Un projet phare de l’administration Trump, le « Dôme d’or », verrait son coût exploser selon une estimation officielle. D’après BFM Business, le Bureau du budget du Congrès américain (CBO) évalue à 1 200 milliards de dollars sur deux décennies le développement, le déploiement et l’exploitation d’un système de défense antimissiles inspiré du « Dôme de fer » israélien. Ce montant représente sept fois les 175 milliards de dollars initialement avancés par Donald Trump en 2025, un écart qui soulève des questions sur la viabilité financière et technique du projet.
Ce qu'il faut retenir
- Le « Dôme d’or », projet antimissiles de Donald Trump, coûterait 1 200 milliards de dollars sur 20 ans, selon le CBO.
- Ce montant est sept fois supérieur aux 175 milliards de dollars annoncés en 2025 par l’ex-président américain.
- Près de 60 % des coûts seraient liés à la composante spatiale du système, incluant des satellites intercepteurs.
- Le projet vise à contrer les missiles balistiques intercontinentaux, mais suscite l’opposition de la Chine et de la Russie.
- Donald Trump avait promis une mise en service avant 2029, mais le CBO remet en cause ce calendrier.
Un coût revu à la hausse par une agence parlementaire indépendante
Le Bureau du budget du Congrès (CBO), organe non partisan chargé d’évaluer les dépenses fédérales, a publié mardi un rapport détaillé sur le « Dôme d’or ». Selon cette analyse, le coût total du projet s’élèverait à 1 200 milliards de dollars entre 2026 et 2046. Cette estimation inclut non seulement le développement technologique, mais aussi le déploiement opérationnel et la maintenance du système. « Un système national de défense antimissiles possessing des capacités globalement alignées sur celles exigées par Donald Trump coûterait environ 1 200 milliards de dollars à développer, déployer et opérer sur 20 ans », précise le document. — selon BFM Business
Cette somme astronomique dépasse largement les prévisions initiales. En 2025, alors qu’il était encore en fonction, Donald Trump avait évoqué un budget de 175 milliards de dollars pour un système opérationnel d’ici 2029. Dès cette époque, de nombreux experts avaient qualifié ce chiffrage d’irréaliste, soulignant que les États-Unis disposaient déjà de plusieurs couches de défense antimissiles, comme le système Ground-Based Midcourse Defense (GMD) ou le Sea-Based X-Band Radar.
Une architecture technologique ambitieuse et coûteuse
Le « Dôme d’or » repose sur une approche similaire à celle de l’Initiative de défense stratégique (IDS), surnommée « Guerre des étoiles » sous Ronald Reagan dans les années 1980. Il prévoit notamment le déploiement de satellites intercepteurs dans l’espace, capables de détruire en vol des missiles balistiques intercontinentaux avant qu’ils n’atteignent le territoire américain. Cette composante spatiale représenterait à elle seule près de 60 % des coûts totaux, soit environ 720 milliards de dollars. — comme le rapporte BFM Business
Le reste des dépenses serait alloué à l’intégration des systèmes terrestres, au développement de nouveaux radars et à la formation des opérateurs. Le CBO souligne que ces coûts pourraient encore augmenter en cas de retards ou de dépassements techniques, un scénario fréquent pour les grands programmes militaires. Autant dire que le projet, tel qu’envisagé, dépasse largement les capacités budgétaires traditionnelles du département de la Défense.
Un projet controversé depuis son annonce
Dès son lancement en 2025, le « Dôme d’or » avait suscité des critiques de la part des démocrates, mais aussi de certains républicains modérés. Plusieurs élus avaient pointé du doigt un manque de réalisme dans les estimations financières, ainsi qu’un risque de redondance avec les systèmes existants. Le CBO confirme aujourd’hui ces craintes, estimant que les dépenses réelles pourraient être bien supérieures aux prévisions initiales. — d’après BFM Business
Sur le plan géopolitique, le projet a également provoqué des tensions. La Chine et la Russie, déjà opposées à toute militarisation de l’espace, ont vivement réagi à l’annonce du « Dôme d’or ». Moscou et Pékin considèrent ce système comme une menace pour leur dissuasion nucléaire, et pourraient riposter par des mesures de rétorsion, comme le développement de nouveaux missiles hypersoniques ou la militarisation de leurs propres satellites.
Quoi qu’il en soit, les défis techniques et financiers restent immenses. Le CBO estime qu’un tel système ne pourrait être opérationnel avant au moins une décennie, bien au-delà de l’horizon 2029 fixé par Trump. Bref, le « Dôme d’or » pourrait bien finir comme tant d’autres grands projets militaires américains : un chantier pharaonique, mais à la rentabilité plus que discutable.
Selon le CBO, les coûts initiaux de 175 milliards de dollars sous-estimaient largement la complexité du projet. Près de 60 % des dépenses concernent la composante spatiale (satellites intercepteurs), un domaine où les retards et dépassements sont fréquents. Le rapport souligne aussi que les systèmes de défense antimissiles existants (GMD, radars) devront être intégrés, ce qui alourdit la facture.
La Chine et la Russie ont déjà prévenu qu’elles considéraient le « Dôme d’or » comme une menace pour leur dissuasion nucléaire. Elles pourraient riposter en développant de nouveaux missiles ou en militarisant l’espace, ce qui risquerait d’entraîner une nouvelle course aux armements. Les alliés européens et asiatiques des États-Unis pourraient aussi s’inquiéter d’un déséquilibre stratégique dans la région Asie-Pacifique.