Le ministre français des Transports, Philippe Tabarot, a présenté mardi 12 mars 2026 un plan d’action visant à simplifier et accélérer les procédures d’homologation des nouveaux trains en France. L’objectif affiché est de mettre fin aux retards récurrents dans la livraison du matériel ferroviaire, jugés plus importants qu’ailleurs en Europe, selon BFM Business.

Dans un discours prononcé en banlieue parisienne et relayé par l’AFP, M. Tabarot a souligné que « les retards sont récurrents dans le secteur ferroviaire, mais ils sont plus prononcés en France qu’ailleurs. Il nous appartient collectivement de corriger cette exception française », avant d’ajouter : « Les règles nationales encadrant les essais sont trop lourdes et parfois disproportionnées. L’État devra agir pour simplifier — sans jamais compromettre la sécurité ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement souhaite simplifier les règles d’homologation des nouveaux trains pour réduire les retards de livraison, jugés excessifs par rapport à l’Europe.
  • Un « plan d’action commun » a été signé entre l’État, les Régions, les opérateurs ferroviaires et les industriels pour fluidifier les procédures.
  • Parmi les points de blocage identifiés : le manque de visibilité pour les industriels et l’intégration tardive de SNCF Réseau dans les projets.
  • La SNCF, qui transporte 98 % des voyageurs en train en France, a maintes fois alerté sur les délais de livraison de son matériel roulant.
  • Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a insisté sur « une industrie qui anticipe, qui simplifie et qui gagne en efficacité ».

Un secteur ferroviaire en tension

Le secteur ferroviaire français fait face à une demande croissante de transport, tant pour les trains régionaux que pour le réseau à grande vitesse. Pourtant, les retards dans la livraison des nouveaux matériels s’accumulent, ce qui limite la capacité des opérateurs à répondre à cette demande. Selon BFM Business, la situation est particulièrement critique pour la SNCF, qui assure 98 % du transport ferroviaire de voyageurs dans le pays.

Lors d’une intervention publique le 2 juillet 2026, le PDG de la SNCF, Jean Castex, n’a pas mâché ses mots : « Mon problème numéro un, c’est le manque de trains. S’il y a des fabricants dans la salle, qu’ils se dépêchent de me livrer ». Cette déclaration illustre l’urgence de la situation, alors que les retards s’étendent sur plusieurs mois, voire plusieurs années pour certains projets.

Des règles d’homologation pointées du doigt

Le cœur du problème réside dans la complexité des procédures d’homologation en France. Philippe Tabarot a reconnu que « les règles nationales encadrant les essais sont trop lourdes et parfois disproportionnées », ce qui ralentit considérablement les mises en service. Le gouvernement souhaite donc allégé le cadre réglementaire tout en garantissant la sécurité des usagers. « L’État prendra ses responsabilités » pour fluidifier les homologations, a-t-il promis, en insistant sur la nécessité de simplifier les procédures pour les nouveaux matériels comme pour ceux déjà homologués ailleurs en Europe.

Ce plan s’inscrit dans une logique plus large de modernisation du secteur, où l’efficacité doit primer sans sacrifier la rigueur. Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, a résumé cette ambition en déclarant : « Nous faisons le choix d’une industrie qui anticipe, qui simplifie et qui gagne en efficacité ».

Les blocages identifiés et les solutions envisagées

Au-delà des lourdeurs administratives, d’autres obstacles ont été identifiés lors de la concertation entre l’État, les Régions, les opérateurs et les industriels. Le manque de visibilité pour les industriels figure en tête de liste. « Les industriels manquent aujourd’hui de visibilité », a constaté Philippe Tabarot, soulignant que cette incertitude freine les investissements et la planification.

Autre point noir : l’intégration tardive de SNCF Réseau dans les projets. Le gestionnaire du réseau ferré national pourrait pourtant jouer un rôle fédérateur, en facilitant la coordination entre les différents acteurs. Pour y remédier, le plan d’action prévoit une meilleure inclusion des parties prenantes dès les premières phases des projets, afin d’éviter les retards liés aux ajustements de dernière minute.

« Les règles nationales encadrant les essais sont trop lourdes et parfois disproportionnées. L’État devra agir pour simplifier — sans jamais compromettre la sécurité. »
Philippe Tabarot, ministre des Transports, 12 mars 2026

Un défi industriel et économique

Les retards dans la livraison des trains ne sont pas sans conséquences économiques. Pour la SNCF et ses concurrents, chaque mois de retard représente une perte de recettes et une difficulté à répondre à la demande croissante des voyageurs. En outre, cette situation peut fragiliser la position des industriels français sur le marché européen, où d’autres pays parviennent à livrer leur matériel plus rapidement.

Le gouvernement mise donc sur ce plan d’action pour redonner de la compétitivité au secteur ferroviaire français. En simplifiant les procédures et en améliorant la coordination entre les acteurs, il espère non seulement réduire les délais, mais aussi stimuler l’innovation et la modernisation du parc roulant. « L’objectif est clair : faire de la France un leader en matière d’homologation et de déploiement de trains modernes », a indiqué un représentant du ministère.

Et maintenant ?

Le gouvernement table sur une mise en œuvre rapide des mesures prévues dans le plan d’action. Plusieurs échéances sont attendues d’ici la fin de l’année 2026, notamment la publication de nouveaux textes réglementaires et la tenue de réunions de suivi avec les industriels. Reste à voir si ces ajustements suffiront à combler l’écart avec les autres pays européens, où les délais d’homologation sont souvent bien plus courts. Une première évaluation des résultats est prévue pour le premier trimestre 2027.

Si le secteur ferroviaire français parvient à gagner en réactivité, cela pourrait aussi avoir un effet d’entraînement sur d’autres domaines, comme les infrastructures ou les technologies liées au rail. En attendant, l’enjeu reste de taille : éviter que les retards ne deviennent la norme et que la France ne perde davantage de parts de marché face à ses concurrents.

Les retards concernent aussi bien les trains régionaux que les TGV. Selon la SNCF, certains projets accusent des retards de plusieurs mois, voire plusieurs années, en raison des lourdeurs administratives et des procédures d’homologation complexes. Par exemple, des commandes de nouveaux TER ou de rames à hydrogène ont été reportées, limitant la capacité des opérateurs à répondre à la demande croissante.

La France accuse un retard significatif par rapport à d’autres pays européens, où les délais d’homologation sont souvent bien plus courts. Par exemple, en Allemagne ou en Espagne, les opérateurs reçoivent leur matériel plus rapidement, ce qui leur permet de moderniser leur parc roulant dans des délais raisonnables. Cette situation place la France dans une position de « mauvaise élève » du secteur ferroviaire en Europe.