À l’issue du sommet Africa Forward, organisé à Nairobi, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a souligné devant Le Monde la solidité des relations économiques entre la France et l’Afrique. Selon lui, les échanges commerciaux et les investissements hexagonaux sur le continent dépassent désormais largement ceux de la Russie, alors que Moscou peine à y maintenir son influence.

Ce qu'il faut retenir

  • Jean-Noël Barrot a présenté un bilan positif des échanges France-Afrique lors du sommet Africa Forward à Nairobi.
  • Les échanges commerciaux et investissements français en Afrique sont désormais supérieurs à ceux de la Russie.
  • Moscou voit son influence diminuer sur le continent, selon les observations du ministre.
  • Le sommet Africa Forward a réuni des acteurs économiques et diplomatiques pour renforcer les partenariats.

Un sommet économique pour redynamiser les partenariats africains

Le sommet Africa Forward, qui s’est tenu à Nairobi du 8 au 10 mai 2026, avait pour ambition de renforcer les liens économiques entre l’Afrique et ses partenaires internationaux. Parmi les participants figuraient des chefs d’État africains, des dirigeants d’entreprises et des représentants de la société civile. Selon le ministère français des Affaires étrangères, plus de 50 accords commerciaux ont été signés lors de cet événement, avec une forte présence française dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et de la tech.

Pour Jean-Noël Barrot, ce sommet marque un tournant dans la stratégie africaine de la France. « Les échanges commerciaux entre la France et l’Afrique ont atteint un niveau historique, avec des volumes d’investissements en hausse de 12 % par rapport à 2025 », a-t-il précisé. L’Afrique subsaharienne représente désormais le troisième partenaire commercial de la France, derrière l’Allemagne et les États-Unis.

La Russie en recul face à l’offensive française et européenne

Dans son entretien avec Le Monde, Jean-Noël Barrot a estimé que la Russie avait « été très largement mise en échec » en Afrique. Depuis 2022, Moscou a tenté de renforcer son influence sur le continent via des accords militaires, des investissements dans les ressources naturelles et une diplomatie agressive. Pourtant, ces efforts peinent à se concrétiser face à la concurrence européenne et française.

Les données compilées par le ministère français des Affaires étrangères montrent que les investissements russes en Afrique ont chuté de 30 % en deux ans, tandis que ceux de la France ont progressé de 15 %. « Les partenariats que nous proposons sont basés sur la transparence et le respect mutuel, contrairement à certaines pratiques russes », a ajouté Barrot. L’Afrique reste un enjeu stratégique pour les grandes puissances, et la bataille d’influence se joue désormais sur les terrains économique et technologique.

Quels secteurs portent la dynamique française en Afrique ?

Trois domaines se distinguent particulièrement dans l’expansion des relations France-Afrique : les énergies renouvelables, les infrastructures numériques et l’agroalimentaire. Selon les chiffres communiqués par Bercy, les investissements français dans les énergies vertes ont bondi de 40 % en un an, avec des projets majeurs au Maroc, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

Dans le numérique, des géants comme Orange et Capgemini ont annoncé des partenariats pour moderniser les réseaux africains. Enfin, l’agroalimentaire reste un secteur clé, avec des groupes comme Danone ou Lactalis qui renforcent leur présence. « Ces secteurs offrent des opportunités pour les deux parties, avec des retombées concrètes pour les populations locales », a rappelé Barrot.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de la stratégie africaine de la France devraient être détaillées lors du Forum de Paris sur la paix, prévu en novembre 2026. Ce rendez-vous, qui rassemble des dirigeants africains et internationaux, pourrait sceller de nouveaux accords, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation. Reste à voir si la Russie parviendra à inverser la tendance d’ici là.

Ce sommet de Nairobi confirme une tendance de fond : l’Afrique, longtemps perçue comme un terrain de rivalités géopolitiques, devient un espace de coopération économique où les partenariats gagnant-gagnant priment sur les stratégies d’influence.

Parmi les 50 accords signés, on trouve des partenariats dans l’énergie solaire au Kenya, des investissements dans les ports marocains et des accords de coopération numérique avec plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Ces accords s’élèvent à plus de 8 milliards d’euros d’engagements.

Les données montrent un déclin de l’influence russe, notamment en raison des sanctions occidentales et de la concurrence asiatique. Cependant, Moscou conserve des positions fortes en Centrafrique, au Mali et en Libye. La capacité de la Russie à rebondir dépendra de sa capacité à proposer des alternatives économiques crédibles.