Selon BFM Bourse, les prochains résultats semestriels de Schneider Electric, attendus pour le 30 juillet, suscitent un vif intérêt de la part des analystes. Plusieurs établissements financiers ont récemment publié des notes préliminaires très positives, anticipant notamment un relèvement des objectifs de croissance pour l’exercice 2026. Cette publication intervient alors que le groupe, deuxième pondération du CAC 40 derrière TotalEnergies, joue un rôle clé dans la performance de l’indice parisien.
Ce qu'il faut retenir
- Résultats semestriels de Schneider Electric prévus pour le 30 juillet 2026.
- Croissance en données comparables attendue entre 10% et 12% au deuxième trimestre, selon les analystes.
- Relèvement probable des objectifs de croissance annuels, passant de 7-10% à 8-11%.
- Marges opérationnelles en hausse attendue de 0,5 à 0,8 point.
- Opportunités en Chine dans les centres de données, avec un investissement de 300 milliards de dollars annoncé.
Un enjeu majeur pour le CAC 40
Avec une pondération de 7,57% dans le CAC 40, Schneider Electric dépasse même TotalEnergies (9,52%) en termes d’impact sur l’indice, si l’on exclut les autres valeurs. Autant dire que chaque mouvement de son action a un effet démultiplié. Si son titre progresse de 5%, cela peut faire gagner 0,39% au CAC 40, toutes choses égales par ailleurs. Cette sensibilité explique pourquoi les investisseurs scrutent chaque indication donnée par la direction.
La société, spécialiste des équipements électriques et de l’efficacité énergétique, est particulièrement exposée aux tendances porteuses comme l’intelligence artificielle. Ses solutions pour les centres de données des « hyperscalers » (Amazon, Microsoft, Google, etc.) profitent directement de la demande croissante en infrastructures numériques. Un secteur en pleine expansion qui soutient la croissance du groupe.
Un premier trimestre décevant, mais des signaux encourageants pour le second semestre
Le premier trimestre 2026 avait marqué un ralentissement avec une croissance de 7,4% en données comparables, contre une attente de 8,9%. Cette contre-performance s’expliquait principalement par la faiblesse du marché immobilier résidentiel en Europe de l’Ouest. Pourtant, les analystes soulignent que cette période difficile semble désormais derrière Schneider Electric.
Selon Citi, la direction a tenu une réunion avec les investisseurs la semaine dernière, transmettant un message jugé « encourageant » sur l’évolution des marges. L’impact des hausses de prix décidées en janvier devrait enfin se matérialiser dans les comptes du deuxième trimestre. Une visibilité que salue également UBS, qui note une « confirmation encourageante » de la reprise en Chine, notamment dans l’automatisation discrète, ainsi qu’une amélioration des commandes dans les industries de procédés continus.
Des objectifs revus à la hausse : un « beat and raise » attendu
Plusieurs banques anticipent que Schneider Electric ne se contentera pas de confirmer les attentes, mais les dépassera tout en rehaussant ses cibles. Barclays évoque même un scénario de « beat and raise », où la société réaliserait un bon résultat tout en augmentant ses prévisions. La banque britannique table ainsi sur une croissance de 12% au deuxième trimestre, contre 10% pour le consensus, grâce notamment à une dynamique solide dans les pays émergents.
Deutsche Bank, de son côté, anticipe un relèvement de la fourchette de croissance annuelle, passant de 7-10% à 8-11%. L’établissement allemand s’attend également à une cible de marge opérationnelle ajustée en hausse de 0,5 à 0,8 point.
« Ne vous y trompez, cela sera un grand moment pour Schneider. »
Barclays sur la publication des résultats semestriels
La Chine, un relais de croissance sous-estimé
Les analystes s’accordent à dire que Schneider Electric est particulièrement bien positionné pour profiter de la vague d’investissements chinois dans les centres de données. Bloomberg rapportait le 9 juin que Pékin prévoit d’y consacrer 2 000 milliards de yuans (soit environ 300 milliards de dollars) d’ici cinq ans. Le groupe, déjà présent à hauteur de 13% de son chiffre d’affaires en Chine et en Asie de l’Est, dispose d’un avantage compétitif avec sa chaîne d’approvisionnement locale et son expertise dans ce domaine.
Barclays souligne que le marché sous-estime encore l’ampleur de cette opportunité. « Nous jugeons que Schneider Electric est le mieux placé pour tirer parti de cette dynamique », estime la banque, qui voit dans ce secteur un levier majeur pour la croissance future du groupe.
Une confiance à rétablir après des années difficiles
Les analystes rappellent que les deux dernières années ont été marquées par des difficultés opérationnelles, comme une stratégie de tarification peu claire et un manque de levier opérationnel. Le groupe a également connu un remaniement important de sa direction, avec le départ du directeur général et du directeur financier. Certains choix d’allocation de capital, comme l’acquisition du solde d’une coentreprise en Inde, ont aussi suscité des interrogations.
Pourtant, Barclays estime que « le cap a désormais été franchi ». La banque s’attend à ce que le premier semestre montre une amélioration des marges, permettant à Schneider Electric de retrouver une position de leader dans le secteur. « Nous pensons que les mesures prises en matière de coûts ouvriront la voie à un meilleur effet de levier opérationnel », précise l’établissement.
Cette publication intervient dans un contexte où les investisseurs doivent arbitrer entre plusieurs thèmes porteurs, comme l’électrification ou les infrastructures liées à l’IA. Dans ce paysage concurrentiel, Schneider Electric devra démontrer qu’elle se distingue par des fondamentaux solides et une exécution rigoureuse. La capacité du groupe à concrétiser ses ambitions dépendra largement de sa capacité à transformer les opportunités identifiées en résultats tangibles.
Les résultats du premier semestre 2026 sont cruciaux car ils pourraient marquer un tournant pour Schneider Electric. Après un premier trimestre décevant en Europe de l’Ouest et une croissance en dessous des attentes, le groupe doit rassurer sur sa capacité à redresser la barre. Les analystes anticipent un relèvement des objectifs de croissance pour 2026 et une amélioration des marges, ce qui pourrait entraîner une revalorisation du titre. De plus, Schneider Electric, deuxième pondération du CAC 40, a un impact direct sur la performance de l’indice parisien.
Deux secteurs principaux soutiennent la croissance du groupe : les centres de données et les services publics. Schneider Electric bénéficie de la demande croissante en infrastructures numériques, notamment via ses solutions d’efficacité énergétique (onduleurs, logiciels, systèmes de refroidissement) destinées aux « hyperscalers » comme Amazon ou Microsoft. En Chine, où le marché des centres de données est en plein essor avec des investissements publics massifs, le groupe est particulièrement bien positionné grâce à sa chaîne d’approvisionnement locale et son expertise.