Selon Journal du Coin, la frontière entre les acteurs traditionnels de la fintech et l'écosystème des cryptomonnaies s'amenuise de plus en plus. Dans son dernier classement annuel Fortune Crypto 100, le magazine spécialisé met en lumière la montée en puissance des géants comme Visa, Robinhood ou Revolut, qui intègrent désormais des services liés aux actifs numériques au cœur de leur stratégie. Une tendance qui illustre une adoption accélérée des cryptomonnaies par les institutions financières les plus influentes du monde.

Ce qu'il faut retenir

  • Visa est classée parmi les 5 premières entreprises du classement, avec une intégration croissante des paiements en cryptomonnaies via ses partenariats technologiques.
  • Robinhood, plateforme historique de trading d'actions, a vu son volume d'échanges de crypto doubler en 2025, dépassant même certaines bourses spécialisées.
  • Revolut propose désormais des services de staking et d'achat de crypto directement dans son application, avec plus de 2 millions d'utilisateurs actifs en Europe et aux États-Unis.
  • Le classement inclut désormais 15 acteurs traditionnels parmi les 100 premières entreprises du secteur crypto, contre seulement 5 en 2023.
  • Les banques et processeurs de paiement comme PayPal ou Mastercard ont également fait leur entrée dans le top 20, grâce à leurs offres de cartes crypto et de solutions de settlement en stablecoins.

Des acteurs historiques qui redéfinissent leur modèle économique

Parmi les 10 premières places du classement, on retrouve désormais des noms inattendus il y a encore cinq ans. Visa, par exemple, a multiplié les initiatives autour des cryptomonnaies en 2025, comme le lancement d'une carte de crédit permettant de gagner des récompenses en Bitcoin ou en Ethereum. Selon les données de Journal du Coin, plus de 15 000 commerçants dans le monde acceptent aujourd'hui les paiements en crypto via les solutions de Visa, un chiffre en hausse de 300 % par rapport à 2024.

De son côté, Robinhood a fait de la crypto l'un de ses leviers de croissance principaux. « Notre objectif est de démocratiser l'accès aux actifs numériques pour des millions de nouveaux investisseurs », a déclaré Vlad Tenev, cofondateur de la plateforme, lors d'une conférence en mars 2026. L'entreprise a enregistré un chiffre d'affaires de 1,2 milliard de dollars lié aux cryptomonnaies en 2025, soit une progression de 180 % en un an.

Revolut et les néobanques, locomotives de l'adoption crypto

Revolut, souvent citée en exemple pour son approche grand public, a franchi une nouvelle étape en 2026 avec l'ajout d'un service de staking pour l'Ethereum et le Cardano. L'application revendique désormais plus de 500 000 utilisateurs européens utilisant ces fonctionnalités, un chiffre qui a triplé en six mois. « Nous constatons une demande croissante pour des solutions simples et sécurisées, sans avoir à passer par des exchanges complexes » explique Nikolay Storonsky, son PDG.

Cette tendance n'est pas isolée. D'autres néobanques comme N26 ou Chime ont également intégré des options d'achat et de conservation de crypto dans leurs applications, répondant à une demande des jeunes générations. Selon une étude citée par Journal du Coin, près de 40 % des utilisateurs de ces services en 2025 déclarent détenir au moins un actif numérique, contre 15 % en 2023.

Les banques traditionnelles et les processeurs de paiement suivent le mouvement

Le secteur bancaire traditionnel n'est pas en reste. JPMorgan et Goldman Sachs ont lancé des services dédiés aux institutions souhaitant investir dans les cryptomonnaies, tandis que PayPal a étendu son offre de conversion de dollars en stablecoins à 180 pays. Mastercard, de son côté, a annoncé en janvier 2026 le déploiement de son réseau de paiement en crypto pour 50 millions de commerçants, une initiative qui pourrait bouleverser les habitudes de consommation d'ici 2027.

Ces évolutions s'inscrivent dans un contexte réglementaire plus favorable. L'adoption du règlement MiCA en Europe et les clarifications apportées par la SEC aux États-Unis ont permis aux acteurs traditionnels de se positionner sur le marché sans crainte de poursuites. « La crypto n'est plus une niche, c'est un marché mature où les régulateurs ont enfin posé un cadre clair » souligne un analyste interrogé par Journal du Coin.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient accélérer encore cette intégration. D'abord, l'entrée en vigueur en 2027 de nouvelles règles européennes sur les transferts de fonds en crypto, qui imposeront aux plateformes de mieux tracer les transactions. Ensuite, l'arrivée attendue de plusieurs banques centrales sur le marché des stablecoins, une première qui pourrait légitimer encore davantage les actifs numériques auprès du grand public. Enfin, les prochains mois devraient voir émerger des partenariats entre ces géants traditionnels et des protocoles blockchain, notamment pour développer des solutions de finance décentralisée (DeFi) accessibles via des interfaces familières.

La question qui se pose désormais est celle de l'impact sur les acteurs pure players de la crypto. Si les géants comme Binance ou Coinbase pourraient perdre des parts de marché face à l'arrivée de ces nouveaux concurrents, ils pourraient aussi bénéficier de cette légitimité accrue pour attirer des investisseurs institutionnels plus réticents jusqu'ici.

Principalement pour répondre à la demande des clients, mais aussi pour diversifier leurs revenus dans un contexte de taux bas. Les frais générés par les services crypto (achat, staking, paiements) sont également bien plus élevés que ceux des produits traditionnels comme les livrets ou les assurances-vie.