Un ancien vice-président du Comité départemental olympique et sportif de Haute-Saône s’est retrouvé au cœur d’une affaire judiciaire après s’être laissé piéger par un piège numérique tendu par un chasseur de pédocriminels. Selon RMC Sport, Dominique Bouvet a été filmé en train de tenir des propos à caractère sexuel envers un pseudo-adolescent de 14 ans, créé par un internaute utilisant l’intelligence artificielle. La séquence, diffusée sur les réseaux sociaux, a provoqué l’émotion au sein du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), qui a réagi par un communiqué condamnant sans ambiguïté les faits.
Ce qu'il faut retenir
- Dominique Bouvet, ancien vice-président du CDOS de Haute-Saône, a été piégé en ligne le 11 mai 2026 par un chasseur de pédocriminels utilisant une IA pour simuler une adolescente de 14 ans.
- Les échanges filmés montrent l’homme proposant des gestes à caractère sexuel à la pseudo-jeune fille et faisant chanter son interlocutrice.
- Condamné en janvier 2025 à 18 mois de prison avec sursis pour des faits impliquant des mineurs, Bouvet a déjà été écarté de ses fonctions depuis 2020.
- Le CNOSF a exprimé son « effroi » et rappelé sa « tolérance zéro » face aux violences sexuelles sur mineurs.
- Une future Fondation Sport sans violences, annoncée en avril 2026, doit renforcer la lutte contre ces agissements.
Un piège numérique aux conséquences immédiates
L’affaire a éclaté lundi 11 mai 2026, lorsque des extraits d’un échange entre Dominique Bouvet et un pseudo-adolescent ont été partagés sur les réseaux sociaux. Le piège, monté par un internaute connu sous le pseudonyme « Finnyzyy », utilise une intelligence artificielle pour recréer une voix et une apparence réalistes d’une jeune fille de 14 ans. L’objectif est de piéger les prédateurs en ligne. Bouvet, pensant s’adresser à une mineure, a tenu des propos explicites, comme le rapporte RMC Sport.
Dans un enregistrement, on l’entend demander : « Si on se voit et que je t’emmène au Parc [des Princes], est-ce que je pourrais t’embrasser, par exemple ? Est-ce que ça te ferait envie ? Réponds à la question : quelque part, est-ce que ça te ferait envie ou pas ? ». Il évoque également son passé de figure sportive pour tenter de gagner la confiance de son interlocuteur fictif, allant jusqu’à proposer un chantage : « Qu’est-ce que tu donnes pour savoir ? Qu’est-ce que tu ferais pour me faire plaisir, pour que je te dise ? ».
Un passé judiciaire lourd de conséquences
Dominique Bouvet n’en est pas à sa première affaire. Selon RMC Sport, il a été arrêté en mars 2020 après que des lycéennes ont dénoncé des messages envoyés depuis le compte Instagram de l’UNSS 70, dont il était responsable dans le département. Placé en détention provisoire, il a été condamné en janvier 2025 à 18 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pour « détention, captation et transmission d’images à caractère pornographique de mineurs ». Du matériel pédopornographique avait été retrouvé sur son ordinateur.
Ces antécédents ont conduit à son exclusion des instances sportives dès 2020. Pourtant, son nom reste associé à des responsabilités locales, notamment au sein du comité départemental olympique et sportif de Haute-Saône, où il occupait le poste de vice-président. Son implication dans le sport scolaire du département a également été signalée par plusieurs médias régionaux.
Le CNOSF réagit avec fermeté
L’affaire a rapidement remonté jusqu’au Comité national olympique et sportif français, qui a réagi par un communiqué publié mardi 12 mai 2026. Le CNOSF y exprime son « effroi » et rappelle que Dominique Bouvet a déjà été condamné pour des faits impliquant des mineurs. « Si les faits nouvellement rapportés devaient être confirmés, ils seraient d’une gravité absolue », indique l’instance dans son texte, citant nommément l’ancien responsable.
Le communiqué souligne la position de « tolérance zéro » du CNOSF face aux violences sexuelles sur mineurs et aux comportements prédateurs. « La protection des enfants est une responsabilité collective impérative », précise-t-il. L’instance rappelle aussi l’importance de signaler sans délai tout fait susceptible de mettre en danger des mineurs, tout en évoquant la future Fondation Sport sans violences, annoncée en avril 2026 pour renforcer la lutte contre ces violences.
« Le CNOSF rappelle sa position de tolérance zéro face à tout comportement pouvant relever de violences sexuelles sur mineurs, d’atteintes à leur intégrité ou de comportements prédateurs. La protection des enfants est une responsabilité collective impérative. »
— Communiqué du CNOSF, 12 mai 2026
Une affaire qui interroge la crédibilité du mouvement sportif
Cette affaire survient dans un contexte où le mouvement sportif français renforce ses dispositifs de lutte contre les violences. Le CNOSF a annoncé la création d’une fondation dédiée, mais l’affaire Bouvet soulève des questions sur la vigilance des instances sportives locales et nationales. Comment un ancien responsable, déjà condamné pour des faits similaires, a-t-il pu conserver une visibilité dans le milieu sportif pendant plusieurs années ?
Les réactions sur les réseaux sociaux montrent un mélange d’indignation et de stupéfaction. Plusieurs internautes ont identifié Bouvet comme une figure connue dans les sphères sportives de Vesoul, en Haute-Saône. La viralité des extraits a aussi mis en lumière les méthodes des chasseurs de pédocriminels, dont l’activité soulève des débats éthiques sur la justice expéditive et l’utilisation de l’IA à des fins de piégeage.
Reste à savoir si cette affaire incitera d’autres victimes à témoigner ou si elle restera isolée dans un paysage déjà marqué par plusieurs scandales impliquant des figures sportives. Les prochaines semaines pourraient apporter des éléments de réponse, notamment si des enquêtes complémentaires sont lancées.
À ce stade, Dominique Bouvet n’a pas été formellement mis en cause dans le cadre des nouveaux échanges piégés. Cependant, si les faits sont confirmés, les autorités judiciaires pourraient ouvrir une nouvelle enquête ou compléter son dossier existant. Son avocat n’a pas encore réagi publiquement.