Selon BFM Bourse, le groupe suisse Richemont, maison-mère des marques Cartier et Van Cleef & Arpels, a enregistré une croissance trimestrielle marquée par des performances contrastées selon les régions. Pour le trimestre clos fin mars 2026, le groupe a dégagé un chiffre d'affaires de 5,4 milliards d'euros, en progression de 13 % hors effets de change, malgré l'impact négatif du conflit au Moyen-Orient.
Ce qu'il faut retenir
- Croissance de 13 % du chiffre d'affaires hors effets de change pour Richemont au premier trimestre 2026, malgré les tensions géopolitiques.
- Hausse de 16 % pour la division joaillerie, qui représente près de 80 % du chiffre d'affaires du groupe.
- L'Asie-Pacifique (+14 %) et le Japon (+28 %) ont tiré la croissance, tandis que le Moyen-Orient Afrique (-3 %) et l'Europe (+5 %) ont été affectés.
- L'action Richemont a reculé de 1,3 % en séance après une ouverture en hausse de plus de 4 %.
- Marges sous pression en raison des effets de change, avec un résultat opérationnel inférieur de 3 % aux attentes.
Un trimestre contrasté pour le secteur du luxe
La publication des résultats trimestriels du secteur du luxe a été marquée par une série de déceptions notoires. Selon BFM Bourse, LVMH a affiché une activité inférieure aux attentes dans la mode et la maroquinerie, tandis qu'Hermès a enregistré une croissance globalement décevante. Kering, quant à lui, a manqué ses objectifs chez Gucci, sa marque phare. Ces contre-performances s'inscrivent dans un contexte géopolitique tendu, notamment en raison du conflit au Moyen-Orient, qui a pesé sur l'activité et les cours de Bourse du secteur.
Le groupe LVMH avait estimé l'impact du conflit sur sa croissance à 1 point de pourcentage pour le trimestre, tandis qu'Hermès évoquait une baisse de 1,5 point. Les tensions régionales ont non seulement réduit les ventes locales, mais aussi freiné les dépenses des touristes du Golfe en Europe, un marché clé pour le luxe. Environ 30 % des achats de produits de luxe sont en effet réalisés à l'étranger, rappelle BFM Bourse.
Richemont résiste grâce aux Amériques et à la joaillerie
Richemont a publié ses résultats en dernier parmi les grands noms du secteur, clôturant ainsi une saison des publications marquée par la volatilité. Le groupe helvétique a vu son chiffre d'affaires progresser de 13 % hors effets de change pour atteindre 5,4 milliards d'euros sur trois mois. La division joaillerie, qui représente près de 80 % du chiffre d'affaires, a enregistré une hausse de 16 %, tandis que l'horlogerie a progressé de 2 %. « Richemont clôt une saison de publication des résultats dans le secteur du luxe marquée par la volatilité et globalement morose, avec des résultats de vente exceptionnels au quatrième trimestre 2026 », souligne Bernstein dans une note.
Les performances varient fortement selon les zones géographiques. La région « Amériques » a affiché la plus forte croissance avec +18 % hors effets de change, suivie du Japon (+28 %) et de l'Asie-Pacifique (+14 %). À l'inverse, le Moyen-Orient Afrique a subi une baisse de 3 % en raison de la guerre en Iran, tandis que l'Europe n'a progressé que de 5 %, pénalisée par la baisse des dépenses des touristes du Golfe.
Des marges sous pression et une réaction mitigée des investisseurs
Malgré cette croissance solide, les marges de Richemont restent sous pression en raison des effets de change. Selon Citi, le résultat opérationnel du groupe au second semestre a été inférieur de 3 % aux attentes des analystes. « Les effets de changes obscurcissent la dernière ligne droite », écrit la banque américaine. UBS a de son côté relevé que la marge de la division joaillerie a été « un peu plus faible » que prévu, ce qui pourrait attirer l'attention des investisseurs baissiers (« bears »).
La réaction des marchés a été contrastée. Après une ouverture en hausse de plus de 4 % ce vendredi 22 mai 2026, l'action Richemont a finalement perdu 1,3 % en séance, reflétant les inquiétudes des investisseurs quant à l'impact des changes sur la rentabilité future. Les analystes restent cependant globalement positifs sur la santé financière du groupe. Citi souligne sa « taille accrue, un portefeuille de produits et une répartition géographique plus équilibrés, une plus grande agilité de la chaîne d'approvisionnement et des délais de production plus courts, un contrôle plus strict de la distribution, des stocks de gros mieux gérés, un bilan plus solide, ainsi qu'une équipe de direction et une gouvernance renforcées ». La banque a réitéré son conseil à l'achat sur l'action.
Alors que le secteur du luxe reste sous tension, Richemont pourrait tirer parti de sa diversification géographique et de la résilience de ses marques phares comme Cartier. Reste à voir si la tendance actuelle se confirmera dans les mois à venir, alors que les incertitudes économiques et politiques persistent.
Les effets de change impactent Richemont en raison de son exposition internationale. Le groupe réalise une partie significative de ses ventes et de ses coûts dans des devises différentes de l'euro, sa monnaie de référence. Lorsque l'euro s'apprécie face à ces devises (comme le dollar ou le yuan), les revenus convertis en euros diminuent mécaniquement, ce qui réduit les marges. C'est particulièrement vrai pour les ventes en Asie ou aux États-Unis, où la conversion en euros pénalise les résultats financiers.
Les prochaines publications majeures dans le secteur du luxe concernent notamment LVMH et Hermès, dont les résultats annuels sont traditionnellement publiés en avril. Kering, quant à lui, devrait dévoiler ses chiffres semestriels à l'automne 2026. Ces annonces permettront d'évaluer si la tendance actuelle de ralentissement persiste ou si le secteur retrouve de l'élan.