Un rapport publié par le « Conseil consultatif sur le quantique » de Coinbase révèle que **7 millions de bitcoins (BTC)** seraient actuellement exposés à un risque quantique. Cette estimation, présentée dans un document intitulé « Migration post-quantique et cryptomonnaies abandonnées », souligne l’urgence pour l’écosystème des cryptomonnaies de se préparer à une menace encore lointaine mais inévitable. Selon Cryptoast, cette analyse s’inscrit dans un contexte où l’informatique quantique progresse rapidement, sans que l’on puisse prédire avec précision son impact sur les actifs numériques.

Ce qu'il faut retenir

  • **7 millions de BTC** sont considérés comme vulnérables à une attaque quantique, selon le rapport de Coinbase publié le 11 juin 2026.
  • Ces bitcoins sont répartis entre **1,7 million stockés dans des adresses obsolètes de type P2PK** et le reste dans des portefeuilles compromis.
  • Le rapport identifie un défi majeur : la migration des fonds vers des adresses résistantes avant qu’une menace quantique ne devienne réalité.
  • Coinbase propose trois solutions pour gérer cette situation, tout en recommandant une planification immédiate et une communication transparente.

Le déclenchement d’une telle menace dépend de l’évolution des technologies quantiques. En avril 2026, une étude de l’équipe Google Quantum AI a relancé les débats sur les risques encourus par Bitcoin et Ethereum. Peu après, des acteurs comme Glassnode ont estimé qu’**un tiers des bitcoins en circulation** (soit environ 6,5 millions) pourraient être exposés. Face à ces constats, Coinbase a décidé de publier son propre rapport, marquant une étape supplémentaire dans la sensibilisation de l’industrie.

Le document met en lumière une problématique complexe : que faire des cryptomonnaies vulnérables ou abandonnées qui ne pourront jamais migrer vers des adresses quantiques sécurisées ? Cette question, jugée comme l’une des plus difficiles pour les communautés blockchain, nécessite une réponse collective avant que les ordinateurs quantiques ne deviennent une menace tangible. Comme le souligne le rapport, « la planification technique et les discussions de gouvernance doivent commencer dès maintenant ».

Des solutions techniques, mais des défis persistants

Plusieurs blockchains, dont Ethereum, Solana, NEAR et le XRP Ledger, ont déjà intégré des mécanismes résistants aux risques quantiques dans leurs roadmaps. Bitcoin, en revanche, se heurte à un obstacle de taille : des centaines de milliards de dollars de BTC sont considérés comme perdus, et certains acteurs tentent de les revendiquer légalement en invoquant leur caractère « abandonné ».

Selon Coinbase, les 7 millions de BTC vulnérables incluent notamment **1,7 million stockés dans des adresses P2PK**, un format ancien et désormais obsolète. Le reste provient d’adresses compromises ou de portefeuilles dont les clés privées ont été perdues. Le rapport souligne que « le véritable problème réside dans les cryptomonnaies que personne ne déplacera avant la date limite de migration ». Face à ce constat, deux options extrêmes s’offrent aux acteurs du secteur : détruire les fonds concernés ou laisser les propriétaires décider eux-mêmes, sous réserve qu’ils disposent encore des clés privées.

Coinbase propose trois alternatives pour trouver un compromis entre ces deux extrêmes. La première vise à limiter le nombre de cryptomonnaies vulnérables pouvant être déplacées dans chaque bloc. La seconde suggère d’ajouter des preuves cryptographiques spéciales pour remplacer les signatures historiques. Enfin, la troisième option permettrait une migration sans obligation immédiate de transférer les fonds. Ces propositions s’accompagnent de deux recommandations clés : commencer sans tarder les travaux de migration et communiquer de manière claire et transparente sur les mesures prises.

Un enjeu qui dépasse le seul cas du Bitcoin

Le risque quantique ne concerne pas uniquement Bitcoin. Ethereum, dont l’écosystème est en pleine expansion, est également exposé. En mai 2026, Glassnode avait estimé que **6,5 millions de BTC** (soit environ un tiers des 19 millions en circulation) pourraient être vulnérables. Cette proportion illustre l’ampleur du défi à relever pour l’ensemble de l’industrie cryptographique. Comme le rappelle le rapport de Coinbase, « la migration post-quantique n’est pas une option, mais une nécessité ».

Pourtant, la mise en œuvre de ces solutions se heurte à des obstacles pratiques. Les blockchains comme Solana ou NEAR ont déjà intégré des mécanismes de résistance quantique, mais Bitcoin, en raison de sa nature décentralisée et de son historique, peine à adopter une approche unifiée. Le rapport souligne que « la diversité des acteurs et des intérêts rend la coordination difficile ». De plus, la question des fonds perdus et des revendications légales ajoute une couche de complexité supplémentaire.

Un appel à l’action immédiat

Le rapport de Coinbase insiste sur la nécessité d’agir dès maintenant, malgré l’absence de menace quantique immédiate. « Les ordinateurs quantiques capables de casser les signatures cryptographiques utilisées par Bitcoin n’existent pas encore, mais leur développement pourrait prendre une décennie », explique l’équipe derrière l’analyse. « Pourtant, la planification doit commencer dès aujourd’hui pour éviter un scénario catastrophe ».

Cette urgence s’explique par le temps nécessaire pour migrer des milliards de dollars d’actifs. Les solutions proposées par Coinbase, bien que techniques, nécessitent une adoption massive par les mineurs, les développeurs et les utilisateurs. Comme le précise le rapport, « la transparence et la communication seront essentielles pour gagner la confiance de la communauté ».

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir émerger des initiatives concrètes pour accélérer la migration des fonds vulnérables. Des tests sur des réseaux de test (testnets) pourraient être menés dès la fin 2026, tandis que des discussions entre acteurs majeurs du secteur devraient s’intensifier. Une date butoir pourrait être fixée pour 2030, date à laquelle certains experts estiment que les ordinateurs quantiques pourraient devenir une menace réelle. Cependant, rien n’est encore acté, et la coordination entre les différentes parties prenantes reste un défi de taille.

Pour l’heure, les investisseurs et les détenteurs de bitcoins sont invités à vérifier la sécurité de leurs actifs et à se renseigner sur les solutions proposées par les plateformes qu’ils utilisent. Comme le conclut le rapport de Coinbase, « le risque quantique est une épée de Damoclès, et la meilleure façon de s’en prémunir reste la préparation ».

Les adresses de type P2PK (Pay-to-PubKey) utilisent des signatures cryptographiques qui pourraient être cassées par un ordinateur quantique. Ces adresses, aujourd’hui obsolètes, représentent une part importante des bitcoins vulnérables selon le rapport de Coinbase.

Aucune date précise n’est avancée, mais certains experts estiment que les ordinateurs quantiques capables de casser les signatures cryptographiques pourraient émerger d’ici 2030. Cependant, cette échéance reste incertaine et dépend des progrès technologiques.