameugne, étudiant de 24 ans retrouvé sans vie dans un canal de Châlons-en-Champagne en décembre 2008, a annoncé ce lundi 31 août le procureur de Reims et la cour d’appel. La famille du jeune homme, qui conteste cette décision, a immédiatement interjeté appel, selon BFM - Faits Divers.

L’ordonnance de non-lieu, rendue le 30 juillet conformément aux réquisitions du parquet, conclut que « toutes les hypothèses, criminelles ou non, ont été explorées » sans qu’aucun élément ne permette d’établir un homicide volontaire. « Rien de l’enquête ne permet de confirmer que la victime a été tuée volontairement par un tiers », a déclaré François Schneider, procureur de la République de Reims, cité par BFM - Faits Divers. Il a ajouté que les « témoignages indirects » évoquant un possible meurtre se sont révélés « soit erronés, soit impossibles à confirmer ».

Ce qu'il faut retenir

  • Un non-lieu a été prononcé fin juillet 2026 dans l’enquête sur la mort de Stéphane Kameugne, étudiant de 24 ans retrouvé mort en décembre 2008 à Châlons-en-Champagne.
  • Le procureur de Reims indique que « rien ne permet de confirmer un homicide volontaire », privilégiant pour l’instant l’hypothèse d’un accident.
  • La famille du jeune homme a fait appel de cette décision, déposé le 5 août 2026, avec une audience prévue le 12 novembre 2026.
  • L’étudiant avait disparu dans la nuit du 6 au 7 décembre 2008, après le gala de son école, avant d’être repêché 17 jours plus tard dans un canal.
  • La famille a également assigné l’État en 2025 devant le tribunal judiciaire de Paris pour tenter de relancer l’enquête.

Une enquête marquée par des zones d’ombre persistantes

Stéphane Kameugne, alors étudiant à l’École nationale supérieure d’arts et métiers (Ensam) de Châlons-en-Champagne, avait disparu dans la nuit du 6 au 7 décembre 2008, après avoir participé au gala annuel de son établissement. Son corps avait été retrouvé 17 jours plus tard dans un canal à proximité, déclenchant une enquête judiciaire pour homicide involontaire, selon BFM - Faits Divers.

Les premières analyses médico-légales avaient donné des conclusions contradictoires, laissant planer le doute sur les circonstances exactes de sa mort. Plusieurs scénarios ont été envisagés au fil des années : une chute accidentelle depuis un pont, une collision avec un véhicule, ou encore une agression. Malgré ces pistes, aucune preuve tangible n’a permis de trancher définitivement en faveur de l’une ou l’autre hypothèse, justifiant ainsi la décision de non-lieu.

Une famille en quête de vérité face à une procédure judiciaire chaotique

L’annonce du non-lieu a été accueillie comme un « coup de poignard supplémentaire » par la famille de Stéphane Kameugne, selon les mots de son avocat, Me Didier Seban. Ce dernier dénonce une procédure qu’il juge incomplète et marquée par des dysfonctionnements : « On a vraiment l’impression qu’à Reims, on ne veut pas élucider ce dossier », a-t-il déclaré. Il souligne notamment la « perte de scellés » et le fait que « neuf juges d’instruction se sont succédés dans ce dossier sans réellement le prendre en main ».

Pour la famille, cette décision représente une nouvelle déception après près de deux décennies d’attente. Me Seban a insisté sur la nécessité de ne « pas abandonner cette famille à sa douleur et au silence judiciaire », appelant à une mobilisation continue pour obtenir des réponses. L’audience en appel, prévue le 12 novembre 2026, sera l’occasion pour la famille de faire valoir ses arguments et de tenter de faire rouvrir l’enquête.

Un parcours judiciaire semé d’embûches depuis 2008

Le cas de Stéphane Kameugne illustre les difficultés rencontrées dans certaines enquêtes complexes, où les preuves matérielles font défaut et où les témoignages s’avèrent peu fiables ou contradictoires. Dès les premiers jours suivant sa disparition, les enquêteurs avaient exploré plusieurs pistes, allant de l’accident à l’homicide, sans parvenir à établir une version définitive des faits.

En 2025, les parents de la victime avaient franchi une nouvelle étape en assignant l’État devant le tribunal judiciaire de Paris. Leur objectif : obtenir une relance de l’enquête et, éventuellement, des réponses sur les circonstances de la mort de leur fils. Cette démarche s’inscrivait dans une volonté de contourner les blocages perçus dans le traitement judiciaire du dossier à Reims. À ce stade, aucune information n’a été communiquée sur l’avancement de cette procédure parallèle.

Et maintenant ?

L’audience en appel, prévue le 12 novembre 2026 devant la cour d’appel de Reims, devrait être l’étape décisive pour statuer sur la recevabilité des arguments avancés par la famille. Si la décision de non-lieu est confirmée, cela signifierait la clôture définitive de l’enquête judiciaire dans cette affaire. À l’inverse, un renvoi en instruction ou un nouveau procès pourrait être ordonné, ouvrant la voie à de nouvelles investigations. La famille, déterminée à obtenir vérité et justice, a d’ores et déjà annoncé qu’elle se présenterait « avec combativité » à cette audience.

En parallèle, le dossier engagé devant le tribunal judiciaire de Paris en 2025 pourrait, selon les avancées, apporter un éclairage complémentaire ou relancer des investigations locales. Reste à voir si ces démarches parallèles permettront de lever les zones d’ombre persistantes autour de cette affaire.

La prochaine étape est l’audience en appel prévue le 12 novembre 2026 devant la cour d’appel de Reims. La famille a fait appel de la décision de non-lieu prononcée fin juillet 2026 et espère obtenir une réouverture de l’enquête ou, à défaut, des réponses plus précises sur les circonstances du décès de Stéphane Kameugne.

La famille estime que l’enquête n’a pas été menée de manière exhaustive, évoquant notamment des « témoignages indirects » non confirmés et des dysfonctionnements comme la « perte de scellés » ou le changement fréquent de juges d’instruction. Elle considère que les hypothèses criminelles n’ont pas été suffisamment explorées, justifiant ainsi son appel.