La Collectivité territoriale de Martinique (CTM) a franchi une nouvelle étape dans sa quête d'un hymne officiel, en adoptant jeudi 21 mai 2026 une délibération visant à organiser une consultation citoyenne. Cette initiative s'inscrit dans une démarche de préservation de l'identité culturelle martiniquaise, alors que les deux précédentes tentatives, menées en 2023 et 2024, avaient été invalidées par la justice pour des vices de forme. Selon Franceinfo - Culture, cette décision a été prise à l'unanimité par les conseillers territoriaux lors d'une séance plénière, marquant ainsi la volonté des élus de poursuivre ce projet malgré les obstacles juridiques rencontrés.

Ce qu'il faut retenir

  • La CTM a adopté le 21 mai 2026 une délibération pour lancer une consultation populaire en vue de choisir un hymne officiel pour la Martinique.
  • Cette démarche intervient après l'annulation en 2024 par le tribunal administratif de Fort-de-France de la désignation d'un premier hymne, « Ansanm » (« Ensemble » en créole), pour vice de procédure.
  • La justice avait également rejeté en 2021 une précédente tentative d'adoption d'un hymne et d'un drapeau, jugée elle aussi irrégulière.
  • Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM, a rappelé que la recherche d'un hymne n'était « pas un geste de rupture » avec la France, mais un « acte de dignité » et de préservation de l'identité martiniquaise.
  • En parallèle, le drapeau martiniquais, adopté en 2023, est déjà largement utilisé lors d'événements sportifs et culturels, symbolisant la visibilité croissante de l'île sur la scène internationale.

Une démarche relancée après deux invalidations judiciaires

L'Assemblée territoriale de Martinique a acté, lors de sa séance plénière du 21 mai 2026, le principe de lancer une nouvelle consultation citoyenne pour désigner un hymne officiel. Cette délibération, adoptée à l'unanimité, s'accompagne de la création d'une commission ad hoc chargée de définir la méthodologie de cette consultation. Comme l'indique le communiqué de la CTM, cette initiative s'inscrit dans une politique de développement culturel et de préservation de l'identité martiniquaise, précise-t-elle dans le préambule du texte. Cette nouvelle tentative intervient deux ans après l'annulation partielle, en mai 2024, d'une délibération de 2023 qui officialisait à la fois un hymne et un drapeau pour l'île.

Le tribunal administratif de Fort-de-France avait alors invalidé, pour vice de forme, les articles officialisant l'œuvre musicale intitulée « Ansanm » – « Ensemble » en créole. Cependant, la justice n'avait pas remis en cause l'adoption parallèle d'un drapeau aux couleurs panafricaines, conçu dans les années 1960 par des militants indépendantistes. Ce drapeau, officiellement adopté par les élus de l'Assemblée de Martinique en 2023, est désormais largement visible lors des manifestations sportives et culturelles où la Martinique est représentée, souligne Serge Letchimy.

Un drapeau déjà en usage et une identité en construction

Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM, a tenu à rappeler lors d'une conférence de presse que le drapeau martiniquais flotte désormais « dans toutes les manifestations sportives et culturelles où l'île est représentée ». Il a notamment évoqué avec fierté la présence des couleurs martiniquaises aux côtés des drapeaux des pays et territoires des Amériques lors du concert du chanteur portoricain Bad Bunny, donné le 8 février 2026 à Santa Clara, aux États-Unis. « Au Super Bowl, nous avions notre drapeau », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la reconnaissance progressive de l'identité martiniquaise sur la scène internationale.

Cette visibilité accrue s'inscrit dans un mouvement plus large de réappropriation des symboles culturels. Le drapeau en question, créé dans les années 1960 par des militants anticoloniaux, avait été officiellement adopté par les élus de l'Assemblée de Martinique en 2023. Il est désormais hissé lors des événements officiels et sportifs, marquant une étape symbolique dans la construction d'une identité martiniquaise distincte, tout en restant dans le cadre institutionnel français.

Un hymne comme acte de dignité, et non de rupture

Pour Serge Letchimy, la recherche d'un hymne officiel n'est en rien un acte de défiance envers la France. « Ce n'est pas un geste de rupture, mais un acte de dignité », a-t-il insisté lors de sa conférence de presse. Cette position reflète une volonté de concilier préservation de l'identité locale et appartenance à la République française. En 2021 déjà, la justice avait annulé l'adoption d'un hymne et d'un drapeau jugée irrégulière, après un processus consultatif défectueux. Depuis plusieurs années, la Martinique cherchait à remplacer son étendard aux quatre serpents, hérité de la période coloniale et associé à la traite négrière.

Cette quête d'un symbole musical s'inscrit donc dans une dynamique plus large de réaffirmation culturelle. L'hymne « Ansanm », qui avait été choisi en 2023 avant d'être invalidé, était le fruit d'une consultation citoyenne. Son titre, « Ensemble », reflétait l'aspiration à une unité collective autour d'un projet commun. La nouvelle procédure, en cours de finalisation, devra cette fois-ci respecter strictement les règles juridiques pour éviter un nouveau rejet par les tribunaux.

Et maintenant ?

La commission ad hoc mise en place par la CTM aura pour mission de définir les modalités précises de la consultation citoyenne. Celle-ci devrait se dérouler dans les prochains mois, une fois les critères de sélection et les règles de participation établis. Les élus espèrent ainsi aboutir à une désignation définitive d'un hymne officiel d'ici la fin de l'année 2026. Reste à voir si cette troisième tentative parviendra à surmonter les obstacles juridiques qui ont bloqué les deux précédentes. En attendant, le drapeau martiniquais continue de s'imposer comme un symbole fort, tant sur le territoire qu'à l'international.

Cette initiative soulève également des questions plus larges sur la manière dont une collectivité d'outre-mer peut concilier affirmation identitaire et intégration républicaine. Pour la Martinique, la quête d'un hymne officiel illustre une volonté de reconnaissance culturelle, tout en s'inscrivant dans un cadre institutionnel stable. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si cette démarche aboutira enfin à un résultat concret et accepté par tous.

La Collectivité territoriale de Martinique souhaite préserver et affirmer son identité culturelle, tout en conciliant cela avec son appartenance à la République française. La désignation d'un hymne est perçue comme un « acte de dignité » et non comme un geste de rupture, selon Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM. Ce projet s'inscrit dans une politique plus large de développement culturel et de visibilité internationale.

En 2023, l'Assemblée de Martinique avait officiellement adopté un hymne intitulé « Ansanm » (« Ensemble » en créole) et un drapeau aux couleurs panafricaines. Ces deux symboles avaient été invalidés par la justice en 2024 pour vice de forme concernant la procédure de désignation de l'hymne. En 2021, une précédente tentative avait également été annulée pour des irrégularités dans le processus consultatif.