Honor, marque chinoise spécialisée dans les smartphones et les objets connectés, fait son entrée sur le segment des montres haut de gamme en Europe avec la Honor Watch 6. Disponible en précommande depuis le 18 juin 2026, cette smartwatch se positionne comme une alternative élégante aux modèles concurrents, avec un boîtier en acier inoxydable ou en aluminium selon les versions, un écran OLED circulaire de 1,43 pouce et une autonomie annoncée jusqu’à 35 jours. Pourtant, malgré ces atouts esthétiques et techniques, son système d’exploitation maison et certaines limitations fonctionnelles pourraient freiner les ambitions de la marque auprès des sportifs les plus exigeants. Selon Frandroid, qui a pu tester l’appareil pendant deux semaines, la Honor Watch 6 séduit par son design et sa lisibilité en extérieur, mais déçoit sur des aspects clés comme la navigation ou la connectivité avec des capteurs tiers.
Ce qu'il faut retenir
- La Honor Watch 6 est la première montre haut de gamme d’Honor à être commercialisée en Europe, avec des versions à 249,90 € (aluminium) et 269,90 € (acier inoxydable) — un tarif réduit à 169,90 € ou 189,90 € grâce à une promotion de lancement.
- Son écran OLED circulaire de 1,43 pouce (464 x 464 pixels), protégé par une lunette en acier, affiche une densité de 324 ppp, proche des standards des Apple Watch.
- La montre intègre un système d’exploitation maison, compatible avec deux smartphones simultanément, mais uniquement si ces derniers sont des Honor.
- Le suivi GPS, basé sur une puce double fréquence (GPS, Galileo, Glonass, Beidou, QZSS, Navic), souffre d’un fonctionnement hybride trompeur lorsqu’elle est connectée en Bluetooth à un smartphone.
- Son autonomie réelle de 6 jours et 11 heures en usage intensif (always-on, suivi du sommeil, SpO2) est bien inférieure aux 17 jours annoncés par le constructeur.
- La Honor Watch 6 ne propose ni électrocardiogramme, ni suivi de tension artérielle, et son catalogue d’applications tierces est inexistant.
Un design soigné, entre élégance et robustesse
Avec son boîtier rond de 46,5 mm de diamètre et ses courbes hexagonales, la Honor Watch 6 rappelle les lignes des Huawei Watch GT 6, tout en adoptant un style plus classique. Disponible en noir (alliage d’aluminium, 41 g sans bracelet) ou argenté (acier inoxydable, 51 g sans bracelet), elle mise sur des matériaux haut de gamme. Cependant, son poids — 63 g avec le bracelet en cuir fourni — peut déstabiliser les poignets fins lors d’activités dynamiques. Son indice de protection IP69 et 5ATM autorise son utilisation sous la douche, en piscine ou pour la vaisselle, mais exclut la plongée sous-marine. Côté personnalisation, la montre propose neuf cadrans natifs dans l’application Honor Santé, avec la possibilité d’importer des photos ou vidéos pour des animations jusqu’à 10 secondes.
Un écran lumineux, mais une colorimétrie jugée trop froide
La Honor Watch 6 arbore un écran OLED circulaire de 1,43 pouce offrant une définition de 464 x 464 pixels, soit une densité de 324 ppp comparable aux Apple Watch. Sa luminosité maximale de 3 000 cd/m² permet une lecture confortable en plein soleil, même lors d’activités sportives. Un capteur de luminosité ajuste automatiquement la luminosité de l’écran, mais les tests de Frandroid révèlent une colorimétrie « un peu trop froide » par rapport à la concurrence. Le mode always-on est configurable, tout comme la fonction de réveil automatique au mouvement du poignet, avec des plages horaires personnalisables.
Une navigation perfectible et un OS fermé
Contrairement aux montres sous Wear OS, la Honor Watch 6 utilise un système d’exploitation maison, inspiré des gestuelles des smartwatches concurrentes. Les commandes incluent des glissements (vers le bas pour les paramètres, vers le haut pour les notifications) et des appuis sur la couronne rotative ou le bouton oblong. Ce dernier permet d’accéder à des raccourcis personnalisables, comme l’application d’entraînement ou le téléphone. Cependant, la couronne souffre d’une réactivité aléatoire, obligeant parfois plusieurs tentatives pour ouvrir une liste d’applications. Par ailleurs, Honor ne propose aucun contrôle pour les appuis longs ou doubles, limitant les interactions possibles. La montre permet de se connecter à deux smartphones Honor simultanément, mais pas à des appareils d’autres marques.
