Selon Euronews FR, le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a réaffirmé ce 22 mai 2026 que l’Union européenne ne reviendrait pas sur ses sanctions contre le pétrole et le gaz russes, malgré la prolongation de la crise énergétique liée aux tensions au Moyen-Orient. Dans un entretien exclusif accordé à l’émission Europe Today, il a mis en garde contre toute tentation d’allègement des mesures, estimant que Moscou profite de la situation pour engranger des profits exceptionnels.
Ce qu'il faut retenir
- Renforcement des sanctions : L’UE maintient sa position ferme, excluant tout assouplissement malgré la hausse des prix de l’énergie.
- Profit russe : Moscou tire avantage de la crise au Moyen-Orient et de l’inflation énergétique pour accumuler des recettes exceptionnelles.
- Licences britanniques controversées : Londres a autorisé des importations de produits pétroliers russes, suscitant des critiques de Kiev et des alliés européens.
- Dilemme italien : La Première ministre Giorgia Meloni demande à l’UE d’assouplir les règles budgétaires pour faire face à la hausse des coûts énergétiques.
- Interdiction prévue : Les législateurs européens poussent pour une fin définitive des importations de gaz russe d’ici 2027.
Une ligne dure maintenue malgré les tensions énergétiques
Dans ses déclarations à Euronews FR, Valdis Dombrovskis a écarté toute possibilité de relâchement des sanctions visant les hydrocarbures russes. « Nous devons renforcer les sanctions contre la Russie, et non les assouplir », a-t-il affirmé, soulignant que Moscou « tire profit de ce conflit au Moyen-Orient et de la hausse des prix de l’énergie ». Pour lui, toute flexibilité reviendrait à faciliter la tâche du Kremlin, alors que celui-ci utilise les livraisons d’énergie comme un levier de pression, comme ce fut le cas lors de la crise de 2022. « Nous avons payé un prix économique lourd pour notre dépendance à la Russie », a-t-il rappelé, excluant tout retour en arrière.
Le Royaume-Uni dans le viseur des critiques européennes
La position intransigeante de l’UE contraste avec une décision récente du gouvernement britannique. Mardi 20 mai, Londres a publié une licence sans échéance autorisant l’importation de diesel et de kérosène fabriqués à partir de pétrole brut russe, notamment vers la Turquie et l’Inde. Une seconde licence, valable jusqu’en janvier 2027, permet également des contrats de services avec les projets russes Sakhaline-2 et Yamal GNL. Une annonce qui a surpris l’Ukraine et ses alliés, alors que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, reste un soutien affiché de Kiev. Le 10 Downing Street a justifié cette mesure par un « défaut de communication », minimisant l’incident.
L’économie européenne sous pression
La guerre en Iran et les tensions persistantes au Moyen-Orient ont aggravé la crise énergétique en Europe, qualifiée par Valdis Dombrovskis de « deuxième plus grave des cinq dernières années », après celle consécutive à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Malgré les craintes de coupures de courant, le commissaire européen a assuré qu’aucun risque de black-out généralisé ne pesait sur le continent. Il a confirmé que les législateurs européens travaillaient à une interdiction formelle de tous les flux restants de gaz russe d’ici 2027, et à une fin anticipée des importations de pétrole.
Rome réclame une réponse d’urgence énergétique
Face à la flambée des prix de l’énergie, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour demander un traitement de la crise énergétique comme une « urgence de défense ». Dans ce courrier consulté par Euronews FR, elle estime que l’UE devrait faire preuve du même « courage politique » en matière d’énergie qu’en matière de défense. « Si la sécurité énergétique est une priorité stratégique européenne », a-t-elle écrit, « alors nous devons avoir le courage de reconnaître son importance ».
Valdis Dombrovskis a indiqué que l’UE étudiait des « options de politique économique » pour soutenir l’Italie, tout en précisant que ce soutien devrait être « temporaire et ciblé ». « Nous sommes à l’écoute des préoccupations des États membres », a-t-il déclaré, sans préciser de mesures concrètes. Cette position reflète les tensions persistantes entre les capitales européennes sur la gestion de la crise énergétique.
Cette rigidité affichée par l’UE laisse peu de place à un revirement, alors que la Russie continue de bénéficier de la hausse des prix de l’énergie. Autant dire que les ménages et les industries européennes devront composer avec des factures toujours élevées, en attendant une transition énergétique plus avancée.
Selon Valdis Dombrovskis, l’UE craint que Moscou n’utilise à nouveau ses livraisons d’énergie comme un outil de chantage, comme ce fut le cas en 2022. Pour Bruxelles, assouplir les sanctions reviendrait à financer indirectement la guerre en Ukraine et à renforcer la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.