Une proposition controversée émerge dans les coulisses de la Fifa. Selon Le Figaro, Gianni Infantino, président de l’instance dirigeante du football mondial, aurait conditionné l’octroi de 35 millions d’euros par fédération à l’adhésion à son projet de vente partielle des droits de la Coupe du monde. Cette somme, soit 40 millions de dollars, serait versée à chacune des 211 fédérations membres si elles acceptent de soutenir le plan de cession d’une partie des droits commerciaux du Mondial 2026 et suivants.
Ce qu'il faut retenir
- Gianni Infantino propose 35 millions d’euros à chaque fédération membre de la Fifa en échange de leur soutien au projet de vente partielle des droits TV du Mondial.
- Les fédérations disposent d’un délai de 53 jours, soit jusqu’au 19 septembre 2026, pour accepter ou rejeter l’offre.
- En cas de refus, les fédérations pourraient perdre 75 % de leurs revenus potentiels, passant de 2,7 à 10 milliards de dollars de financement total.
- Des sources opposées au projet qualifient cette stratégie de « corruption pure », selon les révélations du Times.
- Le projet prévoit la mise à disposition d’un fonds de 8,8 milliards d’euros pour les fédérations si elles acceptent les conditions.
Un projet de vente partielle des droits TV sous haute tension
Le plan porté par Gianni Infantino vise à ouvrir une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés, une initiative qui suscite de vives critiques. Le Times, qui a révélé les détails de cette stratégie, indique que le président de la Fifa aurait directement sollicité les fédérations en leur expliquant que leur adhésion conditionnait l’accès à des financements bien plus importants que ceux qu’elles pourraient obtenir autrement.
Selon les chiffres avancés, les fédérations pourraient percevoir jusqu’à 10 milliards de dollars (8,8 milliards d’euros) si elles valident le projet. À l’inverse, un refus entraînerait une perte de 75 % de leurs revenus potentiels, les ramenant à 2,7 milliards de dollars. Une argumentation perçue comme un chantage par certains observateurs, qui y voient une tentative de pression déguisée sur les instances dirigeantes du football mondial.
Des fédérations sous pression avec un ultimatum serré
Le calendrier fixé par la Fifa est particulièrement court. Les 211 fédérations membres disposent d’un délai de 53 jours pour se prononcer, soit jusqu’au 19 septembre 2026. Une échéance qui ne laisse que peu de marge pour des négociations ou des contre-propositions. Gianni Infantino aurait présenté ce projet comme une opportunité financière inégalée, mais aussi comme une menace économique pour les fédérations qui refuseraient de jouer le jeu.
Parmi les détails révélés par Le Figaro, on apprend que les investisseurs potentiels pourraient inclure des personnalités liées à l’entourage de l’ancien président américain Donald Trump, bien que ces noms n’aient pas été officiellement confirmés. La Fifa n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations, mais la polémique enfle au sein des instances du football mondial.
Des réactions vives au sein du monde du football
Plusieurs figures emblématiques du football ont déjà réagi avec fermeté à cette proposition. L’ancien président de la Fifa, Sepp Blatter, a vivement critiqué Gianni Infantino, accusant ce dernier de vouloir « vendre le Mondial » au détriment de l’intégrité du sport. « Personne n’a le droit de vendre notre sport », a-t-il déclaré, soulignant que cette stratégie risquait de transformer le football en un produit financier au mépris de ses valeurs traditionnelles.
De son côté, l’Union européenne a également mis en garde contre l’arrivée d’investisseurs privés dans la gouvernance de la Fifa. Dans un communiqué, elle a rappelé que « le football n’est pas une marchandise » et que toute privatisation des droits devait être encadrée pour préserver l’équité sportive. Ces prises de position illustrent la fracture croissante entre les partisans d’une modernisation financière du football et ceux qui défendent une gestion plus transparente et indépendante du sport.
« Si les fédérations refusent le plan Infantino, elles perdront près de 75 % de leurs gains potentiels. C’est une stratégie qui ressemble étrangement à un chantage économique. » — Un responsable anonyme cité par le Times
Cette affaire soulève une question plus large : jusqu’où peut-on aller dans la commercialisation du football sans en altérer l’essence même ? Les prochaines semaines seront décisives pour trancher ce débat, qui dépasse largement le cadre d’un simple contrat commercial.
Selon Le Figaro, des sources proches du dossier évoquent des investisseurs liés à l’entourage de l’ancien président américain Donald Trump, sans que leur identité n’ait été confirmée officiellement. La Fifa n’a pas encore communiqué de liste précise des parties prenantes.