Jean-Claude Bourrelier, figure historique du secteur de la distribution et ancien dirigeant de Bricorama, a vivement critiqué, ce vendredi 12 juin 2026 sur RMC, le niveau des prélèvements obligatoires en France. Selon Capital, il s’est insurgé contre un système fiscal qu’il juge désormais « déséquilibré », tant pour les salariés que pour les entreprises.

Ce qu'il faut retenir

  • Jean-Claude Bourrelier, ex-patron de Bricorama, dénonce le niveau des prélèvements obligatoires en France, estimant qu’ils représentent « plus de 50 % du revenu du travail » aujourd’hui contre « environ 20 % dans les années 1960 ».
  • Il souligne qu’un employeur comme lui devrait verser 3 200 euros nets à un salarié, mais ne peut lui proposer que 2 000 euros après prélèvements, évoquant un écart « trop considérable ».
  • Bourrelier cible notamment la CSG, les cotisations chômage, la taxe d’apprentissage et les dispositifs comme ceux des intermittents du spectacle, qu’il juge abusifs.
  • Il attribue la responsabilité du chômage non aux salariés, mais aux consommateurs et aux politiques, selon ses propos rapportés par Capital.
  • L’homme d’affaires annonce vouloir désormais « rugir fort » pour défendre les intérêts des entreprises et des salariés face à ce qu’il considère comme un système fiscal oppressif.

Un système fiscal en constante augmentation depuis des décennies

Jean-Claude Bourrelier, qui a dirigé Bricorama avant de prendre la tête du groupe familial Bourrelier, s’appuie sur une comparaison historique pour illustrer l’évolution des prélèvements obligatoires. D’après ses déclarations, ces derniers ne représentaient qu’environ 20 % du revenu du travail au début de sa carrière, dans les années 1960. Aujourd’hui, il estime que la part prélevée a plus que doublé, dépassant les 50 %.

Cette hausse, selon lui, se répercute directement sur les rémunérations. Il illustre son propos par un exemple concret : un employeur souhaitant verser 3 200 euros nets à un salarié ne peut, après déductions, lui proposer que 2 000 euros. « Je devrais verser 3 200 euros à mes salariés, je leur verse à peine 2 000 euros par mois », a-t-il expliqué à l’antenne de RMC, selon Capital.

Des critiques ciblées envers plusieurs dispositifs fiscaux

L’ancien patron ne se contente pas de pointer la hausse globale des prélèvements. Il s’en prend à des mécanismes spécifiques qu’il juge injustes ou inefficaces. Parmi eux, la CSG, initialement présentée comme une contribution temporaire, mais qui, selon lui, « est toujours en place » après plusieurs décennies. Il questionne également la légitimité de faire financer la politique familiale ou les cotisations chômage par les salariés, alors que ceux-ci ne seraient pas responsables du chômage.

Bourrelier évoque aussi la taxe d’apprentissage, ainsi que des contributions liées à certains statuts professionnels, comme celui des intermittents du spectacle. Pour lui, ces dispositifs s’ajoutent les uns aux autres sans véritable cohérence, alourdissant encore le fardeau fiscal des entreprises et des travailleurs.

« On a empilé un tas de prélèvements. […] On fait payer aux salariés la politique familiale, est-ce que c’est normal ? On fait payer les cotisations chômage très élevées, est-ce que c’est normal ? Les responsables du chômage, ce sont les consommateurs, ce sont les politiques. »
Jean-Claude Bourrelier, ancien patron de Bricorama, selon Capital

Un plaidoyer pour une refonte du système fiscal

Lors de son intervention sur RMC, Jean-Claude Bourrelier a annoncé vouloir désormais « rugir fort » face à ce qu’il considère comme un système fiscal déséquilibré. Bien qu’il se présente comme un défenseur des salariés – qu’il place « au cœur de l’entreprise » –, il estime ne pas avoir suffisamment milité en leur faveur au cours de sa carrière. Pour lui, il est temps de réformer un système qu’il juge devenu trop lourd, tant pour les employeurs que pour les employés.

Ses critiques rejoignent celles d’autres dirigeants d’entreprise, qui dénoncent régulièrement la fiscalité française comme un frein à la compétitivité et à l’attractivité économique du pays. Plusieurs secteurs, comme l’aéronautique ou la grande distribution, ont récemment tiré la sonnette d’alarme sur l’impact des prélèvements obligatoires sur leurs marges et leur capacité à recruter.

Un débat qui s’inscrit dans un contexte économique tendu

Les propos de Jean-Claude Bourrelier interviennent alors que la question des prélèvements obligatoires reste un sujet récurrent dans le débat public. Le gouvernement français, confronté à des contraintes budgétaires fortes et à une dette publique élevée, cherche à concilier réduction des dépenses et maintien des recettes fiscales. Plusieurs réformes ont été mises en place ces dernières années, comme la suppression de la taxe d’habitation ou la baisse de l’impôt sur les sociétés, mais les critiques sur le poids global de la fiscalité persistent.

Dans ce contexte, les déclarations de l’ancien patron de Bricorama s’inscrivent dans une dynamique plus large de contestation de la part des entreprises et des organisations patronales. Ces dernières dénoncent souvent un niveau de prélèvements jugés parmi les plus élevés d’Europe, susceptible de freiner l’investissement et l’emploi.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir s’intensifier le débat sur la fiscalité, alors que le gouvernement prépare le projet de loi de finances pour 2027. Plusieurs pistes sont évoquées, comme une éventuelle baisse des cotisations patronales ou une refonte des dispositifs ciblés par Jean-Claude Bourrelier. Reste à voir si ces mesures suffiront à apaiser les critiques des milieux économiques, alors que le pays reste confronté à un taux de chômage structurellement élevé et à une croissance atone.

Jean-Claude Bourrelier, pour sa part, ne compte pas en rester là. Il a indiqué vouloir porter sa voix plus largement, probablement à travers des tribunes ou des interventions publiques, pour défendre une réforme en profondeur du système fiscal français.

Cette prise de position s’ajoute à celles d’autres figures du patronat, comme Patrick Pouyanné (TotalEnergies) ou Philippe d’Ornano (Sisley), qui ont récemment critiqué certaines mesures fiscales, comme la taxe Zucman ou les surtaxes ciblant les hauts revenus. Autant dire que la pression sur le gouvernement devrait rester forte dans les mois à venir.