Le constructeur chinois BYD, leader mondial des véhicules électriques, tente une percée stratégique en Europe avec sa première citadine conçue exclusivement pour le marché européen : la Dolphin G DM-i. Selon Frandroid, cette nouvelle venue se distingue par son architecture hybride rechargeable, une première sur le segment des citadines. Présentée lors d’un essai routier en Allemagne, cette voiture de 4,16 mètres de long ambitionne de séduire une clientèle encore réticente à l’électrique pur, tout en répondant aux exigences dynamiques et technologiques du Vieux Continent.

Ce qu'il faut retenir

  • Première BYD 100 % européenne : la Dolphin G DM-i est la première citadine du constructeur conçue spécifiquement pour l’Europe, avec une production chinoise mais une adaptation aux attentes locales.
  • Motorisation hybride rechargeable unique : combinant un moteur thermique 1,5 litre et un bloc électrique, elle développe 212 chevaux et affiche une autonomie électrique de 105 km en cycle WLTP.
  • Design sobre et dimensions généreuses : mesurant 4,16 m de long pour 1,57 m de haut, elle se positionne comme une grande citadine du segment B, avec un coffre de 425 litres.
  • Technologies avancées mais équilibre perfectible : écran tactile de 12,8 pouces, affichage tête haute et recharge par induction sont au rendez-vous, mais l’habitabilité arrière et le positionnement tarifaire restent à affiner.
  • Prix de départ à 23 990 € : la version d’entrée de gamme avec batterie de 7,4 kWh coûte 23 990 €, tandis que la version Boost (18,3 kWh) est proposée à 26 990 €.

Une citadine hybride rechargeable, une première sur le segment européen

Avec la Dolphin G DM-i, BYD innove en proposant une citadine hybride rechargeable sur un marché dominé par l’électrique pur ou les hybrides non rechargeables. Selon Frandroid, cette stratégie vise à répondre aux craintes des automobilistes européens concernant l’autonomie et les temps de recharge des véhicules 100 % électriques. Produite en Chine mais pensée pour l’Europe, cette voiture marque une étape importante pour le constructeur, qui mise sur son usine hongroise pour les modèles électriques compacts comme la Dolphin Surf ou l’Atto 2. Elle s’inscrit également dans une démarche plus large d’intégration européenne, incluant des centres de R&D et une candidature à l’ACEA, l’Association des constructeurs européens d’automobiles.

L’arrivée de cette citadine hybride rechargeable coïncide avec une volonté de BYD de dépasser le simple statut d’importateur de voitures chinoises. Le constructeur, déjà présent sur le Vieux Continent avec des modèles électriques comme la Dolphin Surf, cherche désormais à s’imposer comme un acteur local à part entière. La Dolphin G DM-i, commercialisée exclusivement en Europe pour l’instant, incarne cette ambition, avec une motorisation unique sur son segment.

Design sobre et dimensions généreuses, mais une habitabilité perfectible

Extérieurement, la Dolphin G DM-i adopte un style sobre et discret, avec des lignes classiques caractéristiques des citadines. Ses projecteurs à fond noir et sa calandre ajourée rappellent les codes des modèles européens, tandis que ses poignées de portes incrustées dans la carrosserie et ses jantes de 18 pouces contribuent à une esthétique épurée. Selon Frandroid, les dimensions de la voiture – 4,16 m de long, 1,82 m de large et 1,57 m de haut – en font une grande citadine du segment B, avec un empattement de 2,61 m qui lui donne des airs de petit monospace. Cependant, cette hauteur élevée ne se traduit pas par une habitabilité optimale à l’arrière.

Le point noir de cette Dolphin réside dans son habitabilité, en particulier pour les passagers arrière. Comme le souligne Frandroid, la banquette arrière, très haute, impose une position assise peu naturelle pour les adultes, avec un risque de toucher le toit lorsque l’on se redresse. L’espace aux jambes reste correct, mais le manque de dégagement pour la tête est rédhibitoire pour une voiture de cette taille. À l’avant, la position de conduite, également très haute, peut surprendre, même si elle est plus confortable. Le grand toit panoramique, lui, profite davantage aux occupants arrière. Le coffre, avec un volume de 425 litres, est dans la moyenne du segment, pouvant atteindre 1 225 litres une fois la banquette rabattue.

Un équipement technologique ambitieux, mais des compromis à souligner

Côté technologies, la Dolphin G DM-i mise sur un écran central de 12,8 pouces doté d’une dalle tactile réactive, compatible avec Apple CarPlay et Android Auto sans fil. Elle propose également un combiné d’instrumentation numérique de 10,8 pouces, un affichage tête haute et un espace de recharge par induction pour smartphone. Selon Frandroid, ces équipements, habituellement réservés aux segments supérieurs, positionnent la Dolphin G DM-i comme une citadine haut de gamme en termes de connectivité. Cependant, certains détails, comme la lisibilité médiocre de l’écran d’instrumentation sous un soleil intense, rappellent que le luxe a un prix.

