La cour d’appel tunisienne a confirmé, ce mardi 12 mai 2026, la condamnation à trois ans et demi de prison ferme de deux journalistes, dont les critiques envers le président Kaïs Saïed avaient donné lieu à des poursuites pour « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale ». Cette décision, rapportée par Ouest France, intervient dans un contexte de durcissement des pressions contre les médias indépendants dans le pays.
Ce qu'il faut retenir
- Peine confirmée en appel : la cour a maintenu la condamnation à 3 ans et 6 mois de prison ferme pour deux journalistes tunisiens.
- Chefs d’accusation : les poursuites reposaient sur des accusations de « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale ».
- Contexte politique : cette affaire s’inscrit dans une tension accrue envers les médias indépendants depuis plusieurs années.
- Critiques envers le pouvoir : les journalistes avaient publiquement critiqué le président Kaïs Saïed avant leur mise en cause.
Une condamnation dans un climat de répression médiatique
Selon Ouest France, la décision de la cour d’appel de Tunis marque un nouveau pas dans l’escalade judiciaire contre les voix critiques en Tunisie. Les deux journalistes, dont les noms n’ont pas été divulgués, avaient été initialement condamnés en première instance. Leur affaire avait rapidement suscité l’attention des organisations de défense de la liberté de la presse, qui dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Les poursuites, engagées sur la base de chefs d’accusation économiques, sont largement perçues comme une réponse à leurs prises de position publiques. En 2025 déjà, plusieurs rapports d’ONG avaient alerté sur la multiplication des procédures judiciaires contre des journalistes et militants en Tunisie. La condamnation en appel de ce mardi confirme cette tendance, alors que les appels internationaux à respecter la liberté d’expression restent sans effet.
Des accusations contestées par les défenseurs des droits
Les avocats des journalistes ont dénoncé une instrumentalisation du système judiciaire. Selon eux, les charges de « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale » auraient été fabriquées pour museler les critiques envers le pouvoir. Dans un communiqué diffusé après l’audience, l’un des avocats a souligné que « ces accusations n’ont aucun fondement juridique et visent uniquement à faire taire des voix dissidentes ».
Les observateurs locaux et internationaux s’interrogent sur l’authenticité des poursuites. En 2024, la Tunisie avait déjà été pointée du doigt par Reporters sans frontières, qui classait le pays au 120e rang mondial pour la liberté de la presse. Depuis, la situation s’est encore dégradée, avec des fermetures de médias et des arrestations de journalistes indépendants.
Cette condamnation intervient à un moment où la Tunisie tente de renforcer ses relations avec l’Union européenne, tout en maintenant une politique restrictive envers les libertés fondamentales. Reste à savoir si cette pression internationale suffira à faire évoluer la position des autorités tunisiennes.
Les avocats des deux journalistes disposent d’un délai de deux semaines pour se pourvoir en cassation. Si cette voie échoue, une demande de grâce présidentielle pourrait être envisagée, bien que cette option reste peu probable dans le contexte actuel.