La police sicilienne a saisi deux poulains et identifié deux suspects impliqués dans une course de chevaux illégale, filmée avec des hommes armés tirant en l’air, a annoncé mardi 12 mai 2026 la police de Catane, selon RMC Sport. Les images, diffusées sur les réseaux sociaux depuis le vendredi 8 mai, montrent une scène particulièrement choquante : des dizaines de scooters encerclant des jockeys whipant leurs chevaux pour les faire avancer plus vite sur des chemins ruraux de Palagonia, une commune située au sud-ouest de Catane.
Ce qu'il faut retenir
- Deux hommes, âgés de 40 et 45 ans, originaires de Catane, ont été déférés devant le parquet de Caltagirone pour suspicion de participation à une course de chevaux non autorisée
- Deux poulains, non enregistrés, ont été saisis et confiés à une entreprise spécialisée pour éviter qu’ils ne soient réutilisés ou abattus
- Les vidéos montrent des hommes circulant à scooter, armés de pistolets et d’une kalachnikov, tirant en l’air pendant la course
- Les chevaux étaient attelés à des charrettes à deux roues, whipés par leurs jockeys sur une route de campagne
- Un militant des droits des animaux dénonce l’audace des organisateurs, estimant que « l’État n’existe pas » dans cette région
Les autorités ont précisé que la course s’est déroulée « sur les chemins ruraux de la campagne de Palagonia », loin des regards officiels. Sur les vidéos, on distingue clairement des individus armés, dont l’un utilisant une kalachnikov, tirant en l’air pour « encourager » les participants. Les enregistrements audio captés par les médias locaux révèlent également des klaxons et des cris de la foule présente sur place, qui assistait au spectacle. « Ce n’est pas une course clandestine : ces individus sont tellement sûrs de rester impunis qu’ils le font en plein jour, avec une foule de gens au bord de la route qui regardent et assistent à ce spectacle », a dénoncé Enrico Rizzi, militant pour la défense des animaux, à la Rai.
« Pour bien faire comprendre : c’est nous qui commandons ici. L’État n’existe pas. »
— Enrico Rizzi, militant pour la défense des animaux, interviewé par la Rai
Les deux chevaux, des poulains non enregistrés, ont été retrouvés dans des écuries illégales situées dans le même quartier de Catane. Les propriétaires de ces installations ont été condamnés à une amende administrative. Les animaux, en bonne santé, ont été confiés à une entreprise spécialisée pour éviter qu’ils ne soient réutilisés dans des courses clandestines ou, pire, abattus. Les deux hommes arrêtés, dont on ignore encore s’ils étaient les jockeys ou les organisateurs, ont été déférés devant le parquet de Caltagirone sans être placés en détention provisoire, selon les informations de la police.
Cette affaire illustre une fois de plus les tensions persistantes entre les autorités et les réseaux mafieux en Sicile, où les courses de chevaux illégales sont monnaie courante. Enrico Rizzi a souligné que la présence d’une kalachnikov et de tirs en l’air démontre une organisation structurée, probablement liée à des groupes criminels locaux. « Ces individus agissent avec une impunité totale, comme s’ils étaient au-dessus des lois », a-t-il ajouté. La diffusion de ces vidéos a suscité une vague d’indignation en Italie, où les pratiques cruelles envers les animaux sont de plus en plus dénoncées.
Des pratiques cruelles et une impunité affichée
Les images montrent des chevaux épuisés, whipés à plusieurs reprises par leurs jockeys, tandis que des hommes à scooter les encerclent, créant un environnement stressant pour les animaux. Les experts en bien-être animal soulignent que de telles pratiques peuvent entraîner des blessures graves, voire la mort des chevaux. Selon les associations locales, ces courses illégales sont souvent organisées par des clans mafieux qui utilisent la violence pour intimider les concurrents et les autorités.
La police sicilienne a confirmé que les deux poulains saisis étaient en bonne santé au moment de leur prise en charge. Ils seront placés sous surveillance vétérinaire et ne pourront être réutilisés sans autorisation. « Nous avons agi rapidement pour éviter que ces animaux ne subissent de nouveaux traumatismes », a indiqué un porte-parole des forces de l’ordre. Cependant, les autorités restent prudentes quant à l’issue de cette affaire, certains observateurs craignant que les organisateurs ne tentent de contourner la justice.
La mafia sicilienne, un fléau persistant
L’intervention du militant Enrico Rizzi, qui a été le premier à publier une vidéo de la course, a mis en lumière l’ampleur du problème. « Ce n’est pas une simple course illégale, c’est une démonstration de force de la mafia locale », a-t-il expliqué. Les courses de chevaux clandestines sont souvent liées au blanchiment d’argent et au trafic d’animaux. En Sicile, ces pratiques sont particulièrement répandues dans les zones rurales, où l’influence des clans mafieux reste forte.
Les autorités italiennes ont multiplié les opérations ces dernières années pour lutter contre ces réseaux. En 2025, plus de 50 courses illégales avaient été démantelées en Sicile, entraînant la saisie de dizaines de chevaux et l’arrestation de plusieurs suspects. Pourtant, malgré ces efforts, les courses clandestines persistent, alimentées par des paris illégaux et des rivalités entre clans. « La mafia sicilienne a toujours su s’adapter. Elle trouve des moyens de contourner les lois, même les plus strictes », a rappelé un responsable de la protection animale à Catane.
Cette affaire rappelle une fois de plus les défis auxquels sont confrontées les autorités italiennes dans leur lutte contre la mafia et les pratiques cruelles envers les animaux. Si l’indignation publique peut jouer un rôle clé pour faire pression sur les décideurs, la persistance de tels agissements montre que le chemin vers une application stricte de la loi reste long.
En Italie, les courses de chevaux avec attelage (comme les charrettes à deux roues) sont strictement réglementées. Elles doivent obtenir des autorisations préfectorales, respecter des normes de sécurité pour les animaux et les participants, et se dérouler sur des circuits officiels. Les courses clandestines, souvent organisées par des réseaux mafieux, violent ces règles en utilisant des chevaux non enregistrés, en whipant excessivement les animaux et en exposant les jockeys à des risques graves. Elles sont également liées à des paris illégaux et au blanchiment d’argent.