Suivi sportif : un GPS perfectible et des capteurs limités
Pour les sportifs, la Honor Watch 6 intègre 122 modes d’entraînement, dont des options avancées pour le trail, le badminton ou le football. Son capteur cardiaque optique a démontré une bonne fiabilité lors des tests comparatifs avec une ceinture Garmin HRM 600, notamment lors d’efforts à intensité constante. En revanche, le suivi GPS révèle des faiblesses : connectée en Bluetooth à un smartphone, la montre utilise la géolocalisation de ce dernier, faussant les mesures de distance. Lorsque le Bluetooth est désactivé, la précision s’améliore, avec un écart moyen de moins de 2 % par rapport à une Garmin Fenix 8, mais reste en deçà des références du marché. Autre limitation majeure : l’absence de cartographie locale et de mode fil d’Ariane, ainsi que l’impossibilité de connecter des capteurs tiers (ceinture cardio, capteur de puissance). Enfin, le partage des données vers Strava s’est avéré impossible, bien que l’export des itinéraires au format GPX soit possible sans les données de fréquence cardiaque.
Santé et autonomie : entre promesses et réalité
Côté santé, la Honor Watch 6 analyse la fréquence cardiaque, le taux d’oxygène sanguin (SpO2), la variabilité du rythme cardiaque pour évaluer le stress, ainsi que le sommeil (durée, score, phases). Elle propose également un test d’« analyse de santé » en 60 secondes, évaluant six critères : fréquence cardiaque, SpO2, stress, sommeil, poids et énergie corporelle. En revanche, elle ne dispose ni d’électrocardiogramme, ni de suivi de la tension artérielle. Sur le plan de l’autonomie, la batterie de 980 mAh promet jusqu’à 35 jours en usage standard, 17 jours en utilisation normale et 42 heures en suivi GPS. Les tests de Frandroid révèlent une autonomie réelle de 6 jours et 11 heures avec un usage intensif (always-on, suivi du sommeil, SpO2, détection du stress et fréquence cardiaque en continu). La recharge s’effectue via une base magnétique à deux connecteurs, avec un câble USB-A — un choix surprenant en 2026. Le passage à l’USB-C n’est pas prévu pour l’instant.
Paiement sans contact et connectivité : des fonctionnalités en attente
La Honor Watch 6 intègre une puce NFC pour les paiements sans contact, mais cette fonctionnalité, gérée via l’application Fidesmo, ne sera déployée qu’à partir de juillet 2026. La montre est compatible Bluetooth 5.4, mais ne propose pas de connexion Wi-Fi. Elle permet de passer et recevoir des appels Bluetooth depuis un smartphone, mais ne dispose pas de puce eSIM, limitant son usage aux appareils à portée. Enfin, elle ne prend pas en charge les connexions Bluetooth LE ou ANT+, excluant l’appairage avec des capteurs tiers comme une ceinture cardio ou un capteur de puissance pour le cyclisme.
Reste à savoir si Honor parviendra à fidéliser les utilisateurs au-delà de son design premium, ou si la Honor Watch 6 restera cantonnée à un rôle de montre connectée d’appoint pour les utilisateurs urbains soucieux de leur santé, sans prétendre au statut de référence sportive.
Lorsqu’elle est connectée en Bluetooth à un smartphone, la Honor Watch 6 utilise la géolocalisation de ce dernier, ce qui fausse les mesures de distance. Désactivé le Bluetooth, le GPS de la montre affiche un écart moyen de moins de 2 % par rapport à une référence comme la Garmin Fenix 8, mais reste moins performant que les systèmes double fréquence des leaders du marché.
Non. La montre est conçue pour se connecter à deux smartphones simultanément, mais uniquement si ces derniers sont des Honor. Elle n’est pas compatible avec les appareils d’autres marques pour une connexion multi-appareils.