Côté aides à la conduite, la Dolphin G DM-i se montre complète pour une citadine, avec un régulateur de vitesse adaptatif, une aide au maintien dans la voie, la reconnaissance des panneaux de signalisation et une caméra 360 degrés sur les versions haut de gamme. En revanche, elle ne propose pas de système de conduite autonome, contrairement à certains modèles chinois de BYD. Pour Frandroid, cette absence s’explique par une volonté de rester accessible, tout en offrant une polyvalence suffisante pour les attentes européennes.

Une motorisation hybride rechargeable à double visage

La Dolphin G DM-i (DM-i pour « Dual Motor Intelligence ») embarque deux motorisations : un moteur thermique 1,5 litre quatre cylindres développé par BYD et un bloc électrique à aimant permanent synchrone. Leur combinaison offre une puissance cumulée de 212 chevaux pour un couple maximal de 210 Nm. Selon Frandroid, cette motorisation permet une accélération de 0 à 100 km/h en 8,2 secondes, un temps correct pour une citadine, mais pénalisé par un poids de 1 555 kg, supérieur à celui d’une Peugeot e-208 100 % électrique. La batterie de 18,3 kWh, compatible avec une recharge rapide en combo CCS jusqu’à 39 kW, permet une autonomie électrique de 105 km en cycle WLTP, tandis que la consommation mixte est annoncée à 1,4 l/100 km, avec une autonomie combinée de 1 040 km.

L’utilisation de cette motorisation hybride rechargeable dépend fortement du profil de l’utilisateur. En mode tout électrique, la voiture offre une conduite silencieuse et agréable, avec la possibilité de personnaliser le freinage régénératif. Cependant, si la batterie est insuffisante ou que le conducteur choisit le mode HEV, le moteur thermique entre en jeu, entraînant une consommation d’essence et des émissions de CO2. Selon Frandroid, cette motorisation mi-figue mi-raisin convient aux automobilistes souhaitant bénéficier des avantages de l’électrique au quotidien, à condition de recharger régulièrement la voiture. Sans cela, les alternatives hybrides non rechargeables ou 100 % électriques deviennent plus attractives.

Un positionnement tarifaire qui interroge

La Dolphin G DM-i est proposée à partir de 23 990 € pour la version Active avec une batterie de 7,4 kWh (autonomie électrique de 40 km), et à 26 990 € pour la version Boost avec une batterie de 18,3 kWh. Selon Frandroid, ces tarifs la placent en concurrence directe avec des hybrides simples comme la Toyota Yaris Hybrid ou la Renault Clio, mais sans bénéficier des avantages fiscaux accordés aux véhicules 100 % électriques. Pour Frandroid, ce positionnement tarifaire pourrait limiter son attractivité, d’autant que le bonus écologique ne s’applique pas aux hybrides rechargeables.

Bref, la Dolphin G DM-i se retrouve dans une position délicate : elle est la seule citadine hybride rechargeable sur le marché, mais doit faire face à une concurrence féroce composée d’hybrides simples et de modèles 100 % électriques, souvent mieux subventionnés. Son intérêt dépendra donc de la capacité de son propriétaire à recharger régulièrement la batterie, sous peine de voir une partie de ses avantages s’effacer.

Et maintenant ?

Le lancement de la Dolphin G DM-i en Allemagne, un marché emblématique de l’automobile européenne, devrait donner des indications sur son succès potentiel. BYD devra probablement ajuster son positionnement tarifaire ou ses offres de financement pour séduire une clientèle encore hésitante face à l’hybride rechargeable. À plus long terme, le constructeur pourrait étendre sa gamme européenne avec d’autres modèles hybrides ou électriques, tout en renforçant sa présence industrielle sur le Vieux Continent avec son usine hongroise. Reste à voir si cette stratégie permettra à BYD de s’imposer durablement face aux géants européens et asiatiques du segment.

Avec la Dolphin G DM-i, BYD tente une expérimentation audacieuse sur le marché européen. Une citadine hybride rechargeable sans concurrent direct, mais prise en étau entre l’électrique subventionné et l’hybride classique. Une voiture intéressante, dont la pertinence dépendra de l’usage réel de son conducteur.

L’hybride rechargeable offre une autonomie électrique quotidienne pour les trajets urbains, tout en conservant la possibilité d’effectuer des longs trajets sans stress grâce au moteur thermique. Elle permet donc de concilier les avantages de l’électrique et la polyvalence d’un véhicule thermique, à condition de pouvoir recharger régulièrement la batterie.

Les deux points faibles majeurs sont l’habitabilité arrière, avec un manque de dégagement pour la tête, et le positionnement tarifaire, jugé élevé comparé à des hybrides simples ou des électriques mieux subventionnés. De plus, la suspension peut sembler trop ferme pour certains conducteurs.