L’avocat d’Ilich Ramírez Sánchez, plus connu sous le nom de « Carlos » et actuellement incarcéré à perpétuité pour des faits remontant aux années 1970 et 1980, a sollicité sa remise en liberté en invoquant l’état de santé de son client. Selon Libération, Me Antoine Vey, son défenseur, affirme que le septuagénaire, âgé de 77 ans, serait désormais incapable de se souvenir des actes qui lui ont valu sa condamnation. Ces déclarations interviennent sur la base d’un rapport médical rendu public ce jeudi 30 juillet 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Carlos, condamné à la perpétuité pour des attentats commis dans les années 1970 et 1980, est aujourd’hui âgé de 77 ans.
  • Son avocat, Me Antoine Vey, invoque un diagnostic d’Alzheimer pour demander sa libération.
  • Selon Libération, son état de santé empêcherait désormais Carlos de se remémorer les faits qui lui sont reprochés.
  • La demande de remise en liberté a été formulée auprès des autorités judiciaires en juillet 2026.
  • Cette affaire ravive le débat sur l’exécution des peines en cas de maladies neurodégénératives.

Une demande fondée sur l’état de santé de Carlos

Me Antoine Vey a justifié sa requête en s’appuyant sur un rapport médical qui atteste d’un « effondrement cognitif » chez son client, selon Libération. D’après l’avocat, Carlos ne serait plus en mesure de distinguer le passé du présent, rendant toute procédure judiciaire à son encontre irréalisable. « Il est vaincu par la maladie, il ne peut plus se souvenir des événements des années 1970 et 1980 », a-t-il précisé. Cette argumentation s’inscrit dans une stratégie juridique visant à contester la pertinence du maintien en détention d’un individu dont la mémoire est altérée.

Les faits reprochés à Carlos remontent à une période charnière du terrorisme international. Condamné pour des attentats perpétrés notamment en France, en Autriche et en Allemagne, il a été jugé et condamné à la perpétuité incompressible en 2013. Son état de santé actuel, marqué par une dégénérescence cognitive avancée, soulève des questions inédites sur l’application des peines en cas de maladies graves.

Un parcours judiciaire marqué par des condamnations historiques

Ilich Ramírez Sánchez, surnommé « Carlos » ou « Le Chacal », a été arrêté au Soudan en 1994 avant d’être extradé vers la France. Son procès, qui s’est tenu entre 2011 et 2013, a abouti à sa condamnation pour des attentats ayant causé la mort de plusieurs personnes. Parmi les faits retenus figurent l’attentat du Drugstore Publicis à Paris en 1974, qui avait fait deux morts, ainsi que des attaques contre des cibles israéliennes et américaines dans les années 1980. Selon les archives judiciaires, Carlos aurait agi au nom de groupes armés tels que le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).

Bref, sa condamnation à perpétuité symbolise l’une des dernières grandes affaires de terrorisme international jugées en France. Pourtant, l’évolution de son état de santé pourrait bouleverser l’exécution de cette peine. La défense argue que son incapacité à comprendre ou à revivre les événements passés rend toute rétention carcérale dénuée de sens.

Et maintenant ?

La demande de remise en liberté de Carlos doit désormais être examinée par les autorités judiciaires françaises. Une audience devrait se tenir dans les prochaines semaines pour évaluer la recevabilité de la requête, en tenant compte des éléments médicaux et des implications juridiques. Une décision pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, mais elle dépendra largement de l’appréciation des juges sur la notion de « dangerosité résiduelle ». Reste à voir si les victimes ou leurs familles pourront faire valoir leur droit à un procès équitable, même en l’absence de mémoire de la part de l’accusé.

Cette affaire interroge également sur la gestion des peines en cas de maladies neurodégénératives. Faut-il maintenir en détention des individus dont l’état de santé les empêche de comprendre leur situation ? La question dépasse le cas de Carlos et pourrait inspirer des débats plus larges sur les aménagements de peine pour raisons médicales.

À suivre donc, dans les mois à venir, l’évolution de cette procédure qui pourrait redéfinir les contours de l’exécution des peines en France.

Carlos a été condamné pour plusieurs attentats commis dans les années 1970 et 1980, notamment l’attentat du Drugstore Publicis à Paris en 1974 (deux morts), ainsi que des attaques contre des cibles israéliennes et américaines. Ces faits lui ont valu une condamnation à la perpétuité incompressible en 2013.